Le Tableau Blanc de Marine

Par Marine

Aujourd’hui, j’ai décidé de présenter mon tableau blanc qui me sert à m’organiser. En fait, c’est parce que j’en fais déjà une mini présentation quand quelqu’un vient à la maison.

Alors… Je suis maman de trois filles : 4,5 ans, 3 ans et 4,5 mois. Comme elles sont toutes les trois toujours avec moi (je veux dire que les deux « grandes » ne sont pas scolarisées), j’ai besoin de savoir en un coup d’œil ce qu’on a de prévu, ou quels jours sont libres, ainsi que le planning du papa puisqu’il ne se ressemble jamais d’un jour sur l’autre, d’une semaine sur l’autre. Nous sortons beaucoup, des fois c’est surtout moi qui en ai besoin, mais je sais que ça nous fait du bien à toutes, et j’essaie de varier. Mine de rien, ça demande de l’organisation, même si rien n’est jamais fixe et qu’on reporte souvent au lendemain (surtout lorsqu’il est déjà 16h quand on arrive enfin à leur faire mettre les chaussures et à sortir…).Entre les rendez-vous des adultes, ceux des enfants, les sorties, les spectacles, les activités…

Je n’ai pas vraiment réfléchi ce tableau, mais c’est venu au fil du temps. A la base – et ce depuis bien deux ans-, je prenais une feuille volante sur laquelle je faisais le même tracé de deux semaines, et je notais les impératifs, le planning du mari, les trucs à ne pas oublier, les rendez-vous divers et variés et ainsi de suite. Puis j’ai affiché sur le mur des post-it. Alors, quand en août dernier quand j’ai vu des tableaux blancs dans mon magasin préféré, j’y ai envoyé mon mari… qui nous en a ramené deux ! Hé oui, les filles ont elles aussi leur tableau blanc, leurs feutres et des magnets. C’est aussi plutôt utile pour qu’elles ne touchent pas au mien.

Donc, quand j’ai eu mon tableau blanc, il a vite été rempli. Sans vraiment de code couleur. J’avais mes deux semaines. Et des listes. J’aime les listes. Je fais beaucoup de listes. Au fur et à mesure j’ai pu trouver que j’avais, sans y penser, défini un code couleur :

En bleu, je note ce qui est décidé, ce qui est sûr, quelque chose auquel on est inscrit par exemple, plutôt pour les filles.

En vert je note les options, les « peut-être », les trucs à essayer de faire.

En rouge, ce sont les horaires de mon mari (j’essaie tant que possible de l’inclure, d’adapter, sans pour autant tout chambouler).

En noir, les courses à faire ou rendez-vous pour moi, comme chez la sage-femme ou  à la banque… C’est sûrement à peaufiner, mais jusque là je m’y retrouve bien comme ça. Chaque fin de semaine j’efface pour laisser la place à ce que nous ferons dans deux semaines. Ce n’est pas pour faire du copier-coller que je partage parce que personne ne fera exactement comme moi. Ce n’est pas le but. Mais juste pour présenter ma manière de faire. C’est pratique, c’est sous la main, c’est au milieu du salon. Ça ne se perd pas (important !). J’ai aussi bien sur un petit agenda que j’ai presque toujours sur moi.

Sous le planning, j’ai la liste des choses importantes à faire ces temps-ci. Heureusement, je viens à effacer quelques trucs, semaines après semaines… Et évidemment d’autres viennent s’ajouter.

J’y ai mis depuis quelques jours les mots « fb/messenger/recherches/autre/appeler/message » afin que quand une idée me traverse l’esprit à la maison, je note sur le tableau et dégaine le smartphone plus tard. Parce que je suis vite piégée. Téléphone à la main le temps s’échappe. Ça me permet de me cadrer. Et d’errer sur fb et compagnie plus tard.

Ensuite, pour les jours d’imprévu, de plan B, de manque d’inspiration… Tout en bas à gauche j’ai fait des listes. Une liste de sorties découpées en deux colonnes Parc et Autre. Il s’agit plutôt des sorties en extérieur et des sorties en intérieur (parfois obligées s’il y a trop de soleil ou s’il pleut par exemple). Dans ces listes, la moitié du haut, en vert, c’est les sorties gratuites (tant pour celles en intérieur que celles en extérieur) et en bas les payantes. A côté de ça j’ai fait une petite listes d’activités à faire à la maison type : pâte à sel, sablés, peinture, pâte a modeler, jeu de société… Pareil, c’est pas forcément copiable, mais facilement adaptable selon où on habite, l’âge des enfants… Le reste, ça change souvent. Je note des idées, des listes.

 

En ce moment, j’ai la liste de mots que je connais en langue des signes bébé pour penser à le faire. J’ai aussi la liste des sorties récurrentes comme les rencontres portage, allaitement, rencontres IEF, les ateliers ECHO,… Et bien sûr une petite liste de porte-bébés que je n’ai pas encore.

Je pense que j’ai tout dit. Dites nous si vous avez des questions ou des idées !

Protégeons nos enfants en voiture

Par Barbara D.

Avec l’arrivée d’un enfant, les nouveaux parents apprennent un nouveau vocabulaire et doivent prendre des décisions qui paraissent faciles au départ mais quand on s’y intéresse de plus près, on se rend vite compte que cela n’est pas chose aisée. C’est le cas par exemple lorsqu’il s’agit de choisir un siège auto.

Entre la famille qui donne son opinion, les amis ayant déjà des enfants qui souhaitent partager leur expérience, les sites, les blogs, les forums, sans oublier les magazines qui comparent les sièges autos, et les professionnels dans la vente de sièges auto, les choix sont nombreux et les opinions encore plus divergentes.

Alors comment faire le bon choix ? Comment acheter SON siège auto ? Comment protéger au mieux son enfant ?

A mon humble niveau de maman et spécialiste dans le domaine du siège auto, je me permets de vous donner quelques pistes afin de faire le meilleur choix et d’adopter les bons réflexes qui peuvent parfois sauver des vies.

