L’alphabet et le dessin de bonbons

Par Michela

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Vivre à deux dans un studio de peu plus de 20 mètres carrés ça signifie limiter les jeux pour Achille aussi au minimum pour ce qui concerne la quantité et la dimension : les blocs de bois pour construire les bâtiments, quelques petites voitures, deux oiseaux qui chantent (ce sont ses jeux préférés), certains Schtroumfs (qui étaient les miens, soigneusement préservé depuis presque trente ans !). En plus on tient à disposition quelques matériaux créatifs : la pâte à modeler, les couleurs, du papier de couleur, de la colle… Mais dans certains cas, certains choses pas convenablement créatives peuvent devenir art. Et parfois on peut même manger les créations artistiques ! Comme dans le cas des fruits (voir les « mandala des fruits ») … ou des bonbons !

Un après-midi, en fait, nous avons eu l’idée de transformer les chaînes de réglisse en lettres de l’alphabet.

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C’était octobre et Achille venait de commencer la maternelle. Je l’ai aidé beaucoup parce que ce n’était pas simple comme activité pour son âge mais il s’est quand même amusé : dérouler les cordes, regarder les lettres sur le livre en essayent de les recréer, regarder des photos du résultat et puis voir encore et encore la vidéo assemblée par moi, relier à la vidéo la musique en arrière-plan qui devient la bande sonore de cette activité et des émotions qu’elle a suscité…

Après cette expérience, dans les jours suivants nous avons ensuite cherché des bonbons que nous inspiraient par les formes et les couleurs et pendant un week-end pluvieux nous avons créé, cette fois, des dessins et une histoire.

(La voix qui décrit celle là est en italien et a le volume un peu faible.)

On nous a demandé si on a lu ces activités quelques part. En fait ce sont des activités inventées sur le moment… nous faisons simplement en sorte que la fantaisie n’ait pas de contrôle.

Il y a, c’est clair, des inspirations dans toute la question éducative, dérivées par les expériences « naturelles » comme « professionnelles » (je suis éducatrice spécialisée), les études, les idées. J’aime les principes de Maria Montessori, comme l’invite à la manipulation, à l’exploration, à la transformation et le jeux avec des différents matériaux «réels» et pas cher et celui d’éduquer par l’émotion, donnée et prouvée.  <3

Ta naissance

Par Elise 

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Ça a commencé tard dans la nuit vers 5 heures, des contractions différentes, celles qui m’ont dit ça y est, on y est, c’est pour aujourd’hui, c’est un beau jour le 7 septembre… Ton papa et moi on s’est levés tranquilles et heureux, on a fait un tour en ville, on a été dans notre café préféré, sans que les gens autour aient conscience de ce qui se déroulait en moi… J’ai accueilli chaque contraction en douceur, en soufflant, laissant aller ces premières vagues… et c’est dans l’après-midi à notre retour à la maison que tout a basculé, vers notre rencontre avec toi.

Ton papa prépare l’appartement pour ta naissance. Il range, nettoie, organise… Je m’installe dans le salon sur le canapé après avoir tiré les rideaux, allumé une lumière douce. Je suis impressionnée tout d’un coup par l’intensité de ce que je ressens, je suis émue, je me sens seule et perdue, je ne sais plus comment me mettre… Coup de téléphone à A. ma sage femme puis à F. ma doula. Il est 16h. Elles se mettent en chemin. J’appelle à la rescousse ton papa, il était dans la pièce à côté, il va me faire couler un bain. Je m’y installe et je relâche la pression… Les contractions sont toujours là mais je sens rassurée et je me détends.

A. arrive, elle vient me voir et écoute ton cœur, tout va bien… je suis toujours dans le bain, F. arrive à son tour, elle me verse de l’eau chaude sur le corps, je me sens entourée et choyée, et j’ai faim, envie de gnocchis ! Ton papa me les prépare, je mange un peu, et bois du thé, toujours dans mon bain. J’ai envie de sortir, de bouger. Je me sèche, me couvre d’un paréo entre deux contractions, et retourne dans le salon, il doit être doit être 17h30 je pense, mais je commence à perdre la notion du temps.

Je m’assoie sur le canapé, première contraction, je recommence à me crisper, je me réfugie à quatre pattes, je me sens perdue à nouveau, le souffle coupé. F. s’approche avec une écharpe de portage sur les épaules, et me tend un bout pour chaque main. Je m’accroche, je me suspends, elle fait pilier ! Ouf, je libère mon bassin ! Et je peux respirer de nouveau… M’accrocher pour me suspendre et avoir le bassin libre m’aide tellement. Alors à chaque contraction, elle revient, elle est là, je m’accroche… Et entre les contractions, je me relâche, pour un temps de repos… Ensuite c’est ton papa qui me tend l’écharpe et qui me soutient. Et vient le tour d’A., tour à tour ils se relaient, sans avoir besoin de mots, ils sont là. Ils sont silencieux. Ils me soutiennent. Je suis dans mon monde, dans ma bulle. Deux petites lumières éclairées dans la pièce, une s’éteint, soulagement.

Je commence à sentir que je m’épuise, je ne vais plus avoir l’énergie de me soutenir de tout mon poids par la force de mes mains. F. me propose d’aller dans la chambre sur mon lit, sur le ballon. Je ne sais pas trop, j’accepte. On y va, elle me guide, je me mets à genoux, et pose mon corps sur le ballon. Une contraction… j’ai besoin de m’accrocher à quelque chose. Une serviette. Il y a une serviette autour du ballon, c’est bon, je m’accroche ! Je m’accroche de toutes mes forces, à chaque contraction, puis me relâche. Ton papa est à côté de moi. Je m’accroche à lui. Je me demande où je vais, si je vais y arriver. Les contractions sont très rapprochées. Je rêve d’une grande pause pour m’allonger et me reposer ! On essaie entre deux, je m’allonge sur le côté, contre ton papa. Je sens la contraction arriver. Impossible de rester comme ça, impossible, je bondis sur le ballon et je m’accroche… Soudain je perds les eaux.

Ah, ça m’encourage ! Je me dis que tu fais ton chemin, que j’y arrive !! A. écoute les battements de ton cœur, tout va bien… Et ça repart de plus belle, et j’ai confiance. Je sens des picotements dans mon sacrum. Puis je sens que tu es descendue, je te sens derrière, comme si tu allais sortir de mes fesses. Ça ne me surprend pas, j’ai lu des témoignages d’accouchement et les mamans l’ont ressenti aussi. Je me dis que c’est donc une étape de plus de franchie ! Ça me donne du courage ! Et il m’en faut beaucoup… c’est si intense et inconnu !! Moment de doute, je demande à A. si je fais ce qu’il faut, si j’y arrive… elle me rassure, c’est parfait, et ta naissance ne tardera pas… On a fait une bonne partie du chemin ! On me propose de marcher un peu, d’aller faire pipi. Je ne sais pas trop, OK on y va. A peine posée sur les toilettes, je la sens revenir ! La contraction est là, aidez-moi, je veux m’accrocher… Ton papa est là. Je me cramponne à ses épaules. Je retourne dans la chambre, à peine deux mètres à marcher, la contraction est là, je suis debout, comment on fait ?!? Ton papa me tend ses bras, je me cramponne à nouveau. Je suis debout et je me cramponne. Je veux qu’on continue comme ça, je sens que c’est ça qu’il me faut. Debout, face à ton papa, je suis accrochée à ses épaules. À chaque contraction il soutient presque tout mon poids. Il travaille avec moi. F. me propose de poser un pied sur le lit. Allez j’essaie. On y est. C’est là, ça y est, je sens que ça pousse !!! Ça pousse tout seul ! Je me réjouis, je sais que là on est vraiment près du but ! Une autre contraction, ça pousse à nouveau ! Je leur demande si elles te voient, oui ! Elles voient tes cheveux !! Elles me proposent de te toucher… je touche, je crois que je sens ta tête, c’est mou je ne sais pas trop… si si, elles m’assurent que c’est toi ! Alors là j’ai confiance, je sais qu’on y est ! Prochaine contraction… je sens… ta tête sortir !! Ta tête est sortie ! Et maintenant, je fais quoi ??? On va attendre tranquillement la prochaine contraction me dit A.. Elle écoute ton cœur… tout va bien, tu n’es pas du tout perturbée… Il est 21h30. Dernière contraction, bloup tu sors ! Ton corps est sorti si vite, en un instant ! Je me retourne, et je te vois enfin, et je te prends dans mes bras…

