La méthode kangourou et ses effets à long terme

Par Marie

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En préambule de ce sujet, je voudrais citer Nils Bergman (dans « les dossiers de l’allaitement » du 18 Mars 2005), un médecin qui a beaucoup travaillé sur le peau-à-peau :

« Notre culture actuelle est une de celles qui font confiance aux incubateurs, peut-être parce qu’elle ne connaît pas leurs effets néfastes, et qu’elle ignore également l’existence d’alternatives. Le Portage Kangourou a été défini de façons diverses, mais ses deux principales composantes sont le contact peau à peau et l’allaitement. D’un point de vue biologique, et pendant le post-partum immédiat, le contact peau à peau représente l’habitat normal pour Homo sapiens, et l’allaitement représente la « niche », ou le comportement pré-programmé pour cet habitat. Le paradigme du portage kangourou est que la prématurité n’est pas une maladie, mais que la séparation d’avec la mère (l’habitat) fera de la prématurité une maladie. De la même façon que priver l’enfant de sa niche normale (l’allaitement et le lait maternel en tant que deux concepts séparés) rendra le prématuré malade. »

Son site internet, dédié au « kagaroo care » :

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Et voici une petite vidéo (en anglais) du docteur Bergman qui résume l’intérêt du peau-à-peau :

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Ruth Feldman vient de publier une étude prospective et longitudinale (1), démarrée il y a dix ans, qui démontre pour la première fois les bénéfices à long terme du peau-à-peau sur les enfants nés prématurément.

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L’auteur est professeure au Département de Psychologie et dans le Centre de recherche sur le cerveau à l’Université Bar-Ilan, Israël. Ses principaux domaines de recherche sont le développement des relations parent-enfant dans les populations normales et pathologiques, les bases neurologiques de la communication, la dépression maternelle et la dépression chez les enfants, les traumatismes et stress chez l’enfant et le développement des bébés prématurés.

Voici un résumé de l’article paru au mois de janvier dans Biological Psychiatry (2).

Dans l’introduction, R. Feldman et ses collaborateurs rappellent que le fait même d’être un mammifère implique que le développement du cerveau n’est pas terminé à la naissance et que la maturation des systèmes permettant une adaptation optimale à l’environnement est acquise progressivement par le biais du contact étroit  du petit avec une mère dite « sensible et alerte ».

La prématurité concerne environ 12% des enfants des pays industrialisés (et plus encore dans les pays en voie de développement), ce qui conduit à des retards de développement, une morbidité (3) et une mortalité accrue. Et, bien que les progrès médicaux permettent la survie des nourrissons de plus en plus petits et malades, beaucoup exigent des mois de soins intensifs qui empêchent tout contact mère-enfant. La combinaison de l’immaturité du cerveau et de la séparation de la mère exerce des effets négatifs à long terme sur le développement.

Les enfants nés prématurément présentent un certain nombre de problèmes, parmi lesquels un sommeil désorganisé, des troubles de la réponse au stress, un système nerveux autonome moins fonctionnel. De plus, les «  fonctions exécutives » (mémoire, le contrôle cognitif, etc), qui  s’appuient sur la maturation postnatale du cerveau, sont également perturbés chez les enfants prématurés.

Enfin, la naissance prématurée interrompt le processus d’attachement mère-enfant. Les mères sont plus à même de développer du stress, de l’anxiété voire de la dépression et d’avoir des interactions moins favorables avec leur enfant.

Le peau-à-peau pour les prématurés, appelé « méthode kangourou », a initialement été développé à Bogota, en Colombie, pour pallier au manque de couveuses et aider les nouveau-nés à maintenir leur température corporelle au contact direct de la peau de leurs parents. Cette technique s’est avérée sans danger et contribuant à maturer le système nerveux. Du côté  du parent, le peau-à-peau permet d’améliorer l’interaction parent-enfant, les liens d’attachement et même l’état émotionnel. Cependant, rien n’a été précédemment mis en évidence concernant ces effets à long terme.

Dans l’étude qui nous intéresse, le protocole expérimental est le suivant : la “ méthode kangourou” a été appliquée à 73 sur 146 dyades mère-enfant (4) (les autres restants en couveuse (5)) durant 1h et pendant 14 jours consécutifs.