D’abord le prix. Attention, il ne faut pas forcément se dire que le plus cher est le meilleur et les prix « abordables » sont de mauvais choix. Il est donc intéressant de se pencher sur les crash-tests réalisés (voir liens en bas de l’article (1) «et (2)) avant de se décider pour l’achat d’un siège.

Ce qu’il faut se poser comme questions c’est : «Quel siège auto sera adapté à mon style de vie, à mon modèle de voiture, à mon enfant ? » Et ensuite, «  Comment sécuriser mon enfant lorsque je l’attache dans le siège auto ? »

En effet, l’idéal avant d’acheter un siège auto c’est de l’essayer dans votre véhicule (si cela vous est possible). Vous constaterez ainsi la place qu’il prendra dans votre véhicule et SURTOUT l’inclinaison qu’il aura en fonction de l’inclinaison de votre assise de banquette, un détail non négligeable ! Souvent les parents achètent un siège auto de très bonne qualité mais ont une banquette arrière inclinée et du coup lorsque leur enfant est dos à la route, sa tête part en avant. Ce qui est non seulement inconfortable pour l’enfant lorsqu’il s’endort mais également parfois dangereux pour sa sécurité.

Venir avec son enfant pour l’installer et voir s’il s’y sent bien et si le dos et la tête ont une belle posture serait l’idéal. Il existe des sièges auto pivotant pour soulager le dos des parents, des sièges auto avec bouclier pour les enfants qui ont tendance à s’ôter systématiquement les harnais (et qui sont souvent mieux notés en matière de sécurité) mais surtout les parents devront choisir entre deux normes en vigueur en France actuellement.

L’ancienne norme R44 où le dos à la route est obligatoire jusqu’aux 9 kilos (avec ou sans isofix) et la nouvelle norme R129 (depuis 2013) où le dos à la route est obligatoire jusqu’au 15 mois minimum (en isofix uniquement).

Si vous choisissez l’ancienne norme, attachez CORRECTEMENT le siège auto et laissez votre enfant le plus longtemps possible dos à la route, c’est déjà très bien. En effet, le fait de laisser son enfant dos à la route permet en cas d’accident de réduire la pression sur la nuque de l’enfant. Ne vous dites pas que votre bébé de 4 mois faisant déjà 9 kilos peut passer face à la route. Un bébé de 4 mois n’a pas les mêmes capacités physiques qu’un bébé de 9 mois par exemple. Plusieurs vidéos de crash test le prouvent. Une vidéo de sensibilisation sur le dos à la route est par ailleurs disponible sur internet : https://youtu.be/AxAumBBm-h4 . Cette vidéo permet de constater l’importance de laisser son enfant dos à la route.  (Le dos à la route est 5 fois plus sûr).

De plus, la plupart des coques (Cosy) sont utilisables jusqu’à 13 kg, et sont bien plus sûres que les nacelles, qui ne maintiennent pas les cervicales de bébé en cas de choc.

Si vous choisissez la nouvelle norme, sachez que vous devrez laisser votre enfant dos à la route jusqu’au 15 mois MINIMUM. Il s’agit de la norme I-size. A titre d’exemple, de nombreux pays se sont déjà habitués à laisser leur enfant dos à la route jusqu’aux 4 ans, alors pourquoi pas nous ? C’est une question d’habitude comme de porter une ceinture de sécurité. Et pour ceux qui souhaitent jeter un coup d’œil à leur enfant, sachez qu’il existe des rétroviseurs que l’on accroche sur l’appui-tête arrière. Cette nouvelle norme répond à des critères de performances plus sévères et assure une meilleure protection latérale.

A partir de maintenant (janvier 2017), les rehausseurs avec dossiers sont obligatoires pour les enfants de moins de 10 ans ou pensant moins de 36 kg ou mesurant moins d’1m35.

Ensuite quel que soit le siège auto, il y a des règles à respecter que peu de gens connaissent et qui pourtant peuvent sauver des vies… En France, 2 enfants sur 3 ne sont pas correctement retenus en voiture. Environ une centaine d’enfants blessés et un décès par semaine (source Voiesur avril 2015).

Voici donc quelques petits trucs à connaître :

  • Même si dans la pratique ce n’est pas évident (et j’en sais quelque chose !), enlevez toujours le blouson  votre enfant avant de l’attacher. Le rembourrage du blouson ne permet pas une tension des harnais suffisante pour maintenir l’enfant au siège en cas d’impact. (Prévoyez plutôt des couvertures enveloppantes prévues pour les sièges auto).
  • Les sangles doivent être suffisamment tendues. Il doit rester l’espace de faire passer sa main entre le torse de l’enfant et les harnais, pas plus.
  • Les harnais doivent démarrer au-dessus des épaules de l’enfant et non pas au milieu dans son dos si l’enfant est face à la route, à hauteur de l’épaule ou juste en-dessous s’il est dos à la route.(http://www.securange.fr/bien-installer-son-enfant)
  • Les harnais et la ceinture ne doivent pas vriller.
  • Évitez de laisser des objets sur la plage arrière.
  • L’airbag doit être désactivé si le siège se trouve dos à la route côté passager.
  • Changez de siège après un accident car il y a une possible perte d’efficacité (comme le casque de moto).

Des café-parents sont organisés à l’école des parents de Nice à ce sujet pour les parents qui souhaitent entrer plus dans les détails (https://www.departement06.fr/enfance/ecole-des-parents-2546.html).


Quelques liens utiles :

Entrevue : praticienne hypnonaissance

Heike Taurines a répondu à notre questionnaire destiné aux professionnels qui souhaitent faire connaître leur métier à nos lecteurs et lectrices.

Elle souhaite attirer l’attention sur l’HypnoNaissance®, qui peut aider à vivre une grossesse plus heureuse, à créer un lien avec le bébé, et à renforcer le lien dans le couple qui entreprend ensemble cette extraordinaire aventure d’attendre un enfant.

Le père découvre son rôle tellement important. Au lieu d’être un simple spectateur, il aidera sa femme activement pendant la grossesse et dans son travail.