S’allonger sur le lit, t’avoir contre moi, être là, à trois. On se pose, on apprécie chaque instant. Ressentir ton petit corps, toucher ta peau, t’entendre respirer. Au fait ! Tu es… une… fille !! On avait eu envie d’attendre de ta naissance pour le découvrir… quel bonheur ! Les moments suivants sont un peu flous, mélangés dans ma mémoire… Certains détails sont bien nets. Je te revois t’essayer à téter pour la première fois… Ton papa couper le cordon, un moment après qu’il a cessé de battre… Ton placenta sortir, quel soulagement !! Je me détends. F. me demande quel est ton prénom. Annabelle… On se repose à trois. A. et F. se sont éclipsées dans la pièce à côté. Puis A. m’a examinée, mon périnée va bien, pas besoin de point, ouf ! Elle t’a posée un court instant sur la balance à côté de moi. Tu es allongée contre ma poitrine. On est bien. On est dans notre bulle à 3. Douce première nuit…

Ça marche !

Par Kristel

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Je me « convertis » petit à petit (depuis la naissance de mon deuxième enfant, pardon à ma première) à l’éducation positive, bienveillante, respectueuse, ou ce que vous voulez, du moment qu’il n’y a pas de violence physique ou verbale, d’humiliation ou autre joyeuseté de ce genre, même si ce n’est pas fort et que ça ne fait pas mal.

Non, que ma fille ait été battue, mais elle n’était pas écoutée et respectée dans ses besoins et ses envies comme une personne à part entière. Nous, ses parents, nous savions mieux qu’elle ce dont elle avait besoin, ce qui est vrai pour certains sujets, mais quand même, il y a des limites à la toute-puissance parentale.

Bref, là n’est pas vraiment le sujet. Je voulais juste raconter une petite anecdote pour montrer que mes efforts (parce que oui, pour moi, c’est du boulot) sont récompensés :

Nous sommes un samedi, chez les grands-parents, avec la visite des cousins. Les enfants jouent au jardin après le repas quand vient l’heure de la sieste de mon petit… je me demande déjà comment je vais le convaincre de rentrer à la maison. Mais il a encore vraiment besoin de sieste.

Je vais donc le voir et lui annonce que c’est l’heure de la sieste. Il m’oppose un « non » bien convaincu. Je lui dis que je lui laisse encore deux minutes pour finir son jeu et que je reviens le chercher. Je me vois déjà le prendre de force dans mes bras, l’entendre hurler, se débattre, ce qui risque de tellement l’exciter qu’il ne dormira pas.

Lorsque je reviens, je me mets devant lui, à sa hauteur et je lui rappelle que les deux minutes sont passées. Bien entendu, il me dit encore non, qu’il ne veut pas faire la sieste. Et là, dans un sursaut de lucidité (et sans doute une illumination-souvenir de ce que j’ai lu dans un bouquin sur la parentalité positive), je lui demande quel livre il veut lire avant la sieste, T’choupi ou Peppa ? Et oh miracle ! Le voilà qui me donne la main et m’accompagne à l’intérieur, droit vers sa chambre et ses livres ! Et là, après le rituel habituel, un coucher dans le calme et un endormissement simple et rapide. C’est tellement plus valorisant pour tous les deux qu’une démonstration de ma force.

Et me voilà, débordante d’amour et de reconnaissance pour ce petit bout qui me montre combien j’ai raison de me remettre en question chaque jour, de m’informer, de ne pas rester enfermée dans les schémas des autres mais de me construire avec lui et sa sœur dans mon rôle de parent, en me faisant confiance et en leur faisant confiance à eux.

C’est génial d’être une maman. Fatiguant. Mais génial. Surtout quand ça marche…

L’hygiène naturelle infantile (HNI)… voilà pourquoi et comment on a fait !

Par Elise

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Puisque beaucoup sont étonnés voire intéressés par notre pratique, voici quelques précisions :)
Je trouve primordial de comprendre avant tout que ce n’est PAS une méthode d’apprentissage de la propreté, juste une autre façon de prendre soin des fesses de son bébé.

On a eu envie d’essayer parce que…

du côté des bébés :
– les bébés HNI ne perdent pas leur conscience d’éliminer comme le font les bébés en couches, et donc n’ont pas à apprendre plus tard ce qui est naturel pour eux depuis le départ, soit avoir les fesses propres et sèches et ressentir quand ils ont besoin de faire pipi ou caca.
– ils n’ont pas l’habitude de rester dans leurs excréments
– ils n’ont pas d’érythèmes fessiers
– ils deviennent autonomes pour leur propreté à leur rythme, très progressivement, un peu comme pour la marche lorsqu’on pratique la motricité libre : on ne va pas avoir un bébé qui marche plus tôt, mais à l’aise et confiant.

du côté des parents :
– nous avons une grande satisfaction à avoir ce lien étroit, cette compréhension et cette communication avec notre bébé, dans le prolongement du maternage
– nous sommes ravis à chaque pipi/caca « attrapé » :)
– nous ne nettoyons pas de caca étalé partout sur les fesses de notre bébé
– nous ne connaissons pas les couches qui débordent
– nous avons un budget couches remarquablement faible

En pratique…
Depuis la naissance, zéro couche à la maison, juste un élastique type bandeau pour les cheveux à la taille et un lange placé entre les cuisses, histoire qu’on ne soit pas trempé en cas de raté, on change le lange immédiatement, pas de pantalon juste les jambières et des chaussettes, pas de body ou laissé ouvert en bas, tee-shirt.
On propose à notre bébé d’éliminer en la tenant contre notre ventre, les genoux relevés (un peu comme on ferait avec un bambin qui veut faire pipi à l’extérieur), au -dessus du lavabo ou d’une bassine, petit pot, saladier, baignoire, ou dans la nature… et on essuie avec une lingette lavable en coton, ou on rince à l’eau et sèche avec une serviette.
On lui propose au début très très souvent, puis ça s’espace de plus en plus.
On sait qu’elle a besoin quand elle se réveille, quand elle descend de l’écharpe de portage, quand elle s’énerve et qu’elle n’a pas fait depuis un moment…
Lorsqu’elle a besoin, elle répond à nos proposition en relâchant pipi/caca, et sinon pas besoin de mot pour comprendre que ce n’est pas le moment, elle se cambre et râle ;) Lorsqu’elle est portée en écharpe de portage, elle se retient vraiment bien, on peut la garder un grand moment, et à peine sortie, mega pipi. Tandis que lorsqu’elle est au sol, elle fait plus fréquemment. Les bébés auraient d’instinct pas envie de nous souiller.