Les enfants ont ensuite été régulièrement suivis pendant leurs 10 premières années et différents paramètres ont été testés (voir figure ci-dessous) :

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Les auteurs ont posé les hypothèses suivantes : 1) les nourrissons recevant le peau-à-peau vont montrer un fonctionnement physiologique plus optimal dans les systèmes sensibles au contact, y compris le fonctionnement autonome, l’organisation du sommeil, et la réponse au stress. 2) les interactions mère-enfant devraient être meilleures après le peau-à-peau. 3) les enfants qui ont reçu le peau-à-peau montreraient une amélioration des compétences cognitives tout au long de l’enfance. 4) la stabilité individuelle sera observée dans chaque domaine (par exemple, la physiologie de l’enfant, la relation mère-enfant) au fil du temps

Ils rappellent que le toucher est le comportement maternel le plus fondamental chez les mammifères et la première expérience sociale des bébés immédiatement après la naissance. Un comportement aussi conservé au cours de l’évolution doit avoir des conséquences importantes pour la survie, la croissance et l’adaptation à l’environnement.

Dans cette étude, R. Feldman et ses collaborateurs ont utilisés une intervention tactile à faible coût et confirmé que le contact corporel entre la mère et le nourrisson pendant la période du post-partum présente des avantages à long terme pour le développement de l’enfant. En effet, à 10 ans, les bébés prématurés qui ont reçu le contact peau-à-peau dans la période néonatale ont montré une réponse atténuée de stress, un fonctionnement autonome plus mature, un sommeil plus organisé, un meilleur contrôle cognitif et une meilleure relation mère-enfant.

Quels sont les mécanismes par lesquels le peau-à-peau exerce-t-il ses effets ? Ils  suggèrent que toute intervention précoce doit contenir trois éléments: 1) la spécificité: les interventions doivent cibler des processus spécifiques (une intervention donnée peut affecter certains processus et en laisser d’autres intacts). 2) Les périodes sensibles : pendant les périodes sensibles dans la maturation de certaines compétences, même de petites contributions ont un effet majeur. 3) les composants individuellement stables : si l’intervention améliore une fonction connue pour être stable, il est probable que ces effets s’exercent à long terme.

La « méthode kangourou » a été introduite à l’origine dans des sociétés à ressources limitées. Son application partout dans le monde pourra être favorisée une fois établis ses avantages de manière probante. Cette méthode met en évidence les bénéfices offerts par l’écologie naturelle du corps maternel.

Est-ce que ces bénéfices sont spécifiques à la mère ou bien est-ce que le peau-à-peau avec les pères, les grands-parents ou des bénévoles formés peut conduire à des améliorations similaires ? Les recherches sur le massage, par exemple, a montré que le massage fourni par les mères et les professionnels formés conduisait à des augmentations similaires de gain de poids, mais que les effets sur les interactions mère-enfant étaient uniques au groupe des mères.

Les auteurs ne manquent pas de rappeler les limitations de cette étude : 1) Manque de données concernant le père. 2) Absence de véritable randomisation pour des raisons éthiques. 3) Possibilité de l’existence d’un facteur inconnu impliqué à la fois dans la prématurité et la réponse au stress par exemple. 4) Pas de comparaison avec les nouveau-nés à terme. 5) Les mères du groupe « kangourou » avaient plus de lait que celles du groupe contrôle, cependant, aucune autre information sur l’allaitement maternel n’a été recueillie et il est donc impossible d’évaluer en plus les effets de l’allaitement sur le développement.

Ils terminent en précisant que, selon eux, les études futures devraient se concentrer sur les effets du peau-à-peau en cas de perturbations à l’attachement mère-enfant, y compris la dépression maternelle post-partum, les nourrissons à risque pour l’autisme, ou les nouveau-nés hospitalisés pour des conditions médicales.

Ils suggèrent enfin qu’il serait important de vérifier pour tout être bébé (prématuré ou né à terme) si l’augmentation du temps de présence de la mère et de son contact corporel au cours de la période néonatale peut aider à réduire des niveaux élevés de stress, les troubles du sommeil et des troubles cognitifs observés chez de nombreux enfants aujourd’hui.