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Praticienne hypnonaissance

 

Pouvez-vous définir votre métier ?

Je suis praticienne certifiée du HypnoBirthing Institut des USA, (Appellation française déposée : HypnoNaissance®). Mon travail consiste à un accompagnement non médicalisé de la grossesse. En 5 cours de 2 heures à 2 ½ le couple apprend à éliminer le syndrome : Peur = Tension= Douleur, qui crée la douleur à l’accouchement,  pour atteindre l’état de relaxation profond, qui est nécessaire pour un accouchement sans douleur.

Quelles sont les différents domaines dans lesquels vous intervenez ?

Préconception, accompagnement de la grossesse, introduction à l’hypnose, présence à l’accouchement  (sur demande uniquement)

De quelle manière intervenez-vous ?

J’organise des ateliers découverte HypnoNaissance®, je donne des cours collectifs à Fréjus (ou ailleurs sur demande), et des cours privés au domicile des couples.

Quand et pourquoi peut-on être amené à venir vous consulter/rencontrer ?

Si le couple souhaite un accouchement naturel, non (sur)-médicalisé, en douceur,  conscient, plus facile et souvent sans douleur, l’HynoNaissance® peut leur donner les outils. Si le couple souhaite que leur bébé évite un traumatisme à la naissance, HypnoNaissance® peut les aider, car le bébé participe activement à sa naissance, qui influencera toute sa vie.

Quelles est la formation à suivre pour exercer votre métier ?

Formation en HypnoNaissance par l’Institute HypnoBirthing aux USA, soit par leur représentante en France. L’Institute exige chaque année un renouvellement du certificat par une sorte d’examen.

Comment/pourquoi avez-vous décidé de faire ce métier ?

Je travaille déjà pour une association de l’Education prénatale pour donner des infos à la société en général sur l’importance de la période prénatale, car tout ce que la future mère vit, l’enfant le vit à travers elle. Si le couple est bien informé, il peut en toute connaissance choisir les meilleurs  éléments physique et psychique pour le développement optimal de leur enfant. La science nous confirme aujourd’hui par l’épigénétique que l’environnement détermine l’expression ou la non-expression des gènes. Et le premier environnement d’un être humain est l’utérus.

Cartographe

Par F.R.

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De la liberté d’aimer la Reine des Neiges

Par Vicky

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En début de saison, et à défaut d’avoir pu récupérer des vêtements d’occasion pour les enfants1, je suis allée faire les magasins avec mes deux petits lutins, de 3 et 6 ans. Je leur ai proposé de choisir ce qui leur plaisait. Et ce qui devait arriver arriva : on s’est retrouvés avec des t-shirts Reine des Neiges, Spiderman, Avengers, avec des caleçons Star Wars…

Et en fait… fin de l’histoire ! Parce que cet article a précisément ce but-là : passer le message que nos enfants ont le droit à leurs goûts et leurs opinions, aussi éloignés soient-ils de notre monde de référence ou de l’éducation que nous souhaitons leur donner.

Bien sûr que je fais partie des parents qui ne souhaitent pas donner une éducation sexiste et genrée à leurs enfants. Que dis-je « ne souhaitent pas » ? Il en est hors de question, on déteste ça, on milite même pour le contraire, brandissant en guise d’étendard notre bébé garçon habillé en rose et notre petite fille déguisée en pirate. Oui j’ai fait partie de ces parents et je trouve que ce combat est louable et doit être mené. Mais pas à travers les enfants ni à leur dépens. Comme tous les combats en fait, d’une façon générale je considère que nos enfants n’ont pas à être transformés en revendications politiques, ça devient de l’instrumentalisation. Et nous ne voulons pas ça, n’est-ce pas ?2

Alors que je laisse plutôt pas mal de liberté à mes enfants quand à leur façon de s’exprimer, bizarrement lorsque des propos « sexistes » sortaient de leur bouche, j’avais un peu tendance à leur tomber dessus : « Comment ça ce n’est pas pour les filles ce jouet ? A quoi tu vois ça, je peux savoir ? » ou alors à moraliser à fond « Les couleurs sont pour tout le monde, tu n’es pas obligé de te conformer aux normes, chacun met ce qu’il veut et ceux qui disent le contraire ce sont des idiots finis et rétrogrades ! ». Enfin, vous voyez le genre (hmmm…) ! Et j’y croyais dur comme fer que je devais faire mon boulot de mère féministe, qui ne veut pas de ces considérations chez elle. Et puis je me suis souvenue. Et après j’ai compris. J’ai compris ce qui était l’évidence même : l’importance de la liberté de choix et du respect des opinions de l’Autre. Mon enfant c’est un Autre. Cette réalité peut être vraiment très douloureuse à admettre, mais elle est pour moi la base de la parentalité bienveillante.

Je me suis souvenue donc, que quand j’étais enfant, le féminisme s’était invité chez-moi aussi. Je suis née en Grèce dans les années 80, il y avait encore grandement besoin d’être féministe3. Sauf que cela était le problème de ma mère (et de mon père accessoirement) mais pas le mien. Ainsi j’ai dû essuyer un certain nombre de phrases méprisantes quand mes choix n’étaient pas en adéquation avec les aspirations féministes de ma mère : tu n’as pas besoin de mettre une robe, les pantalons te vont très bien et ils sont plus pratiques, le maquillage c’est pour les grandes, ne sois pas ridicule, les poupées c’est pour les fifilles… D’une manière générale, ce que j’en ai retiré c’est que tout ce qui s’apparentait à la féminitude à mes yeux d’enfant (et pouvait éventuellement me faire envie) était pour les nazes. Et comme je n’étais pas une naze et qu’il était hors de question de le devenir, bah ces opinions-là sont devenues les miennes, et moi aussi je snobais le rose, moi aussi je snobais les filles un peu trop féminines (entendre : qui portaient des robes et qui avaient une belle coiffure), moi aussi je trouvais ça d’une débilité sans fond de jouer aux Barbies. Moi, je suis devenue ce qu’on appelle un garçon manqué. Qu’on ne vienne pas me dire que celle-ci est une éducation non-genrée ! Pourtant ma mère voulait exactement le contraire, voulait que je puisse considérer que tout est possible, et que mon genre ne m’interdit rien, qu’être fille ce n’est pas un frein. Et curieusement, être fille m’a empêchée de jouer aux poupées et à la dînette, de porter des robes à volonté et de me mettre du vernis à ongles de temps à autres. Parce que ces trucs-là c’était pour les fifilles. Et être fifille signifiait (pour ma mère) s’enfermer dans un monde d’apparences et de clichés machistes dont elle ne voulait pas pour sa fille ! Les peurs et les convictions de ma mère ont façonné son combat. Et moi je suis devenue à la fois le but et l’instrument du combat, au grand dam d’une certaine expression de ma féminité.