Et la nuit…
On fait du cododo. Notre bébé dort sur une alèse lavable carrée de 40 cm de côté, on en a 8, qui tournaient beaucoup au début.
A côté du lit sur une commode, on a un petit pot, des alèses, des langes, et des lingettes lavables. Les bébés ne font pas pipi en dormant mais lorsqu’ils se réveillent. A chaque tétée, je m’assoie, prend mon bébé dans mes bras, enlève un côté du lange, glisse le pot sous ses fesses et elle fait pipi en tétant, et se rendort profondément… Je l’essuie, remet le lange repose le pot et on se recouche. Depuis ses 5 mois je propose beaucoup moins la nuit, elle se retient bien jusqu’à 5/7 heures du matin.

A l’extérieur…
On utilise des couches lavables et des vêtements faciles à enlever, et on continue de proposer régulièrement comme à la maison. On a fait les toilettes des restaurants, des aéroport, de l’avion, des galeries commerciales, les parcs…

Chez la nounou, elle est en couches lavables. Je lui propose en arrivant sur place, elle passe la journée en mode « classique » et à peine arrivés le soir à la maison on enlève la couche !

On me demande aussi si ce n’est pas fatiguant. Je ne trouve pas. C’est sûr que ça va de pair avec le maternage proximal, mais pas au-delà. Je ne me sens pas sur le qui vive tout le temps parce que je trouve qu’un raté ce n’est pas grave, et que mon bébé grâce à notre pratique se retient bien en général et préfère faire ses besoins tenue en position contre moi que sur elle. Je suis souvent étonnée de voir comme elle est déjà mature.

On a eu depuis le départ un nombre incalculable pipis ratés, en revanche les cacas ratés se comptent sur les doigts d’une main. Aujourd’hui à 8 mois et demi, il est exceptionnel d’avoir un raté la nuit, et occasionnel le jour.

Voilà notre façon, à suivre !

Chute libre, une naissance respectée

Par Lise

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Elle avait commencé un peu plus tôt que dans mes plans, mais c’était une grossesse sereine et gaie la plupart du temps. En cette fin janvier, je me sentais en pleine forme, et débordante d’envie de profiter quelques temps encore de mon bébé en-dedans et de ma rondeur fière. Il bougeait beaucoup, fort, et j’aimais par-dessus tout mettre ma main sur son petit pied en bas à gauche, qui se déplaçait lentement, tandis que ses fesses en haut à droite pointaient et se blottissaient contre mon autre paume. Avec D., au fil des séances d’haptonomie prénatale, Andrea et moi avions découvert et accompagné ses mouvements, faisant de ce petit être invisible quelqu’un de plus tout à fait inconnu, et dont la rencontre secrète nous avait rapproché en tant que couple.

Nous avons longuement hésité sur le lieu où nous voudrions mettre au monde ce bébé. Après coup, j’ai même des difficultés à me souvenir pourquoi, tant à présent tout me semble avoir été parfait ainsi. Simplement, il est difficile de s’extirper des chemins habituels, des phrases, des craintes et des jugements répétés et martelés. Et puis le fait d’être en location meublée, que les propriétaires risquent d’être là, qu’il n’y ait pas de baignoire, qu’il faille préparer les repas… Quoi qu’il en soit, bien que les prises de décisions soient toujours difficiles pour moi, primordial a été le fait que différentes alternatives existent et que nous ayons pu opérer à un vrai choix, en conscience et réflexion, pour décider où nous mettrions au monde notre enfant. Dès lors, je me suis sentie libre, responsable, puissante et sécure.

Fin janvier, me suis mise à tousser très fort pendant deux jours, et j’ai senti que cela bousculait un peu trop tout cet éphémère équilibre. Non, il n’attendrait pas le printemps pour se rompre. En effet, samedi 30 janvier en me levant, j’ai eu quelques doutes, continuant cependant ma journée normalement. Mais à minuit tout pile, une sensation étrange et nouvelle de vagues aqueuses et tièdes m’a fait comprendre que c’était la fin des eaux et le début de la suite…

Je suis restée la nuit sans dormir, mais ne m’en souviens presque pas. C’était la deuxième que je passais à arpenter l’obscurité, saisie de quintes de toux et de remontées acides. Quelques contractions commençaient à pointer. Je sais que j’ai écrit longuement dans le salon, une lettre à mon bébé, et puis mes pensées, assise sur le gros ballon, parce que j’ai retrouvé les papiers, mais l’avais oublié.

Je n’avais tellement pas voulu envisager que bébé arrive si tôt, ni imaginé que cela commence par la perte des eaux, que je ne savais plus que faire. Je ne voulais déranger personne à minuit, je n’avais pas encore de contractions, et une partie de moi continuait à ne pas croire que la naissance soit imminente. Mais d’un autre côté montait la crainte de devoir être transférée à l’hôpital si le travail ne démarrait pas assez vite après la rupture des poches…

Stella parlait dans son sommeil, se réveillait à moitié… elle avait senti quelque chose, sans aucun doute. Vers 6h30, elle est venue me rejoindre au salon pour m’annoncer qu’elle avait « fini de dormir ! » Et ta sœur ? (Ah non, c’est un frère…) Je suis retournée me coucher avec elle. Et puis, à nouveau, je ne sais plus. Nous nous sommes tous levés vers 8h, les contractions se poursuivaient, mais toujours espacées, peu régulières, et tout à fait gérables en respirant bien. Nous avons déjeuné, c’était dimanche matin, et je ne voulais priver personne de grasse matinée. Vers 9 heures, j’ai finalement annoncé à Stella qu’elle allait partir chez sa copine, et que quand elle reviendrait le lendemain matin, son petit frère serait probablement né. Elle s’est mise à sauter de joie dans le salon en criant « youpi ! youpi ! ». Pendant qu’Andrea l’aidait à se préparer, j’ai fini d’étendre le linge dans les escaliers, m’appuyant contre le mur à chaque contraction, un peu plus forte que la précédente, mais toujours assez espacée pour que je puisse étendre plusieurs chaussettes d’affilée. Alors, je suis allée lire Astérix sur le lit. Cette fois, il fallait quand même que je ferme les yeux à chaque contraction, mais j’arrivais encore à lire quelques bulles de suite. J’étais fatiguée par les nuits sans dormir, mais j’hésitais à monter et descendre les escaliers pour accélérer le travail, à cause de la crainte de devoir partir à l’hôpital en raison de tout ce temps déjà écoulé depuis la rupture de la poche des eaux. Andrea est rentré vers 10h30. Je suis allée prendre une douche pendant qu’il rangeait un peu la maison… Un tout petit peu, parce que j’avais besoin de ses bras à chaque contraction l’appelant d’un « contraction ! » tonitruant, et que celles-ci se sont soudain accélérées, devenant très longues et très rapprochées. Je glissais des images dans ma tête : mon utérus entouré de rubans multicolores et verticaux qui serrent les rubans bleu pâle horizontaux que je m’efforçais de détendre et de laisser s’ouvrir. Cela fit du bien. Je me vis cloche, avec une tête minuscule, et grande ouverte en bas, je me laissai partir sur des paysages de neige vierge scintillant de tous ses cristaux au lever du soleil sur des sommets infinis, je visualisai mon tout petit bébé inconnu descendre… Et j’appellai encore et encore Andrea, qui lâchait draps, assiettes, jouets et papiers pour accourir, m’entourer, me soutenir et m’effleurer le dos.