Des notes de bas de page :

(1) Sur la définition des études prospectives, des cohortes et tou ce genre de choses : http://www.chups.jussieu.fr/polys/biostats/poly/POLY.Chp.15.4.html

(2) Feldman, R., Biol Psychiatry. 2014 Jan 1;75(1):56-64. visible ici : http://www.biologicalpsychiatryjournal.com/article/S0006-3223(13)00764-6/abstract

(3) Le taux de morbidité est le rapport qui mesure l’incidence et la prévalence d’une certaine maladie, en épidémiologie. Dans le cadre d’une période donnée, ce taux indique le nombre de personnes atteintes par cette maladie par unité de population

(4) Les enfants pesaient en moyenne à la naissance 1270g et la grossesse datait en moyenne de 30,65 semaines. Seuls les enfants dont le cerveau n’avait pas été endommagé, et qui étaient élevés par une famille de deux parents ont été inclus dans l’étude.

(5) Concernant la randomisation des enfants : au moment du début de l’étude, le peau-à-peau pour les enfants prématurés n’était pas encore proposé comme option d’intervention. C’est ce qui a permis de répartir les nouveau-nés au hasard, ce qui n’aurait pas été éthiquement possible si la technique était déjà utilisée.

Idées allumées pour parents curieux

Par Lise

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Tous les articles présents dans ce blog, et certains thèmes proposés eux-mêmes pourront surprendre, interpeller, agacer, choquer, horrifier certains lecteurs. Non seulement certaines idées que nous présentons sortent des sentiers battus, mais en plus, il nous arrive (oh ! bien malgré nous !) de tirer vers l’ironie, la critique, voire la provocation ! Il y a là de quoi rebuter certains, nous l’admettons tout en le regrettant d’ores et déjà.

Ô, lecteur dont les sourcils se lèvent jusqu’à la racine des cheveux en lisant certaines de nos phrases, ne passe pas ton chemin, je te prie. Entends que le but premier de notre association est d’informer sur les alternatives possibles à « ce que l’on voit partout et que l’on a toujours connu ». Forcément, cela bouscule un peu. Nous le savons très bien, puisque nous aussi, en ayant vent pour les premières fois de certaines de ces idées (« allaiter après six mois ? Porter après qu’il marche ? Donner des morceaux à manger à un tout petit ?! Mais voilà bien des idées d’allumés un peu extrémistes qui veulent se démarquer à tout prix ! »), avouons-le, nous avons quelquefois tressailli.

Notre but, d’ailleurs, n’est en aucun cas d’asséner une vérité absolue (« nous avons raison, point-barre»), mais de faire connaître ces alternatives qui, une fois observées plusieurs fois chez d’autres puis testées avec succès et plaisir chez nous,  ont fini par nous séduire. Maintenant que vous en savez un peu plus sur le sujet, libre à vous de vous renseigner davantage, et même de chercher des contre-arguments à ce que nous avançons. Ce sera même parfait. Car ce que nous souhaitons avant tout, c’est que tous les parents soient suffisamment informés pour agir avec leurs enfants en connaissance de cause, parce que c’est leur choix, parce que véritablement ils pensent que c’est ce qu’il y a de mieux, et parce qu’ils savent comment le faire, et non parce qu’ils ne connaissent pas d’autre option même si ça marche mal. En effet, si un homme averti en vaut deux, alors deux parents avertis… en valent… bref, faites le calcul !

Une fois, donc, que, fort de vos recherches, vous êtes prêt à argumenter vos décisions, prises parce qu’elles vous convainquent et que vous les pensez bonnes pour votre enfant, sentez-vous libre de venir réagir en nous faisant profiter de vos commentaires… l’humour restant de mise même dans les conclusions les plus contradictoires !

En vous souhaitant une bonne lecture, de belles découvertes, et de nouveaux éclairages !

Des guêtres de portage

Par Marie

Quand on porte son enfant et qu’arrive le froid, on s’inquiète des pantalons qui remontent et des chaussettes jamais assez grandes… Leurs mollets se retrouvent toujours à l’air ! On ne va pas leur mettre des collants tous les jours et on hésite à le faire pour un garçon. Quant aux jolis modèles du commerce, ils sont souvent chers. Il y a plusieurs manières de fabriquer soi-même des guêtres :

1) Les tricoter. Des exemples (avec les tutoriels) sur ce blog et aussi ici. En photo ci-dessous, celles que Mamie a faite pour Mathilde :

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2) Les coudre. Un joli modèle par ici et un autre par là.

3) Ma technique. Je ne tricote ni ne coud très bien (et ça me prend des heures) alors j’ai mis au point un truc. Il vous faut une paire de ciseaux (oui, les miens ont la classe, je sais) et une paire de grandes et vieilles chaussettes montantes.