Vous pouvez alors imaginer combien ça a été douloureux pour moi de voir ma fille basculer en mode « princesse » vers l’âge de 2,5 ans. Tout en la laissant faire, j’exprimais ma désapprobation, voire mon mépris, pour ce modèle-là, par des petites phrases, tantôt dites à l’enfant, tantôt à l’assistance, qui ne devait surtout pas croire que je cautionne ça, moi, ex garçon manqué et mère féministe. Et puis bizarrement, lorsque mon fils a commencé à mettre les bijoux de sa sœur, ses barrettes et ses robes de princesse, c’était OK pour moi et surtout qu’on ne vienne pas me chercher pour me dire que « c’est un garçon » ! Mais alors ça veut dire que… mais oui (putain), ça veut dire que les peurs de ma mère sont aussi les miennes et que je suis en train de transformer mes enfants en outils de revendication sociétale, exactement comme elle l’a fait avec moi (putain) !

Ma fille, depuis deux ans, n’a pas mis un seul pantalon pour aller à l’école. On nous a demandé un jeans l’année dernière pour le spectacle de théâtre, sa prof a été très étonnée d’apprendre que ma fille n’en avait pas ! C’est robe toute l’année, qu’il vente ou qu’il pleuve, d’ailleurs elle m’a dit à ce propos : « le froid est pour moi le prix de la liberté ». Et l’année dernière c’était bijoux en plus : bague, collier, bracelet, boucles d’oreilles, parfois couronne sur la tête. Je n’ai jamais rien dit de méprisant, je l’ai laissée vivre ce qu’elle avait à vivre, explorer ce qu’elle avait besoin d’explorer à travers ce comportement vestimentaire. Besoin d’appartenance ? d’affirmation de sa différence vis-à-vis de moi ? de briller de mille artifices ? Je dis oui à tout. Je dis oui au droit de ma fille d’être celle qu’elle choisit et ce dès son plus jeune âge, j’ai du mal avec la conception âgiste de la liberté.

« Mais alors quand est-ce qu’on éduque ? Jamais ?» me direz-vous. Oui, jamais ! Éduquer c’est aliéner, ce n’est pas moi qui le dis, c’est Alice Miller (et je suis absolument d’accord avec ça). Même éduquer au féminisme c’est aliéner, c’est détourner l’enfant de ce qu’il a l’élan de vivre, d’exprimer, d’expérimenter, à cause de ses propres peurs de parent. Mais avoir des enfants c’est aussi ce partage de valeurs, je ne sauras nier ça, alors comment faire ? En commençant par comprendre que le partage va dans les deux sens et que, naturellement, si vous êtes convaincu.e.s que l’univers de votre enfant – que ce soit les princesses, les chevaliers, les Pokemons – ne vaut pas un kopeck, alors que vous vous détenez la vérité absolue, ça ne va pas marcher : vous allez immanquablement éduquer, c’est à dire projeter sur votre enfant votre personnalité. Si en revanche vous prenez le temps de considérer que cet Autre a un univers différent du votre, un univers qui lui procure plaisir, sécurité, confiance etc., et que vous avez envie de partager ça avec le petit Autre, là vous pourrez être authentiquement vous, avec vos besoins et aspirations, sans craindre d’aliéner cet Autre. Parce que là, vous pouvez toujours dire « moi je préfère me déguiser en dragon et je te prends sur le dos ma princesse, on va faire la tournée des bars, euh, des magasins de bonbons bio ! ». Vous voyez ? C’est très différent que de dire « les princesses c’est nul ». L’idée c’est d’exprimer son opinion sans dévaloriser celle de l’enfant.

En parentalité bienveillante on parle énormément du respect des besoins des enfants. Je pense que l’on peut y inclure celui-ci : j’ai besoin que tu me laisses traverser différentes phases autour de la construction de mon image et de mes goûts, aussi kitsch et contraires à tes convictions celles-ci puissent être. Seulement comme ça je pourrai me construire selon qui je suis moi, sans être aliéné.e par toi. Ton influence est de toute manière énorme, vu que je vis avec toi, que tu es ma figure d’attachement et que je te modélise énormément. Ça laisse déjà peu de place à ce qui est authentiquement à moi, préserve cette place de ton influence, s’il te plait.


  1. Acheter d’occasion permet de préserver des ressources.
  2. Cette vidéo illustre un peu ce que je veux dire. C’est peut-être sincère mais j’en doute quand même beaucoup. Et au lieu d’y voir une jeune fille éveillée, j’y vois plutôt une enfant-perroquet, complètement instrumentalisée. Mais peut-être que je me trompe.
  3. Il y a toujours besoin d’être féministe, en Grèce et partout dans le monde.

Appel à contributions

Bonjour à vous tous, lecteurs de ce site !

Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles contributions… N’hésitez donc pas à nous envoyer vos productions, qu’il s’agisse de petites BD, illustrations, articles… Si vous avez lu notre site et qu’il vous semble que ce que vous avez créé entre dans notre ligne d’idées et nous enrichira, envoyez-le-nous par mail. Nous vous tiendrons informé d’une publication prochaine et vous en serons très reconnaissantes. Nous aimerions préciser que nous sommes toutes bénévoles et que nous n’avons malheureusement pas de budget pour rétribuer des auteur.e.s.