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La douche, pour la naissance de Stella, m’avait tant soulagée que j’avais rêvé cette fois d’une baignoire d’eau chaude pour traverser le travail (la présence de celle-ci à l’hôpital, désormais équipée, avait été une de mes principales sources d’hésitations pour accoucher là-bas !). F. devait d’ailleurs en acheter une qu’elle m’aurait louée… trois jours plus tard. Sauf que cette fois, la douche ne soulageait rien du tout. Je n’arrivais pas à rester assise sur le ballon, que nous avions glissé à l’intérieur, et je claquais des dents. Et puis j’étais trop fatiguée pour rester debout.

De tous les endroits de la maison où j’aurais pu donner naissance, j’avais, dans mes rêves, éliminé notre lit. Et c’est pourtant là que je me suis précipitée aussitôt séchée et habillée. Bon, ma tête n’en était toujours pas à donner naissance, c’est vrai. Comparant mes sensations à celles vécues lors de la venue de Stella, j’estimais que bébé serait là peut-être en fin de journée. Andrea, lui, avait bien vu que tout était allé bien plus vite, et avait rappelé F. la doula, et A. la sage-femme pour leur demander de venir. Elles sont arrivées l’une après l’autre un peu après 11 heures, alors qu’Andrea avait déjà installé la bâche sur notre lit, sur lequel je me tenais à quatre pattes, appuyée sur des coussins, puis sur le ballon, puis, parce que mes bras tremblaient trop pour me soutenir, allongée sur le côté, lovée autour de mon coussin d’allaitement, que je n’ai plus quitté. Moi qui avais rêvé de rester accroupie pour voir apparaître mon bébé devant moi…

J’ai mis l’enregistrement d’hypnonaissance utilisé lors de la naissance de Stella. Mais tout allait trop vite, tout était trop puissant, changeant, intense, pour que je puisse y trouver le moindre recours. Seulement, je l’ai mis en boucle, et il jalonnait un peu le temps, dont j’avais perdu toute notion. A. et F. étaient silencieuses. A., assise près de la porte, s’est approchée pour écouter un instant le cœur du bébé, et m’a souri lorsque je lui ai demandé si tout allait bien. Chacun avait sa place, et tous étaient paisibles. Andrea me tenait la main, m’effleurait le dos, m’offrait l’ancrage de sa main tiède dans le creux de mon genou. F. me faisait de l’air, massait là pile poil où ça faisait du bien. Les contractions se succédaient, toutes différentes tant tout allait vite. J’ai perdu un moment le fil de ma respiration, me noyant un peu dans la douleur… Je me rappelais la courbe qu’elles dessinaient : une sinusoïde d’environ 1 minute, augmentant jusqu’à l’apogée que je supportais en la sachant suivie de la redescente. Puis jusqu’à 2 minutes de pause, dans laquelle je me plongeais en essayant de relâcher chaque muscle et de rechercher quelques gouttes de bien-être profond. Le soleil a soudain percé plus fort à travers le rideau, me faisant sursauter. Mais il m’a fait plaisir, c’est drôle, j’avais un peu rêvé d’accoucher au soleil. J’avais chaud, très chaud, trop chaud. Un peu d’infusion au miel, difficile à boire (nous n’avions que d’énormes pailles à Stella !) m’a fait du bien.

Et puis j’ai reconnu la sensation de poussée. J’éprouvais à la fois soulagement, sachant que cela annonçait la fin, et crainte, me sentant faible et même paresseuse pour ce dernier exercice. J’ai un peu ronchonné pour dire que j’en avais assez, les rires autour de moi m’ont redonné du courage. Moi qui avais parfois regretté de ne pas voir compris vraiment ce qui se passait lors de mon premier accouchement, je sentais cette fois avec précision l’avancée du bébé, sa descente dans mon bassin. On m’a aidée à me déshabiller. Entre deux contractions, j’ai demandé à Andrea s’il ne voyait rien qu’il ne veuille pas voir, il a répondu que non, j’ai insisté, c’était important. Toujours le calme et le silence, quelques chuchotements discrets seulement. Malgré tout, les images d’escalade me sont revenues à l’esprit. Ce n’était pas une question de compétition, cette fois, de cris, de pression… Mais j’étais suspendue quelque part en l’air, surplombant un vide invisible et démesuré. Aucun retour en arrière envisageable, la seule possibilité étant de monter plus haut, d’atteindre le sommet avec le bout de mes forces, toute mon énergie, sans même penser un instant à lâcher tant la chute est inconcevable… bander ses muscles et savoir de tout son être que l’on peut arriver au bout, que l’on peut, que l’on doit, et qu’alors, au sommet, on pourra jubiler et que tout ira bien. J’ai senti une première poussée m’étreindre, faire avancer le bébé, j’ai essayé de l’amortir un peu dans un soupir, mais le bébé a reculé. « Oh non, il est reparti ! » ai-je dit, un peu déçue, un peu pour rire. Alors, je n’ai plus lâché. J’avais enfin cette liberté qui m’avait tant fait défaut lors de mon premier accouchement d’agir uniquement et seulement selon mon ressenti. Je poussais, soufflais, ne bloquais pas, retenais comme je le souhaitais et comme cela venait. J’étais accrochée à Andrea, tirant sur ses mains, et lui me retenant. A. appuyait en bas de mon bassin, et cette sensation d’être contenue et retenue me soulageait. Lors des pauses, je posais ma main sur mon ventre, et je pensais fort à mon bébé, qui était tout seul dans le noir et poussait certainement lui aussi, et lui disais du bout des doigts que nous étions ensemble, que nous sentions ensemble, qu’il ne devait pas s’inquiéter parce que nous allions y arriver tous les deux, et que bientôt je le prendrais tout contre moi. Un relâchement (comme, lorsqu’enfin on pose une dégaine et que l’on peut un instant reposer ses bras, suspendu à sa corde). « Sa tête ! » a dit quelqu’un. « Ça y est, il est sorti ? », ai-je demandé. Rires gênés. « Seulement la tête… » Je me rappelais que le corps était moins difficile. Nouvelle poussée, s’élever à nouveau loin du sol, les épaules, retenues en arrière par le cordon enroulées autour « C’est pas possible, il est losange, ce bébé ! » ai-je pensé…Et puis ça a été fini, brusquement. Tout était fini. Je m’étais rétablie sur l’herbe en haut de la falaise. Et j’étais toute vide.