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Alors attention, là, c’est hyper technique : 

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On coupe après le talon, à peu près droit. Et la matière fait qu’on n’a pas besoin de coudre du tout, ça ne s’effilochera pas. Voilà le résultat :

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Et sur l’enfant :

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Alors bien sûr, tout le monde n’a pas eu comme moi la passion des chaussettes montantes, ni osé garder dans son placard beaucoup trop un certain nombre de paires de chaussettes trouées… On peut acheter une paire, utiliser un collant (plutôt en laine) ou même des bêtes chaussettes pas montantes. Evidemment le rendu sera moins beau mais finalement, il suffit d’une petite longueur pour aller de la chaussette du bambin à son pantalon !

Documentaire « Si j’aurais su… je serais né en Suède ! »

Par Marie

Marion Cuerq, une jeune femme de 21 ans vivant à Stockholm nous livre son premier documentaire, intitulé « Si j’aurais su… je serais né en Suède ! »
Le clin d’œil à la guerre des boutons comme le ton du film nous mettent tout de suite dans l’ambiance : cette œuvre-là est un plaidoyer en faveur des enfants, en faveur de l’humain, même.

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(cliquez sur l’image pour visionner le film sur le site de l’OVEO)

1ère partie : Au pays des enfants respectés, considérés
2ème partie : Jouer pour grandir
3ème partie : La responsabilité de toute une société

La bande annonce :

Dans la première partie, l’auteure nous présente la manière dont les enfants suédois sont traités, et en particulier depuis le passage de la loi anti punitions corporelles, votée en 1979. A l’époque, il y avait 60% d’opinion défavorable. Aujourd’hui pourtant, plus personne ne conteste cette loi… Les suédois ont bien compris que les enfants sont les citoyens de demain.
La violence n’est jamais une affaire privée : on demande à des parents si cette loi leur paraît être une intrusion de l’état dans leur sphère privée. Leur réponse : « Il est de la responsabilité de la société de protéger les plus faibles ».

Où en est-on en France ? En France chaque année, 700 enfants meurent des suites de maltraitance… Les claques et les fessées, les châtiments corporels, ne sont pas expressément interdits aux parents, comme ils le sont déjà dans une trentaine de pays.
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A lire sur le site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (OVEO) : Vers une loi d’interdiction en France…

En 2009, le conseil de l’Europe lance une grande campagne d’information : « Construire une Europe avec et pour les enfants »

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Le pédopsychiatre Lars H. Gustafsson (auteur de « Grandir et non pas obéir ») intervient dans le documentaire : « Les enfants sont bien plus intelligents que nous le croyons ». Il cite Khalil Gibran (dans « le prophète » 1923) :

Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même, Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Les passants interrogés sont tout aussi philosophes : « La violence engendre la violence », « Il s’agit d’une inaptitude de l’adulte à atteindre son enfant autrement que par la violence »…

Dans la deuxième partie de son film, l’auteure est allée visiter une pré-école, structure qui accueille les enfants de 1 à 6 ans. Là-bas, le jeu est une méthode d’apprentissage à part entière ! Les enfants sont une grande partie du temps à l’extérieur, quel que soit le temps, et selon la maxime suédoise qui dit : « Il n’y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais vêtements ».
Eva, La directrice, nous dit : « Chaque enfant est unique. Et à chaque rencontre, l’enfant doit ressentir que l’adulte est là pour lui et le voit lui. C’est en étant vu individuellement, en tant que personne, que l’on a alors un bon socle pour pouvoir se développer.»
Une des pédagogues, à qui l’on demande de décrire la structure en trois mots : elle cite joie, développement et amusement. « Avec de la joie, on peut aller très loin ! »

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Pour conclure, dans la dernière partie, Marion Cuerq tente une analyse des raisons de cette « révolution suédoise ».

Tout d’abord, il y a de nombreuses « crèches ouvertes » gratuites avant la pré-école où l’enfant est accueilli avec ses parents (ce type de structures existe aussi en France). Cela permet aux enfants de se sociabiliser, de faire des activités de groupe et aux parents de rencontrer d’autres parents.
Ensuite, le congé parental suédois est très généreux : 480 jours utilisables jusqu’aux 8 ans de l’enfant ! 86% des papas suédois utilisent une partie de ce congé. Et ce congé est très bien payé…
Et enfin, dans la ville, tout est adapté pour la vie avec des enfants (accès poussettes, terrains de jeux, etc).
« Une société qui va bien est une société qui prend ses enfants au sérieux ! »

 

Pour résumer, ce film fait beaucoup de bien !

