Voeux de naissance

Par Marie

Nous y voici, notre association est créee !

Pour cette nouvelle année sous le signe de cette nouvelle association, je voudrais citer deux auteures : tout d’abord Ariane Mnouchkine dont les vœux (audibles ci-après) résonnent tout particulièrement à nos oreilles aujourd’hui (merci à Lise pour le partage)

 » Je nous souhaite […] un immense chantier »,

« Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. »,

« Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. »,

« Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. »‘

Et ensuite Norma Jane Bumgarner, dans « le bambin et l’allaitement » (que je viens tout juste de terminer), sur un sujet qui nous a réunies, Fred, Lise et moi, qui nous incite à grandir nous aussi en tant que mère, en tant que parent :

« Le meilleur moyen, à ma connaissance, d’éviter de chanter ces complaintes du « nid vide » à mesure que vos enfants grandissent consiste à vous engager à fond dans chaque étape de votre croissance comme mère. Suivez votre intuition maternelle avec vos bébés et vos jeunes enfants. Comblez vos besoins de materner, utilisez-les, épuisez-les. Ces besoins ne disparaîtront pas, bien sûr, mais à l’instar de votre enfant, vous deviendrez satisfaite et épanouie. Vous grandirez en même temps que vos enfants, de sorte que le chemin que vous parcourrez entre le moment où vous allaitez et celui où vous serez une grand-maman sera aussi excitant et agréable que celui que vos enfants suivront pendant ce temps. »


Les vœux de l’an 2014 d’Ariane Mnouchkine par Mediapart

« Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens,
À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur.
Une fois dit ça… qu’ai-je dit? Que souhaité-je vraiment ?
Je m’explique :
Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier.
D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires.
Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.
Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers.
Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“
Je crois que j’ose parler de la démocratie.
Etre consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.
Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance.
L’Etat, en l’occurrence, c’est nous.
Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.
Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.
Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.
Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entraînera et entraîne déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.
Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.
Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.
Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.
Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.
Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici. »

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