Tous les thèmes sont bienvenus, mais si vous préférez, voici une liste de pistes plus ou moins précises dont vous pouvez vous inspirer.

N.B. : la plupart des questions sont formulées de manière neutre et s’adressent aussi bien aux mères qu’aux pères (et les articles rédigés par ces derniers sont si rares que je me permets d’insister sur la richesse qu’ils nous apporteraient !)

AVANT LA CONCEPTION

Prise de décision : quand et comment avez-vous décidé de devenir parent ? Quels ont été vos préoccupations, vos doutes, votre excitation, vos attentes, votre impatience… ?

Quand bébé ne vient pas : racontez-vous votre parcours difficile, les difficultés rencontrées, le soutien éventuellement trouvé (ou pas), les réactions de votre entourage, votre ressenti, le vécu de la situation à l’intérieur de couple…

GROSSESSE/EN ATTENDANT BÉBÉ

Le vécu de la grossesse : comment avez-vous souhaité ce moment ? Aviez-vous envie de solitude, de tout découvrir par vous-même, au contraire recherchiez-vous les conseils et de la part de qui, avez-vous cherché à vous documenter, sur quels sujets en particulier, par quels moyens ? A posteriori regrettez-vous la manière dont vous avez réagi à ce moment-là et dans quels domaines, ou au contraire est-ce encore ainsi que vous feriez aujourd’hui ?

La perte d’un bébé avant ou autour de sa naissance. Comment avez-vous dépassé cette épreuve, où et comment avez-vous pu trouver (ou pas) du soutien et de l’accompagnement, ce que vous auriez souhaité à ce moment-là…

Vos questionnements et angoisses en attendant votre 2e/3e… enfant ?

Comment avez-vous ressenti l’implication de votre conjoint(e) lors de cette grossesse ? Auriez-vous eu des attentes différentes ? Les lui avez-vous formulées ? Qu’est-ce qui a changé dans votre couple durant cette attente ou après la naissance ?

La nouvelle de la venue d’un enfant différent : comment avez-vous réagi à cette nouvelle ? Quel a été votre parcours, les réactions autour de vous, votre ressenti.. ?

Les réactions de l’entourage et les commentaires pendant votre grossesse, en particulier concernant l’accouchement : qu’avez-vous entendu ? Comment l’avez-vous vécu, qu’avez-vous répondu ou non ? Comment ces phrases vous ont-elles influencé ou pas… ?

NAISSANCE

Récits d’accouchement. Où avez-vous accouché ? Était-ce un choix par défaut, ou bien une décision réfléchie ? Aviez-vous des craintes, des attentes, des espoirs autour de cette naissance ? Ont-ils été comblés ou déçus ? Comment aviez-vous ou n’aviez-vous pas préparé ce moment ? Quels sont vos regrets et/ou vos satisfactions vis-à-vis de ces attentes ? Vous êtes-vous sentie soutenu(e) ou seul(e) à ce moment-là, et cela vous a-t-il satisfait ou fait souffrir ? Y a-t-il des points précis que vous auriez souhaités différents ?

Accouchements internationaux : dans quel(s) pays avez-vous accouché ? Quelle est la norme dans ce pays (style de préparation, choix du lieu, accompagnement, vision de l’événement, prix et différences…) ? Étiez-vous en adéquation avec cette norme, ou bien avez-vous recherché quelque chose de différent ? Si vous avez vécu plusieurs accouchements dans différents pays, pouvez-vous nous faire partager quelques comparaisons ?

NOURRIR BÉBÉ

Aviez-vous une décision ferme d’allaiter, une préférence, ou un refus ? Vous en êtes-vous tenu à cette première idée, ou celle-ci a-t-elle changé après la naissance ? Quelle qu’ait été la manière dont vous avez nourri votre enfant, était-ce conforme à votre choix du moment et cela vous a-t-il satisfait, ou est-ce que cela s’est fait par défaut ? Vous êtes-vous senti soutenu, critiqué, abandonné… ?

Témoignages de pères : comment votre enfant a-t-il été nourri ? Quelle a été votre part à cette décision ? Avez-vous des regrets, auriez-vous souhaité quelque chose de différent ? Vous êtes-vous senti impliqué dans l’alimentation de votre enfant et à partir de quel moment ?

PREMIERS MOIS DE BÉBÉ

Comment la nouvelle vie à trois vous est-elle apparu ? Qu’est-ce qui a changé dans votre vie, votre couple, votre vision du monde… ?

Si vous avez plusieurs enfants, comment avez-vous vécu l’arrivée du suivant ? Comment s’est fait la transition avec un enfant de plus ? Comment l’aîné ou les aînés ont-ils réagi ?…

Les nuits, trucs et astuces, doutes, difficultés, récits, changements dans le temps… Comment êtes-vous installés (chambres à part, cododo, etc.), comment en êtes-vous arrivé à cette manière de faire, quelles sont les réactions de votre environnement… ?

Premiers pas, début de l’autonomie : votre vécu, vos réactions, celles de votre conjoint, les changements, vos adaptations…

ÉDUCATION ET COMMUNICATION

Quel type d’éducation avez-vous reçu ? Avez-vous réfléchi à cela avant la naissance ou lors de l’évolution de votre bébé ? Quels souhaits avez-vous formulé quant à la manière dont vous souhaitiez élever vos enfants ? Avez-vous lu des livres, laissé parler votre instinct… ?

Au cœur du couple : comment avez-vous abordé le sujet ? Est-ce un sujet de conversation, ou un lieu de désaccord ? Comment avancez-vous avez cela ?

Élever un enfant différent : difficultés particulières et difficultés habituelles… Rencontrer d’autres parents, obstacles ou facilités de ces rencontres… Accompagnement ou solitude…

Quand et de quelle manière avez-vous ressenti une communication vraiment personnelle avec votre enfant ? Comment s’est fait son entrée dans le verbal ?