 

[Edit : Nous faisons partie des associations signataires de l’appel pour l’interdiction des punitions corporelles de l’OVEO]

Article désormais traduit en italien, merci Michela !

https://resilienzainesilio.wordpress.com/2015/04/20/documentario-se-avessi-saputo-sarei-nato-in-svezia/

Les jouets préférés du moment

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Stella (15 mois) aime varier les plaisirs et change fréquemment de jeu, mais il lui arrive quelquefois de rester plus longtemps avec un jouet.

Elle aime particulièrement les sacs (ranger les cubes, sortir les cubes, transporter, ouvrir…) et les boîtes, spécialement celle qui contient de petits livres, qu’elle range et sort avec soin (elle aime les lire aussi, mais cela est une autre histoire, dont nous parlerons dans un autre article). Mettre et enlever les couvercles est une autre de ses passions.

Il y aussi sa boîte à musique, sur laquelle tourne les petites grenouilles. Malgré ses tentatives répétées, elle n’arrive pas encore à la remonter toute seule, mais demande qu’on le fasse pour elle en boucle, et prend, pose, observe les grenouilles, parfois en dansant elle-même.

Elle aime aussi énormément sa gourde à paille, et outre son utilisation principale, apprécie de la promener partout, de la mordre, de la secouer…

Elle joue beaucoup avec les tours d’anneaux à enfiler, mettre, enlever et recommencer. Elle aime aussi accrocher les briques ensemble, mais surtout défaire les constructions.

Depuis quelques temps, elle joue à « faire semblant ». Avec sa dînette, elle feint de verser quelque chose dans les tasses, d’y boire et de nous y faire boire. Elle fait aussi marcher les petits personnages et rouler ses superbes tracteurs. Ceux-là, et toutes les autres jouets à roulette, si on y accroche une ficelle, elle adore les tirer en promenade.

Mais son plus grand bonheur depuis plusieurs mois, c’est de pousser sa petite poussette, celle-là même sur laquelle elle s’est appuyée pour faire ses premiers pas!

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En ce moment, ce que préfère Avril (21 mois), c’est la dînette, elle me sert un thé, et me sert des gâteaux au « cololat » tout le temps. Ce qui est rigolo, c’est qu’Avril ne veut pas manger de légumes en vrai, mais quand elle joue a la dînette, elle trouve que tout est très bon, et dit : « hum bon ! ».  Elle aime aussi beaucoup être dans la cuisine et s’amuse avec les petites bouteilles d’eau, avec mes casseroles, elle reste là a jouer seule de bons quarts d’heure et se raconte des histoires qui n’ont pas grand choses à voir avec de la cuisine… !

L’un des jouets qu’elle adore est son poupon, à qui elle fait des câlins, nettoie les fesses et change la couche, donne à manger (mais pas à téter), et qu’elle emmène souvent dans son petit porte bébé.

Le week-end dernier, il a beaucoup plu, quatre jours de pluie sans arrêt, et Avril avait très très envie de sortir, nous avons donc mis les manteaux étanches et les supers bottes, et nous sommes allées sauter dans les flaques de l’impasse à coté de la maison. Elle les a toute essayées, et nous sommes rentrées juste parce qu’elle était trempée jusque dans les bottes, mais on a bien profité.

Elle aime beaucoup sa grande toupie, qu’elle peut faire tourner toute seule, et quand je l’aide un peu et que la toupie tourne très vite, elle siffle, et ça lui plait beaucoup, « maman encore » !

Elle adore aussi se cacher sous la couette, ou les couvertures ou derrière les rideaux, elle nous crie « cachée » et on doit faire le tour de la maison avant de « faire comme si » on n’avait pas vu ses pieds dépasser sous les rideaux ou une boule qui respire sous la couette…

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Mathilde (21 mois) change très souvent de jeu et préfère de beaucoup jouer avec ses parents plutôt que seule. Ces temps-ci, les poupées sont à l’honneur : la grande, qu’elle me fait déshabiller (« habii ») et rhabiller, les petites qu’elle compte (elle dit 2 et 10) et l’ensemble qu’elle promène en poussette, version famille très nombreuse.

Elle adore les petites pochettes qu’elle porte autour de son cou, accroche un peu partout et remplit de trésors.