Alors, soudain, tout s’est relâché en moi, et cela a été la cascade, des trombes d’eau qui, cette fois, sortaient par mes yeux, sans retenue, des larmes d’enfant venues de très loin, qui ne brûlaient pas de tristesse ni de colère, juste des larmes du fond, des lames de fond, qui devaient sortir elles aussi. Pendant ce temps, mon bébé était en bas, derrière moi, et je voulais le prendre, le voir, ne pas le laisser tout seul (j’ai été rassurée ensuite de savoir que, pendant tout ce temps, A. l’avait tenu dans ses mains blotti), mais je ne pouvais pas bouger, trop fatiguée. Quand le torrent s’est tari, quelques minutes plus tard, A. a déposé mon bébé tout contre moi. Je me tortillais pour voir ses yeux, mais il m’a fallu encore patienter un peu, pour l’instant il était roulé en boule de profil. Ça y était, ça y était, mon tout petit bébé que je n’attendais pas encore était dans mes bras, pour de vrai de vrai. Et je n’arrivais pas à le réaliser. Il était 13h03.

Ensuite, nous avons attendu le placenta. A. souriait et disait que nous avions le temps, mais j’étais fatiguée et inconfortable et avais hâte que ce soit fini. Enfin, il est arrivé. Bébé y était toujours attaché, A. et F. l’on enveloppé à côté de nous jusqu’à ce que le cordon cesse de battre tout à fait. Lorsque ça a été le cas, longtemps plus tard, Andrea l’a coupé. Ce n’était pas un geste hâtif presque obligatoire, un acte à faire vite avant que « ça » parte à la poubelle, non, il l’a fait en parlant, tout content. Il a aussi révélé qu’il avait regardé, depuis mes côtés auxquels il se trouvait, la tête du bébé sortir, lui qui avait tant répété que jamais-jamais il ne voudrait voir une telle chose. « Oui, mais là, tout est si différent… » a-t-il dit. Si bien que, le placenta qu’il avait aussi prévenu ne jamais-jamais vouloir voir, nous l’avons contemplé ensemble, membranes déployées au-dessus révélant la tente secrète à l’intérieur de laquelle Livio avait passé tout ce temps, puis étendu à plat sur son verso, arbre aux branchages de vaisseaux. Tout semblait simple, normal, dépourvu d’inquiétude et de gêne…

Pendant que je me reposais un peu, A., F. et Andrea ont rangé et préparé des pâtes. Andrea a mis la table dans la cuisine, faisant rire F., qui lui a dit qu’ils n’allaient quand même pas manger sans moi. Et alors, nous avons, tous ensemble, en discutant, riant et parlant de ce qui venait de se passer, mangé nos pâtes assis sur le lit au soleil, tandis que Livio s’essayait à sa première tétée.

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Et puis, c’est Andrea qui l’a posé sur la balance, après que nous ayons lancé les paris sur son poids (3,980 kg). Il a été mesuré trois jours plus tard (52 cm), et a subi le test de Guthrie à 5 jours. Rien d’autre. Le bain a attendu une semaine. Ensuite, je suis allée prendre une douche revigorante, F. et A. ont pris congé une après l’autre, et nous nous sommes remis sur le lit tous les trois, en peau à peau, jusqu’à-ce que la nuit tombe, dans une sorte de bulle douce…

Andrea avait été lui aussi imprégné de toutes ces hormones et sensations, car, pendant quelques jours, il a été épuisé, et réveillé par chaque petit bruit de bébé, même dans une autre pièce, tout comme moi. Après quelques temps, à nouveau, il n’entend plus les pleurs lorsqu’il dort !

Il est allé chercher Stella le lendemain matin. Ils sont allés déclarer Livio ensemble à la Mairie. Quand elle est arrivée sur le pas de la porte, mes genoux relevés l’empêchaient de voir bébé, couché derrière. « Il est où, mon bébé ? » a-t-elle demandé d’un air inquiet. J’ai baissé mes jambes, et son visage s’est éclairé. Elle s’est précipitée vers lui en poussant de drôles de tout petits cris aigus, l’embrassant et le caressant longuement. Puis elle est allée chercher un livre pour lui raconter une histoire.

La sage-femme A. est revenue 5 fois la semaine suivante. J’attendais sa visite avec impatience toute la journée. Pour ses conseils et son soutien, mais aussi parce qu’elle avait complètement fait partie de cette naissance, et que retrouver quelqu’un d’intérieur, avec qui je pouvais reparler de ces instants, poser mes questions, vérifier mes souvenirs… était quelque chose dont j’avais infiniment besoin. Cette naissance et sa mémoire n’ont pas été délaissées dans un coin anonyme d’hôpital parmi des étrangers qui l’auront oubliée l’instant d’après. Il en reste comme quelque chose de plus fort entre les personnes présentes. F. est revenue me voir aussi, et m’a écoutée et consolée dans ce qui me faisait mal de cette naissance à laquelle je n’étais pas encore prête. Une semaine plus tard, en effet, j’en pleurais encore : mon corps ne gardait déjà presque plus de trace de cette grossesse qui, dans mon esprit, n’aurait pas dû être déjà achevée. Je me sentais si vide… A. et F. m’ont entourée jusqu’à-ce que j’arrive à nouveau à regarder en bas de la falaise, leur présence est allée bien au-delà de l’accouchement en soi.

A présent, tout va mieux. Nous sommes fiers de cette naissance heureuse, qui nous a fait faire des choses que nous n’aurions jamais imaginées ou assumées (oui, le placenta sera enterré sous un arbre…), aller au-delà de nos blocages, idées, et de celles des gens (parfaitement, nous avons menti tous les deux à ceux qui nous demandaient où nous allions accoucher, tant, en fin de grossesse, leurs commentaires tout faits nous étaient lourds à entendre), fiers de notre petit garçon tout rond-losange et du fait d’être désormais quatre. Et résolument heureux de cette naissance qui ne m’a laissé aucune blessure physique, ni aucun regret, doute ou tristesse dans nos esprits.


Pour répondre à certaines questions qui nous ont été posées :

Accoucher sous le téléphérique

Par Lise

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J’ai écrit ce texte un soir au début de mon 9e mois de grossesse. Il ne se veut critique envers aucun choix. Mais il est décidément polémique envers les réactions répétées mille fois à chaque fois que le mot « accouchement » est prononcé. Pour mon premier accouchement, je n’ai pas eu l’occasion de côtoyer d’autres couples attendant un bébé, ni personne en fait. Et ma solitude m’a offert une naïve et bienfaisante sérénité. Je vis cette seconde grossesse entourée de plein de rencontres, et c’est génial… Sauf quand on aborde LE sujet, ou, pire, lorsque n’importe qui n’importe quand (le dentiste, la prof de gym…) le fait, par habitude en voyant un gros ventre. Et lorsqu’on entend d’autres femmes enceintes toutes remplies de peurs d’angoisse et de ces mots douloureux qui sont presque des synonymes d’accouchement à force de lui être liés.

Au fur et à mesure que passe le temps, je me sens de plus en plus déstabilisée et irritée à la fois. Bien malgré moi. J’ai assez d’arguments raisonnables pour contrer leurs phrases, sans pourtant parvenir à les empêcher d’entrer au fond de ma tête. Si souvent répétées et entendues (« Mais pourquoi te passer de péri ? », « Quel choix, que de choisir de souffrir… », « A la maison ? Ok, n’empêche, si Xyz n’avait pas été à l’hôpital quand elle a eu besoin des spatules… », « Bon courage, hein, ce n’est qu’un dur moment à passer… »), ces idées d’emblée négatives sur l’accouchement réussiraient, appliquées à n’importe quelle activité, à rendre celle-ci rebutante et terriblement effrayante.