Témoignages de parents ayant utilisé les Signes avec bébé.

Votre enfant et les livres : quand avez-vous commencé à lui raconter des histoires, quel plaisir y avez-vous pris ou pas ? Et l’enfant ? Votre relation aux livres, la sienne…

Témoignages de parents d’enfants bilingues (ou plus) : situation linguistique et culturelle de la famille, craintes et espoirs, entrée de l’enfant dans la ou les langues, difficultés et richesses rencontrées…

DIVERS

Les objets incontournables ou inutiles : description, utilisation, critique…

Les jouets préférés de vos enfants (une photo en relation aux jouets préférés à un âge donné plus description de leur utilisation par l’enfant)

Vos livres pour enfants préférés, et les siens.

Bricolage, travail manuel, créations pour ou avec votre enfant : tutoriels, photos, explications, descriptions, avis…

L’alphabet et le dessin de bonbons

Par Michela

2014-10-18 13.42.39m

Vivre à deux dans un studio de peu plus de 20 mètres carrés ça signifie limiter les jeux pour Achille aussi au minimum pour ce qui concerne la quantité et la dimension : les blocs de bois pour construire les bâtiments, quelques petites voitures, deux oiseaux qui chantent (ce sont ses jeux préférés), certains Schtroumfs (qui étaient les miens, soigneusement préservé depuis presque trente ans !). En plus on tient à disposition quelques matériaux créatifs : la pâte à modeler, les couleurs, du papier de couleur, de la colle… Mais dans certains cas, certains choses pas convenablement créatives peuvent devenir art. Et parfois on peut même manger les créations artistiques ! Comme dans le cas des fruits (voir les « mandala des fruits ») … ou des bonbons !

Un après-midi, en fait, nous avons eu l’idée de transformer les chaînes de réglisse en lettres de l’alphabet.

2014-11-09 17.07.16m

C’était octobre et Achille venait de commencer la maternelle. Je l’ai aidé beaucoup parce que ce n’était pas simple comme activité pour son âge mais il s’est quand même amusé : dérouler les cordes, regarder les lettres sur le livre en essayent de les recréer, regarder des photos du résultat et puis voir encore et encore la vidéo assemblée par moi, relier à la vidéo la musique en arrière-plan qui devient la bande sonore de cette activité et des émotions qu’elle a suscité…

Après cette expérience, dans les jours suivants nous avons ensuite cherché des bonbons que nous inspiraient par les formes et les couleurs et pendant un week-end pluvieux nous avons créé, cette fois, des dessins et une histoire.

(La voix qui décrit celle là est en italien et a le volume un peu faible.)

On nous a demandé si on a lu ces activités quelques part. En fait ce sont des activités inventées sur le moment… nous faisons simplement en sorte que la fantaisie n’ait pas de contrôle.

Il y a, c’est clair, des inspirations dans toute la question éducative, dérivées par les expériences « naturelles » comme « professionnelles » (je suis éducatrice spécialisée), les études, les idées. J’aime les principes de Maria Montessori, comme l’invite à la manipulation, à l’exploration, à la transformation et le jeux avec des différents matériaux «réels» et pas cher et celui d’éduquer par l’émotion, donnée et prouvée.  <3

Ta naissance

Par Elise 

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Ça a commencé tard dans la nuit vers 5 heures, des contractions différentes, celles qui m’ont dit ça y est, on y est, c’est pour aujourd’hui, c’est un beau jour le 7 septembre… Ton papa et moi on s’est levés tranquilles et heureux, on a fait un tour en ville, on a été dans notre café préféré, sans que les gens autour aient conscience de ce qui se déroulait en moi… J’ai accueilli chaque contraction en douceur, en soufflant, laissant aller ces premières vagues… et c’est dans l’après-midi à notre retour à la maison que tout a basculé, vers notre rencontre avec toi.

Ton papa prépare l’appartement pour ta naissance. Il range, nettoie, organise… Je m’installe dans le salon sur le canapé après avoir tiré les rideaux, allumé une lumière douce. Je suis impressionnée tout d’un coup par l’intensité de ce que je ressens, je suis émue, je me sens seule et perdue, je ne sais plus comment me mettre… Coup de téléphone à A. ma sage femme puis à F. ma doula. Il est 16h. Elles se mettent en chemin. J’appelle à la rescousse ton papa, il était dans la pièce à côté, il va me faire couler un bain. Je m’y installe et je relâche la pression… Les contractions sont toujours là mais je sens rassurée et je me détends.

A. arrive, elle vient me voir et écoute ton cœur, tout va bien… je suis toujours dans le bain, F. arrive à son tour, elle me verse de l’eau chaude sur le corps, je me sens entourée et choyée, et j’ai faim, envie de gnocchis ! Ton papa me les prépare, je mange un peu, et bois du thé, toujours dans mon bain. J’ai envie de sortir, de bouger. Je me sèche, me couvre d’un paréo entre deux contractions, et retourne dans le salon, il doit être doit être 17h30 je pense, mais je commence à perdre la notion du temps.

Je m’assoie sur le canapé, première contraction, je recommence à me crisper, je me réfugie à quatre pattes, je me sens perdue à nouveau, le souffle coupé. F. s’approche avec une écharpe de portage sur les épaules, et me tend un bout pour chaque main. Je m’accroche, je me suspends, elle fait pilier ! Ouf, je libère mon bassin ! Et je peux respirer de nouveau… M’accrocher pour me suspendre et avoir le bassin libre m’aide tellement. Alors à chaque contraction, elle revient, elle est là, je m’accroche… Et entre les contractions, je me relâche, pour un temps de repos… Ensuite c’est ton papa qui me tend l’écharpe et qui me soutient. Et vient le tour d’A., tour à tour ils se relaient, sans avoir besoin de mots, ils sont là. Ils sont silencieux. Ils me soutiennent. Je suis dans mon monde, dans ma bulle. Deux petites lumières éclairées dans la pièce, une s’éteint, soulagement.