Les puzzles en bois sont devenus très facile pour elle mais elle aime toujours les faire et nous attrape les poissons qu’on lui demande (la version combo puzzle et pêche aux poissons présentée sur la photo est vraiment bien).

Elle construit des tours gigantesques avec les grosses briques, si possible en compagnie de son papa, et les préfère aux cubes qui tombent bien trop facilement à son goût : les tours ne devraient tomber que si on les pousse !

Les petites voitures se rangent dans le seau ou côte à côte et parfois seulement, roulent.

Quant au gros coussin rouge, il lui sert à s’installer confortablement pour lire ou bien à faire « pouf » comme les otaries !

 

 

Pourquoi demander un câlin quand les carottes brûlent

Par Lise

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« Faites attention, elle vous fait du chantage », « elle essaye de vous manipuler »…

Si, si, sérieux, ces phrases m’ont été dites au sujet de ma fille de 15 mois, qui pleurait en arrivant dans un endroit nouveau et me tendait les bras en criant !

Avant de s’emballer, consultons  mon vieil ami Robert, des fois qu’un sens m’ait échappé. Et voici ce qu’il dit : « Chantage : moyen de pression pour obtenir quelque chose de quelqu’un », « Manipuler : influencer habilement un individu pour le faire penser, agir comme on le souhaite. »

Du calme, réfléchissons. De deux choses l’une : je prends les mots au pied de la lettre, et en déduis que, par ses larmes, de son chagrin et de ses craintes, ma fille essaye d’obtenir de moi que je la rassure et que je la console… Mais alors, à quoi dois-je faire « attention » ? Ne suis-je pas sa mère, celle qui, en lui donnant le jour, lui ai promis de lui offrir protection et amour ? Auquel cas il me faut comprendre que ma fille me demande un câlin, parce qu’à ce moment-là, elle en a besoin, et lui concéder parce qu’il est avant tout un plaisir pour moi…

Ou alors, je m’emballe, finalement, et j’entends chaque mot. Oui, mon enfant, cette petite personne blonde qui n’articule pas encore plus de deux syllabes, qui passe son temps à me sourire et à m’embrasser en riant, qui lance des baisers aux gens qui lui sourient dans la rue, et qui est encore si fragile qu’un bruit trop fort suffit à lui faire monter les larmes aux yeux, cette enfant-là calcule que lorsqu’elle entre dans un endroit nouveau qui l’effraye, son intérêt est de feindre la peur, de mimer le chagrin, de sorte à m’extorquer… quoi, en fait ? Malgré toute ma « bonne volonté » (douteriez-vous par hasard de mon impartialité dans cette histoire ?), je n’arrive pas au bout de ce raisonnement. Non, ce n’est pas seulement que je sais ma petite incapable de manipulation, mais surtout que je ne vois pas ni comment, ni pourquoi elle s’y essaierait.

Et pourtant, il est difficile d’être absolument sourd à ce genre de remarques, qui résonnent comme un écho assez souvent malgré tout. Ce doit être une habitude d’adulte : ce qui s’oppose à nos désirs de tranquillité et de liberté est forcément l’œuvre de machiavéliques manipulations fomentées par des personnes malveillantes qui ne cherchent qu’à vous déranger.

Allez, je lance une petite comparaison, parce que j’adore ça : vous êtes en train de vous bagarrer avec le linge à étendre, les carottes qui brûlent, le téléphone qui sonne et votre estomac qui gargouille. Pendant ce temps, votre conjoint(e), confortablement installé(e) sur le canapé, est derrière son ordinateur en train de faire, disons la comptabilité pour dire qu’il/elle œuvre aussi pour la cause commune. Peut-on dire, au moment, où, épuisé(e), agacé(e), larmoyant(e) peut-être, vous vous jetez sur lui/elle en criant « je n’en peux plus, viens m’aider, bouge, et prends-moi dans tes bras tendrement par-dessus le marché ! », que vous êtes en train de l’interrompre volontairement dans son activité, pour l’amener, par la manipulation et le chantage, à faire ce que vous voulez, sans autre but que le déranger ? Votre conjoint, emporté par ce qu’il fait, pourrait peut-être un instant le croire, mais soyons sérieux…

Eh oui, je pense avant tout que les enfants, si petits soient-ils, sont des personnes. Comparer leurs ressentis et même leurs actions avec les nôtres aide, je trouve, extrêmement bien à essayer de comprendre. Et comparer notre relation de couple, notre manière de nous adresser l’un à l’autre, est souvent une bonne clé (qui fonctionne, qui plus est, dans les deux sens !)