Désormais, j’évite autant que possible de laisser les gens aborder le sujet. Mais ils ne peuvent pas s’en empêcher : un accouchement, ça fait mal par définition, et il ne faut jamais omettre de le rappeler à la future mère. Et si jamais elle réplique, ajouter quelques exemples pour lui prouver que, si par hasard elle pouvait gérer la douleur, ça reste terriblement risqué…

Imaginons… Parce que j’aime la montagne et les analogies…

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Vous : La semaine prochaine, je fais un sommet !

L’autre (d’un air compatissant) : Ouah ! Bon courage… J’en ai fait un une fois, c’était horrible, il faisait super froid je ne sentais plus mes doigts, et puis avec l’altitude je me suis senti oppressé comme jamais, et tout ça pour me retrouver dans le brouillard une fois en haut. Bonne chance, hein, je penserai à toi !

Vous (convaincu) : Non, mais je me suis bien préparé, je ne me sens pas trop inquiet. Je partirai lentement, et puis je connais ce moment où je me demanderai ce que je fais là, si essoufflé à transpirer comme un bœuf, mais… Enfin, je sais surtout combien, en arrivant au sommet, je me sentirai fier de mon corps qui m’a permis ça, et comme c’est grisant d’admirer le paysage, les autres cimes alentours, la neige, le silence, cette sensation de plénitude quand on a dompté la montagne et que la nature se fait merveille pour mon regard seul…

L’autre (ébahi) : Nooon… parce qu’en plus, tu comptes monter là-haut à pied ? Mais ça va être horriblement douloureux ! Enfin je veux dire… moi, je ne pourrai pas. J’ai bien essayé, une fois, le sentier, mais c’est juste insupportable, les pieds qui frottent contre les chaussures si lourdes, le poids du sac…

Vous (un peu déstabilisé) : Oui… Je… Je crois que je peux le faire… j’aimerais essayer en tout cas…

L’autre (dans sa lancée) : Mais quand même, tu choisis de souffrir alors qu’il suffit de prendre le téléphérique, tu es là-haut à l’heure exacte, tu payes sur internet, et ils s’occupent de tout pour toi. Tu choisis vraiment de monter à pied ??

Vous (hésitant) : Mais… C’est pour voir le paysage tout au long de la montée, les changements d’altitude, l’odeur de l’air qui se modifie, les arbres, puis les rochers, puis la neige… Enfin, c’est… J’aimerais essayer de voir toute la montagne, tu comprends, je l’aime tellement, mais en gravir chaque passage, c’est quelque chose de fort, et puis les sensations… Le sommet, c’est aussi l’accumulation de tout cela… Tu vois ?

L’autre : Oui, enfin, c’est quand même un peu inconscient. Moi, ma tante, elle s’est foulé une cheville comme ça. Elle se l’est cognée contre un pylône du téléphérique. Heureusement qu’il était là, d’ailleurs, le téléphérique, pour la redescendre, sinon, elle y serait restée. Et j’ai aussi un ami qui s’est brisé le nez : il était en retard, pour la descente en plus, du coup il s’est jeté dans la cabine juste alors qu’elle se fermait. Tu imagines, s’il l’avait carrément raté, il aurait gelé sur place là-haut. Heureusement qu’ils ont pu le descendre en vitesse. Et bon, je ne te parle pas des risques d’avalanche et de chute de pierre.

Vous : Euh… oui… Je suppose que je verrai sur le moment… Enfin, sans téléphérique, ces accidents, justement, ne se seraient peut-être pas pr… hum. De toute façon, si je suis trop fatigué ou que j’ai trop mal aux pieds, je monterai dans le téléphérique à une station intermédiaire…

L’autre : Ah oui, mais il ne faut pas rater la station, si tu es entre deux ou un peu trop haut ou que tu n’as pas réservé ton billet, ils te laissent là !

Vous (quand même un rien inquiet) : Tu crois ? (respirant un bon coup et vous éloignant, chantonnant intérieurement pour vous rassurer et bloquer les larmes qui menacent de monter) Là-haut, sur la montagne, l’était un beau chalet…

Vous trouvez que j’exagère ? Sans rire, remplacez là où cela sied par les mots du lexique de l’accouchement, de l’hôpital, de la péridurale… et vous verrez que ma métaphore est à peine caricaturale, ou peut-être même pas… En tout cas, en tant que femme enceinte qui pleure en regardant les documentaires sur les grenouilles, cela m’atteint exactement de cette manière-là.

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Du coup, puisque j’ai dit avoir quantité d’arguments réfléchis qui me confortent dans mon choix, j’en expose ici quelques-uns :

Première Nuit

Par Lise

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Première nuit sans toi. Brusquement, ce soir, tu es partie dormir « dans ton lit de grande fille ». Nous voilà allongés dans une solitude oubliée. Dans le silence se détache en négatif la courbe sonore de ta respiration. Son absence m’assourdit. Pas de petits mouvements endormis, ni de ces petites phrases que tu lâches entre deux sommeils. Ce soir, je n’arrive pas à m’endormir. Ton papa se tourne et se retourne. Tu manques à notre « bateau-lit » dans lequel nous avions pris tous les trois l’habitude de nous blottir nuit après nuit. Comme ces deux années et demi ont passé vite… Les premières nuits ont été éternelles, détournant notre attention de la brièveté réelle que cela aurait, au bout du compte. Oui, j’ai rêvé et attendu le moment où, enfin, je pourrais dormir sans être réveillée une seule fois par tes appels. Mais j’ai pris soin de ne pas oublier combien le temps passait vite et combien les instants blottis dans l’obscurité contre ton petit corps tiède ancré contre le mien étaient précieux. Bien m’en a pris, car désormais tout cela est fini. Tu as trouvé dans ces instants magiques la force de t’envoler et de te passer d’eux. Tu dors paisiblement de l’autre côté de la cloison. Tu n’es pas inquiète, ni déchirée, tu sens autour de toi le lien indéfectible que nous avons construit en navigant vague de tétées après vagues de tétées sur notre merveilleux navire à trois matelots. Demain, aux premières lueurs, tu nous y rejoindras, reposée et gaie, et nous t’embrasserons, fiers de toi. Ce soir, il n’y a que nos deux souffles, que nous étouffons un peu pour être sûrs de t’entendre si tu appelais. « Et tu imagines, quand ce sera sa chambre de grande adolescente qui sera vide ? » Nous nous regardons. Tu n’es pas si loin encore, ce soir, et nous voilà, ton père et moi, sur le pas de ta porte, à te contempler dormir tant qu’il est encore temps.


Edit : ce texte fut écrit le temps d’une étrange parenthèse, qui dura… une nuit ! Un an plus tard, mademoiselle est toujours dans notre chambre, pas décidée à la quitter. Et alors ? En le relisant, je perçois à nouveau combien ceci a peu d’importance. Un jour, elle partira, et tout ce qui compte, c’est qu’elle le fasse avec sérénité !