Je commence à sentir que je m’épuise, je ne vais plus avoir l’énergie de me soutenir de tout mon poids par la force de mes mains. F. me propose d’aller dans la chambre sur mon lit, sur le ballon. Je ne sais pas trop, j’accepte. On y va, elle me guide, je me mets à genoux, et pose mon corps sur le ballon. Une contraction… j’ai besoin de m’accrocher à quelque chose. Une serviette. Il y a une serviette autour du ballon, c’est bon, je m’accroche ! Je m’accroche de toutes mes forces, à chaque contraction, puis me relâche. Ton papa est à côté de moi. Je m’accroche à lui. Je me demande où je vais, si je vais y arriver. Les contractions sont très rapprochées. Je rêve d’une grande pause pour m’allonger et me reposer ! On essaie entre deux, je m’allonge sur le côté, contre ton papa. Je sens la contraction arriver. Impossible de rester comme ça, impossible, je bondis sur le ballon et je m’accroche… Soudain je perds les eaux.

Ah, ça m’encourage ! Je me dis que tu fais ton chemin, que j’y arrive !! A. écoute les battements de ton cœur, tout va bien… Et ça repart de plus belle, et j’ai confiance. Je sens des picotements dans mon sacrum. Puis je sens que tu es descendue, je te sens derrière, comme si tu allais sortir de mes fesses. Ça ne me surprend pas, j’ai lu des témoignages d’accouchement et les mamans l’ont ressenti aussi. Je me dis que c’est donc une étape de plus de franchie ! Ça me donne du courage ! Et il m’en faut beaucoup… c’est si intense et inconnu !! Moment de doute, je demande à A. si je fais ce qu’il faut, si j’y arrive… elle me rassure, c’est parfait, et ta naissance ne tardera pas… On a fait une bonne partie du chemin ! On me propose de marcher un peu, d’aller faire pipi. Je ne sais pas trop, OK on y va. A peine posée sur les toilettes, je la sens revenir ! La contraction est là, aidez-moi, je veux m’accrocher… Ton papa est là. Je me cramponne à ses épaules. Je retourne dans la chambre, à peine deux mètres à marcher, la contraction est là, je suis debout, comment on fait ?!? Ton papa me tend ses bras, je me cramponne à nouveau. Je suis debout et je me cramponne. Je veux qu’on continue comme ça, je sens que c’est ça qu’il me faut. Debout, face à ton papa, je suis accrochée à ses épaules. À chaque contraction il soutient presque tout mon poids. Il travaille avec moi. F. me propose de poser un pied sur le lit. Allez j’essaie. On y est. C’est là, ça y est, je sens que ça pousse !!! Ça pousse tout seul ! Je me réjouis, je sais que là on est vraiment près du but ! Une autre contraction, ça pousse à nouveau ! Je leur demande si elles te voient, oui ! Elles voient tes cheveux !! Elles me proposent de te toucher… je touche, je crois que je sens ta tête, c’est mou je ne sais pas trop… si si, elles m’assurent que c’est toi ! Alors là j’ai confiance, je sais qu’on y est ! Prochaine contraction… je sens… ta tête sortir !! Ta tête est sortie ! Et maintenant, je fais quoi ??? On va attendre tranquillement la prochaine contraction me dit A.. Elle écoute ton cœur… tout va bien, tu n’es pas du tout perturbée… Il est 21h30. Dernière contraction, bloup tu sors ! Ton corps est sorti si vite, en un instant ! Je me retourne, et je te vois enfin, et je te prends dans mes bras…

S’allonger sur le lit, t’avoir contre moi, être là, à trois. On se pose, on apprécie chaque instant. Ressentir ton petit corps, toucher ta peau, t’entendre respirer. Au fait ! Tu es… une… fille !! On avait eu envie d’attendre de ta naissance pour le découvrir… quel bonheur ! Les moments suivants sont un peu flous, mélangés dans ma mémoire… Certains détails sont bien nets. Je te revois t’essayer à téter pour la première fois… Ton papa couper le cordon, un moment après qu’il a cessé de battre… Ton placenta sortir, quel soulagement !! Je me détends. F. me demande quel est ton prénom. Annabelle… On se repose à trois. A. et F. se sont éclipsées dans la pièce à côté. Puis A. m’a examinée, mon périnée va bien, pas besoin de point, ouf ! Elle t’a posée un court instant sur la balance à côté de moi. Tu es allongée contre ma poitrine. On est bien. On est dans notre bulle à 3. Douce première nuit…

Ça marche !

Par Kristel

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Je me « convertis » petit à petit (depuis la naissance de mon deuxième enfant, pardon à ma première) à l’éducation positive, bienveillante, respectueuse, ou ce que vous voulez, du moment qu’il n’y a pas de violence physique ou verbale, d’humiliation ou autre joyeuseté de ce genre, même si ce n’est pas fort et que ça ne fait pas mal.

Non, que ma fille ait été battue, mais elle n’était pas écoutée et respectée dans ses besoins et ses envies comme une personne à part entière. Nous, ses parents, nous savions mieux qu’elle ce dont elle avait besoin, ce qui est vrai pour certains sujets, mais quand même, il y a des limites à la toute-puissance parentale.

Bref, là n’est pas vraiment le sujet. Je voulais juste raconter une petite anecdote pour montrer que mes efforts (parce que oui, pour moi, c’est du boulot) sont récompensés :

Nous sommes un samedi, chez les grands-parents, avec la visite des cousins. Les enfants jouent au jardin après le repas quand vient l’heure de la sieste de mon petit… je me demande déjà comment je vais le convaincre de rentrer à la maison. Mais il a encore vraiment besoin de sieste.

Je vais donc le voir et lui annonce que c’est l’heure de la sieste. Il m’oppose un « non » bien convaincu. Je lui dis que je lui laisse encore deux minutes pour finir son jeu et que je reviens le chercher. Je me vois déjà le prendre de force dans mes bras, l’entendre hurler, se débattre, ce qui risque de tellement l’exciter qu’il ne dormira pas.