Pourtant, j’ajoute encore une nuance : aussi proches des nôtres soient les ressentis, les émotions et les besoins des enfants, je crois qu’ils sont plus forts et plus envahissants dans leurs petites têtes qui n’ont pas encore acquis l’expérience qui permet de relativiser, pas plus que celle qui permet de… manipuler !

Les écharpes de portage, c’est comme les camping-cars

Par Lise

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Quand deux camping-cars se croisent, ils ont souvent pour coutume d’échanger un appel de phare ou un signe de la main, reconnaissance entre conducteurs de machines un peu à part, « coucou, moi aussi, j’en ai une ! »

Les porteurs d’écharpes ou porte-bébés physiologiques, c’est un peu la même chose. Il y a souvent, lorsqu’on se rencontre, ce regard quasi-complice du porteur de tissu un peu à part.

Semblable au premier regard, le porteur de porte-bébé « de base », tenant son bébé face à la route, jambes pendouillantes, dos arqué, qui, à l’instar du chauffeur de  fourgonnette, salue aussi.

Pourtant, le porteur d’écharpe ou de porte-bébé physiologique ne peut souvent s’empêcher de ressentir comme une gêne. Peut-être au moins voudrait-il communiquer ce qu’il sait ?… Mais imaginez la scène : « Non, monsieur, non madame, votre camping-car est trop petit, trop peu puissant, trop peu meublé, vous ne pouvez prétendre à mon salut, attendez, je vais vous expliquer ce qu’il vous faudrait. » Non, cela ne se peut pas, et tout d’abord car cela manquerait d’indulgence et de respect dans l’échange.

Mais pour vous qui lisez ici, je vais développer un peu mon idée. Voici le porte-bébé standard, qui maintient l’enfant à califourchon sur une selle étroite, tout son poids portant sur l’entre-jambe et sa colonne vertébrale encore peu mature. Pire, tourné « vers le monde » (ce qui, en conduite, s’apparenterait à debout sur le capot, dirais-je), sans pare-brise, sans aucune chance de pouvoir se retourner vers un objet familier, doux (vous, quoi !), il se trouve forcé à ingurgiter lavillelesgenslescouleurslessonslemondelesbruitslesmoteursleslumièreslevacarmelesklacsonslesclignotants, tout à la fois, sans que le moindre mouvement de recul lui soit possible.

À l’opposé, voilà le porte-bébé dit « physiologique » ou l’écharpe, dans lequel le petit passager, comme dans la banquette moelleuse et chaude d’un beau camping-car, se trouve lové contre la poitrine ou le dos de son tendre porteur, son propre dos arrondi selon la forme qui lui est naturelle, avec la possibilité de choisir de regarder autour de lui, sur les côtés, et même autour d’un nombre de degrés impressionnant grâce à la souplesse de son jeune cou, ou de serrer son minois dans l’odeur familière de son porteur protecteur et tendre comme un pare-brise anti-choc.

Pour couronner le tout, le porteur lui-même trouvera un confort incomparable pour son propre dos dans le portage physiologique, qui permet de varier les positions (devant, derrière ou côté), et de mieux répartir la charge. Car, clairement, pour transporter cette merveille aussi précieuse qu’encombrante, mieux vaut se sentir bien soi-même !

Oui, comme j’aimerais, souvent, m’approcher et déclarer doucement : « Le dos de nos enfants est encore tout arrondi, regardez comme le tout-petit se montre plus détendu lorsqu’il est maintenu dans cette position. » Et surtout : « La plus belle et la plus importante des stimulations pour le petit enfant est le contact visuel avec d’autres humains et les échanges verbaux. Offrez-lui cela dès à présent. Bien vite il aura le monde face à lui, mais si ce sont ses propres jambes qui le portent, il le dégustera plus commodément. »

Mais je me retiens, m’efforçant de garder à l’idée qu’après tout, nous avons de part et d’autre un beau bébé, l’envie de le tenir contre soi, et de l’amour à revendre, alors autant profiter de l’occasion supplémentaire offerte d’échanger au moins un sourire !