Quelques outils pour faire face aux colères des 2-3 ans

Par Vicky

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Concernant les enfants des 2-3 ans, les colères semblent être le problème face auquel les parents nous nous sentons le plus démunis. Avant de parler des colères, il me semble important de faire une grande parenthèse sur la fameuse « phase d’opposition » car la frustration qu’elle engendre, de part et d’autre, est source d’une bonne partie des colères des enfants… et des parents !

Tout d’abord j’ai un scoop pour vous : la phase d’opposition n’en est pas une ! Oui, vous avez bien lu, la période du non n’est pas une phase d’opposition au parent, bien que l’enfant s’oppose. En réalité il s’agit de la période de l’émergence du désir propre de l’enfant. L’enfant s’oppose à son parent parce que le temps est venu pour lui de sentir le contour de lui-même, de ne plus être le prolongement de sa mère et de son désir à elle. Ainsi, l’enfant dit non au désir de la mère pour avoir l’occasion de sentir ce qu’il veut lui, peut-être qu’il veut la même chose mais, tant qu’il ne s’est pas opposé, il ne peut pas le savoir. Il a besoin de décider. On entend souvent que pendant cette période l’enfant cherche les limites, nos limites. L’enfant cherche effectivement les limites mais pas les nôtres : les siennes. Il cherche les limites de sa propre personne, telle qu’elle se définit par ses désirs, ses capacités et son pouvoir personnel.

Le parent vivant cela comme un affront et comme une remise en question de son autorité, pense que l’enfant veut prendre le pouvoir dans la maison et fait tout pour ne surtout pas lâcher ses acquis parentaux ! Bonne nouvelle : votre enfant ne prépare pas un coup d’état ! Plus on accompagnera cette phase avec bienveillance, moins longtemps on y sera confronté. Le mieux c’est de ne pas rentrer dans un jeu de pouvoir où l’on essaierait d’asseoir une autorité, car cela est absurde pour l’enfant. L’enfant n’est pas en train de chercher à prendre le pouvoir sur nous mais sur sa personne. Ainsi lorsqu’on s’oppose systématiquement à son désir, le message que nous lui faisons passer c’est : « tu n’as pas le droit de vouloir, de penser et de ressentir par toi-même ». « Casser » l’enfant pendant cette période cruciale donnera à coup sûr l’un des ces deux résultats : l’enfant soit il se fixera sur cette « phase d’opposition » pour toujours, développant ainsi une personnalité rebelle, soit il se soumettra, développant une tendance à la soumission.

Si vous observez attentivement, vous constaterez que cette période est suivie par celle du « moi tout seul ». En effet, lorsque l’enfant a acquis la capacité de savoir ce qu’il veut, il veut le faire par lui-même. C’est sur le chemin vers l’autonomie que nous l’accompagnons tout au long de ces turbulences ! C’est même une formidable occasion pour nous, parents, de sentir aussi les limites de notre volonté et la légitimité des tas de choses que nous imposons à nos enfants, contre leur volonté. Lâcher sur les choses pas importantes, permet à l’enfant de se connaitre et de se construire, et à nous de sortir des jeux de pouvoir dans lesquels nous rentrons presque instinctivement.

J’ai fait un détour par la période du non parce que je pense que comprendre que l’enfant n’agit pas contre nous, nous permet de prendre du recul, de manière à pouvoir gérer nos propres émotions (souvent de colère) pour faire face à la colère de l’enfant. Car à ce moment-là il s’agit d’aider l’enfant.

Un enfant en bas âge peut déclencher une colère pour des tas de raisons : fatigue, frustration exogène (on m’empêche de…) ou frustration endogène (je n’arrive pas à…), douleur… Et très souvent il peut aussi partir dans une colère monstre sans qu’on ait eu le moindre élément de compréhension rationnelle. L’expérience montre que quand la colère est là, peu importe ce qui l’a déclenchée, on ne peut pas faire marche arrière généralement. Car l’événement déclencheur n’est qu’un prétexte pour vider le trop plein d’émotions (et cela est souvent vrai pour nous adultes aussi). Mais le cerveau du jeune enfant n’est pas encore suffisamment équipé pour faire face à cela et c’est le déluge émotionnel. Alors il crie, il tape, il se roule par terre, il se cogne la tête… Tout est bon pour vider le trop plein d’émotions. Et pendant que lui ou elle vide son réservoir, on dirait que nous, nous commençons à remplir le nôtre ! « J’en peux plus ! » « Ça commence à bien faire ! » « Mais tu vas te taire ? » « Qu’est-ce que tu veux ? » « Tu me gonfles ! » J’ai déjà dit tout ça, et même plein de fois…

J’ai deux enfants. Il se trouve que le deuxième est né fâché, j’ai donc eu des centaines d’occasions pour m’exercer à la gestion des colères ! À vrai dire ça ne fait pas très longtemps que je suis vraiment opérationnelle ! Mais avec le temps j’ai acquis quelques vrais outils et je tiens à vous les partager.

Outil n°1 : l’empathie la vraie. Pas l’empathie en tant que posture. Et comment est-ce qu’on arrive à ça ? Ce qui a été le déclencheur pour moi c’était de comprendre profondément (intellectuellement) que lorsque mon enfant est en crise il est le premier à souffrir de ce qui le traverse. Quand je me mets en colère moi aussi parce que je n’en peux plus des cris et de ma propre impuissance, je rajoute à sa peine la culpabilité et le sentiment d’être incompris. Je triple sa peine, et du coup la mienne vu que je rallonge la crise. Lorsque j’ai compris à froid et à tête reposée cette simple réalité-là, je suis devenue capable de me placer à 100% du côté de mon enfant lors d’une crise émotionnelle. Je ne me suis plus jamais mise en colère face à ça, car j’ai considéré que mon rôle était de l’aider à s’en sortir. Je suis donc devenue alliée, pas persécutrice. J’estime que gérer sa propre colère dans des situations comme celle-ci (enfant en crise) n’est pas très aidant. Ce qui est aidant c’est de ne plus se sentir en colère. Selon notre propre histoire cela peut être plus ou moins atteignable, mais parfois la seule prise de conscience de la réalité de la situation peut suffire. Essayez !

Outil n°2: l’humour et l’imaginaire. Mon enfant a eu la bonne idée d’emprunter à la crèche le livre « La colère du dragon ». Un petit garçon raconte comment il se transforme en dragon lorsqu’il est en colère. Nous l’avons lu et relu, et relu même ! A partir de là, quand je vois un début de colère poindre je dis « Oh-oh on dirait que le dragon arrive ! Est-ce qu’il est là ? », après je fais des bruits de grognement, je lève les bras, enfin j’essaye d’imiter un dragon… La plupart du temps il rentre dans le jeu et ça finit en bataille sur le lit. Si cela n’est pas suffisant parce que la colère semble un peu plus importante je prends son rôle. Je commence à dire ce qu’il dit d’habitude : « arrête ! maman me parle pas ! », je fais comme si je voulais le taper, je me roule par terre… Au début il m’observe, il est entre le rire et les larmes et puis ça finit en franche rigolade. La crise est désamorcée et les émotions peuvent s’évacuer par le rire. Le rire est un puissant mécanisme de décharge du stress. Alors à choisir…