Lorsque je reviens, je me mets devant lui, à sa hauteur et je lui rappelle que les deux minutes sont passées. Bien entendu, il me dit encore non, qu’il ne veut pas faire la sieste. Et là, dans un sursaut de lucidité (et sans doute une illumination-souvenir de ce que j’ai lu dans un bouquin sur la parentalité positive), je lui demande quel livre il veut lire avant la sieste, T’choupi ou Peppa ? Et oh miracle ! Le voilà qui me donne la main et m’accompagne à l’intérieur, droit vers sa chambre et ses livres ! Et là, après le rituel habituel, un coucher dans le calme et un endormissement simple et rapide. C’est tellement plus valorisant pour tous les deux qu’une démonstration de ma force.

Et me voilà, débordante d’amour et de reconnaissance pour ce petit bout qui me montre combien j’ai raison de me remettre en question chaque jour, de m’informer, de ne pas rester enfermée dans les schémas des autres mais de me construire avec lui et sa sœur dans mon rôle de parent, en me faisant confiance et en leur faisant confiance à eux.

C’est génial d’être une maman. Fatiguant. Mais génial. Surtout quand ça marche…

L’hygiène naturelle infantile (HNI)… voilà pourquoi et comment on a fait !

Par Elise

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Puisque beaucoup sont étonnés voire intéressés par notre pratique, voici quelques précisions 🙂
Je trouve primordial de comprendre avant tout que ce n’est PAS une méthode d’apprentissage de la propreté, juste une autre façon de prendre soin des fesses de son bébé.

On a eu envie d’essayer parce que…

du côté des bébés :
– les bébés HNI ne perdent pas leur conscience d’éliminer comme le font les bébés en couches, et donc n’ont pas à apprendre plus tard ce qui est naturel pour eux depuis le départ, soit avoir les fesses propres et sèches et ressentir quand ils ont besoin de faire pipi ou caca.
– ils n’ont pas l’habitude de rester dans leurs excréments
– ils n’ont pas d’érythèmes fessiers
– ils deviennent autonomes pour leur propreté à leur rythme, très progressivement, un peu comme pour la marche lorsqu’on pratique la motricité libre : on ne va pas avoir un bébé qui marche plus tôt, mais à l’aise et confiant.

du côté des parents :
– nous avons une grande satisfaction à avoir ce lien étroit, cette compréhension et cette communication avec notre bébé, dans le prolongement du maternage
– nous sommes ravis à chaque pipi/caca « attrapé » 🙂
– nous ne nettoyons pas de caca étalé partout sur les fesses de notre bébé
– nous ne connaissons pas les couches qui débordent
– nous avons un budget couches remarquablement faible

En pratique…
Depuis la naissance, zéro couche à la maison, juste un élastique type bandeau pour les cheveux à la taille et un lange placé entre les cuisses, histoire qu’on ne soit pas trempé en cas de raté, on change le lange immédiatement, pas de pantalon juste les jambières et des chaussettes, pas de body ou laissé ouvert en bas, tee-shirt.
On propose à notre bébé d’éliminer en la tenant contre notre ventre, les genoux relevés (un peu comme on ferait avec un bambin qui veut faire pipi à l’extérieur), au -dessus du lavabo ou d’une bassine, petit pot, saladier, baignoire, ou dans la nature… et on essuie avec une lingette lavable en coton, ou on rince à l’eau et sèche avec une serviette.
On lui propose au début très très souvent, puis ça s’espace de plus en plus.
On sait qu’elle a besoin quand elle se réveille, quand elle descend de l’écharpe de portage, quand elle s’énerve et qu’elle n’a pas fait depuis un moment…
Lorsqu’elle a besoin, elle répond à nos proposition en relâchant pipi/caca, et sinon pas besoin de mot pour comprendre que ce n’est pas le moment, elle se cambre et râle 😉 Lorsqu’elle est portée en écharpe de portage, elle se retient vraiment bien, on peut la garder un grand moment, et à peine sortie, mega pipi. Tandis que lorsqu’elle est au sol, elle fait plus fréquemment. Les bébés auraient d’instinct pas envie de nous souiller.

Et la nuit…
On fait du cododo. Notre bébé dort sur une alèse lavable carrée de 40 cm de côté, on en a 8, qui tournaient beaucoup au début.
A côté du lit sur une commode, on a un petit pot, des alèses, des langes, et des lingettes lavables. Les bébés ne font pas pipi en dormant mais lorsqu’ils se réveillent. A chaque tétée, je m’assoie, prend mon bébé dans mes bras, enlève un côté du lange, glisse le pot sous ses fesses et elle fait pipi en tétant, et se rendort profondément… Je l’essuie, remet le lange repose le pot et on se recouche. Depuis ses 5 mois je propose beaucoup moins la nuit, elle se retient bien jusqu’à 5/7 heures du matin.

A l’extérieur…
On utilise des couches lavables et des vêtements faciles à enlever, et on continue de proposer régulièrement comme à la maison. On a fait les toilettes des restaurants, des aéroport, de l’avion, des galeries commerciales, les parcs…

Chez la nounou, elle est en couches lavables. Je lui propose en arrivant sur place, elle passe la journée en mode « classique » et à peine arrivés le soir à la maison on enlève la couche !

On me demande aussi si ce n’est pas fatiguant. Je ne trouve pas. C’est sûr que ça va de pair avec le maternage proximal, mais pas au-delà. Je ne me sens pas sur le qui vive tout le temps parce que je trouve qu’un raté ce n’est pas grave, et que mon bébé grâce à notre pratique se retient bien en général et préfère faire ses besoins tenue en position contre moi que sur elle. Je suis souvent étonnée de voir comme elle est déjà mature.

On a eu depuis le départ un nombre incalculable pipis ratés, en revanche les cacas ratés se comptent sur les doigts d’une main. Aujourd’hui à 8 mois et demi, il est exceptionnel d’avoir un raté la nuit, et occasionnel le jour.

Voilà notre façon, à suivre !

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