Un sandwich à la tétée

Par Lise

Je ne sais plus très bien quand ni comment j’ai décidé que j’allaiterai mon bébé, cette minuscule chose encore parfaitement inconnue qui se cachait en moi. Disons que l’idée s’est subrepticement glissée d’elle-même, mêlée d’une part des souvenirs de mon enfance, lorsque ma sœur était allaitée, puis que nous donnions le sein à nos poupées, d’autre part de conseils de sages-femmes, puis de lectures disparates. J’allais essayer, et puis je verrais bien. Ce que j’ai vu, c’est que plein de difficultés sont venues m’embêter, mais que plus c’était compliqué, plus j’étais convaincue de vouloir continuer. Comme cela ne fonctionnait pas tout seul, ma volonté s’en est mêlé, appuyée par toutes les informations sur le sujet qu’il m’a fallu chercher pour me soutenir, et là, plus question d’en démordre !

Une des phrases qui m’a le plus frappée fut : « Tu devrais laisser le papa lui donner un biberon de temps en temps pour qu’il participe ! » Alors d’abord, non, je ne crois pas a priori que le papa doive tout faire comme la maman. Chacun créera une relation qui lui est propre avec son tout-petit, et, il se trouve que le papa n’ayant pas la poitrine ad-hoc, le sein de maman risque d’opposer quoi qu’il en soit une concurrence déloyale à son biberon. D’autre part, je ne suis pas sûre que « donner un biberon pour donner un biberon » par défaut soit à la hauteur de ce qui peut être confié à un père.

En revanche, si je ne crois pas que le papa doive chercher à « faire pareil », je trouve formidable qu’il « fasse avec ». C’est ainsi que sont nées nos merveilleuses tétées à trois, papa et maman allongés de part et d’autre, bébé en sandwich au milieu. Cela fonctionne le jour, la nuit, à la sieste, au goûter, et même dans la rue, ni vu ni connu, en version verticale bien sûr ! En été c’est doux, en hiver ça réchauffe, la nuit ça console et le jour ça fait rire. Surtout que depuis qu’elle est capable de le faire, la petite téteuse du milieu ne manque pas de réclamer à cors et à cris la deuxième moitié de son sandwich, qu’elle bisouillera tant et plus entre deux rototos.

Et là, alors, oui, le papa participe, et plus que cela, il tient une place tout entière. Car pour construire un tel nid de tendresse, de douceur, d’amour, un partage si profond, une complicité si fine, des regards si aimants, pas de doute, rien de mieux qu’être trois !

Voeux de naissance

Par Marie

Nous y voici, notre association est créee !

Pour cette nouvelle année sous le signe de cette nouvelle association, je voudrais citer deux auteures : tout d’abord Ariane Mnouchkine dont les vœux (audibles ci-après) résonnent tout particulièrement à nos oreilles aujourd’hui (merci à Lise pour le partage)

 » Je nous souhaite […] un immense chantier »,

« Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. »,

« Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. »,

« Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. »‘

Et ensuite Norma Jane Bumgarner, dans « le bambin et l’allaitement » (que je viens tout juste de terminer), sur un sujet qui nous a réunies, Fred, Lise et moi, qui nous incite à grandir nous aussi en tant que mère, en tant que parent :

« Le meilleur moyen, à ma connaissance, d’éviter de chanter ces complaintes du « nid vide » à mesure que vos enfants grandissent consiste à vous engager à fond dans chaque étape de votre croissance comme mère. Suivez votre intuition maternelle avec vos bébés et vos jeunes enfants. Comblez vos besoins de materner, utilisez-les, épuisez-les. Ces besoins ne disparaîtront pas, bien sûr, mais à l’instar de votre enfant, vous deviendrez satisfaite et épanouie. Vous grandirez en même temps que vos enfants, de sorte que le chemin que vous parcourrez entre le moment où vous allaitez et celui où vous serez une grand-maman sera aussi excitant et agréable que celui que vos enfants suivront pendant ce temps. »


Les vœux de l’an 2014 d’Ariane Mnouchkine par Mediapart

« Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens,
À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur.
Une fois dit ça… qu’ai-je dit? Que souhaité-je vraiment ?
Je m’explique :
Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier.
D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires.
Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.
Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers.
Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“
Je crois que j’ose parler de la démocratie.
Etre consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.
Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance.
L’Etat, en l’occurrence, c’est nous.
Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.
Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.
Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.
Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entraînera et entraîne déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.
Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.
Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.
Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.
Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.
Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici. »

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