Outil n°3: raconter ce qui se passe. J’ai découvert un truc génial, un soir en vacances, alors que mon enfant était en pleine crise depuis une demi heure et que rien n’y faisait. J’ai dit au papa en présence de l’enfant :

 « T’as vu comme il est en colère A. ce soir ? »

« Ah oui, j’ai bien remarqué, il pleure depuis tout à l’heure, il est inconsolable ! A ton avis c’est dû à quoi ? »

L’enfant avait arrêté de pleurer et nous écoutait. Alors je réponds :

« A mon avis il pleure parce que telle chose est un peu compliquée pour lui, et puis il y a ci, et puis il y a ça… »

« Je comprends, moi aussi à sa place je serais triste et en colère, moi aussi je pleurerais »

« Tu as vu ? Il s’est calmé… »

« Moi à sa place je voudrais un câlin maintenant »

« Papa je veux un câlin »

Je me suis sentie tellement fière de cette astuce et à la fois je mesurais tout ce temps perdu sur les crises précédentes, alors que c’était tout simple. L’enfant a arrêté parce qu’il s’est senti parfaitement compris. Comme le papa n’est pas toujours là, je me sers du doudou, ou même de ma main ! Je discute avec doudou de ce qui est en train de se passer et de ma compréhension de la situation. C’est radical.

Je vous ai dit que mon enfant « est né fâché ». Il avait vraiment cette expression, sourcils constamment froncés dès son premier jour. Quand sa sœur l’a vu pour la première fois elle a demandé pourquoi il était fâché. Ça nous a bien fait rire mais par la suite j’ai été amenée à repenser à cette phrase des tas de fois. Il se mettait en colère très souvent, je ne le comprenais pas, je ne savais pas quoi faire. Je me suis posée des tas de questions, sur la grossesse, sur ma façon d’être, sur mes émotions à moi, la psychogénéalogie. On a  lui a raconté ce qui avait merdouillé pour moi comme pour lui, on a essayé l’homéopathie, le psy, le kiné, même une énérgéticienne, pourtant ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Parce que, comme beaucoup de mamans, je pensais que mon enfant avait un problème et que ça venait forcément de moi. Donc je devais trouver une solution! Je ne comprenais pas ce qui faisait qu’il était autant en colère. Aujourd’hui je pense que le plus important c’est d’accepter que cet enfant ait ce fonctionnement-là et de ne pas considérer cela comme forcément problématique. Je me suis longtemps débattue avec l’idée du tempérament car je pensais que rien ne vient du hasard. Je le pense toujours mais de manière plus nuancée: rien ne vient du hasard mais il y a des tas de choses dont je ne connaîtrai jamais l’origine et qui ne sont pas et ne seront jamais sous mon contrôle. Alors le fait que mon enfant soit enclin à la colère je l’accepte, je lui reconnais ce droit, et tant que son petit cerveau n’arrive pas à faire le travail de l’apaisement tout seul, je lui offre mon soutien entier et inconditionnel pendant ces moments difficiles.

Les vœux de Grandissons

Par Marie

Cette nouvelle année qui commence nous rappelle la réalité de cette société : violente et en perte de vitesse. Prenons le parti de lui imaginer une suite heureuse en nous intéressant aux initiatives bienveillantes (1) et en écoutant un peu plus nos propres besoins et nos propres limites.

« Soyons le changement que nous voulons voir dans le Monde »  Gandhi (2)

Marshall B. Rosenberg est mort il y a maintenant un an, je vous invite à vous pencher sur la Communication Non Violente (CNV) qu’il a théorisé et grandement diffusé (3).

Je vous souhaite à toutes et à tous, de tout cœur, d’avancer sur vos chemins, de partager vos découvertes au monde et de vivre en accord avec vous-mêmes.

Excellente année 2016 !

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(1) : par exemple Alternatiba : https://www.youtube.com/watch?v=Qt8YVD2AyWE (un aperçu du stand de Grandissons à 2’37)

(2) : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/soyons-le-changement-que-nous-voulons-voir-dans-le-monde_854046.html

(3) : https://www.youtube.com/watch?v=fl-65RPE41Y

1 an d’ECHO

Par Lise????????????????????????

Voilà un an et même un peu plus qu’a eu lieu le premier ECHO de Grandissons ! Au départ nous est venue l’idée d’ateliers d’ouverture aux langues pour tous les enfants et leurs familles : ouverture de l’oreille à de nouvelles sonorités, ouverture de l’esprit à de nouvelles cultures, ouverture de l’avenir à de nouveaux apprentissages et ouverture des rêves vers de grands voyages… En-dehors des rencontres entres familles déjà multilingues, plusieurs demandes nous avaient été faites pour des ateliers d’anglais, mais un élément primordial dans notre esprit est de privilégier la diversité, toutes les diversités. C’est ainsi que les ECHO se sont déclinés sous la forme d’ateliers de présentation d’une langue surprise chaque mois. Oui oui, surprise, les participants ne la découvrent qu’une fois sur place ! Jusqu’à présent, les enfants présents étaient âgés, en moyenne, disons de 1 à 3 ans. Parfois un peu moins, parfois un peu plus, mais, là aussi, nous espérons qu’avec le temps, des enfants plus grands viendront se joindre à nous et enrichir de leur curiosité les échanges qui ont lieu dans ces ateliers.

Durant cette année, chaque mois un ou plusieurs parents sont venus présenter leur langue et leur culture. Italien, allemand, anglais, serbe, russe, polonais, japonais, espagnol, grec… (en oublié-je ?) se sont succédés. Ainsi, nous avons pu nous présenter dans chacune de ces langues, entendre Frère Jacques dans la plupart d’entre elles, goûter plusieurs recettes de pays lointains et repartir avec certaines d’entre elles imprimées, découvrir plusieurs alphabets, entendre contes, histoires et traditions, effectuer quelques pas de danse sur des musiques traditionnelles, répéter les paroles et les gestes de chansons aux sonorités nouvelles…

Cela a été chaque mois l’occasion d’un petit voyage, duquel parents et enfants ont pu retirer ce qui leur parlait. Il n’est pas rare qu’après une rencontre ECHO, ma fille de 3 ans s’amuse pendant quelques jours à « parler » la langue qu’elle vient de découvrir, et nous accumulons les petits souvenirs réunis rencontre après rencontre : un marque-page avec son prénom en japonais, des paroles de chansons allemandes, une recette italienne, quelques mots écrits en russe, plein de bonnes choses à goûter (non, celles-là, nous ne les avons pas gardées !)…

Et un très grand merci à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre ont participé à cette année Première !*

Bon, il ne me reste plus qu’à conclure ce bref récit en vous sollicitant : si vous possédez une autre langue et/ou d’une autre culture, vous pourriez nous enrichir en animant un atelier avec celle-ci. Nous nous tenons à votre disposition pour une aide à l’organisation… Contactez-nous par mail.

???????????????????????? mAllemand ????????????????????????

mAnglais2 ???????????????????????? mItalien2

 Polonais Russe ????????????????????????


* Je ne peux m’empêcher de redouter un oubli (si jamais vous en êtes victimes, s’il vous plaît, manifestez-vous !), mais un grand merci à Annika, Olivia, Silvia, Michela, Tatiana, Stan, Vicky, Kezia, Anna, Consuelo, Paola, Mako, Nenad, Marine, Eliza…

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