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Qu’est-ce que la parentalité positive ?

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Voici un ensemble de définitions, personnelles. Ajoutez la vôtre ?


 

Angélique :

Le bien-être de la famille. Comprendre son enfant, ses besoins, ses envies, ses refus…
Apprendre la patience à son enfant : tout vient à point :))
Voir le verre à moitié plein et non à moitié vide, l’enfant sera tout autant positif dans sa façon de voir la vie, sa vie :)))
Voilà pour mon point de vue.

 

Marine :

Pour moi, c’est se remettre en question, voir l’enfant autrement, essayer d’avancer en l’accompagnant. Main dans la main plutôt que face à face. C’est aussi avoir des objectifs précis, comme des challenges, essayer de s’améliorer. Zéro fessées, du dialogue. Essayer parfois des choses farfelues, mais qui fonctionnent. S’affranchir du regard des gens qui font autrement et pensent que forcément c’est mieux (ils n’en sont pas mort, la vie est dure il faut leur apprendre, bla-bla-bla). Pour moi c’est surtout lié par plein de petites ficelles à plein d’autres notions, comme le maternage, l’allaitement, le portage, la DME, la LSF, les couches lavables, le cododo, un côté aussi « responsable / écolo / bio », l’IEF, et sûrement d’autres que j’oublie ou que j’estime déjà englobés. Oui en fait je pense que c’est être parent acteur ou parent actif, comme être un peu militant ou à contre courant, c’est s’informer discuter, découvrir, se poser encore des questions. Enfin je déborde sans doute de la simple notion de « parentalité positive ».

 

Kristel :

La parentalité positive, c’est pour moi une façon de voir son enfant comme un être humain à part entière, avec ses désirs, ses peurs, ses besoins. Et essayer d’en tenir compte avec empathie et amour.

L’aider à grandir en se posant toujours la question : qu’est-ce que je souhaite lui transmettre ? Quels exemples de relations humaines je souhaite lui donner ?

Et non pas considérer un enfant comme un être dépourvu du droit de choisir, de penser par lui-même.

La parentalité positive c’est accompagner son enfant vers l’avenir, vers l’autonomie, sans chercher à le dresser.

Mais ce n’est pas toujours facile !

 

Vicky :

La parentalité positive est une nouvelle façon de considérer la famille: c’est vivre en famille sans rapports de force. Sans ces réflexes éducatifs qui nous amènent à considérer les enfants comme des êtres fautifs à corriger à tout prix. C’est une parentalité épanouissante dans l’amour, le partage et la reconsidération de nos positions de vie d’adultes. C’est le respect plein et entier, inconditionnel et non négociable de l’enfant en tant que personne différente, avec ses codes, besoins et représentations du monde propres. C’est aussi l’abandon de l’idée de possession et d’ascendant sur l’enfant. C’est ne pas se reconnaitre d’autre droit sur lui que celui de le protéger et de l’aider à se construire, quand bien même cela doit passer par l’intégration des codes sociaux. Et c’est aussi se renseigner, lire, apprendre et être humble en matière d’éducation, ne pas avoir la prétention de savoir faire instinctivement…

 

Cécile :

Pour moi, la parentalité positive c’est quand tout le monde est gagnant dans la relation, parents comme enfants, et qu’on arrive à sortir des schémas classiques de conflits et de luttes de pouvoir.
J’y vois aussi une part importante de joie, de gaieté et de petits bonheurs, dont on s’éloigne malheureusement facilement quand on est pris dans le tourbillon du quotidien.

 

Lise :

Pour moi, ce terme de « positif » se décline selon plusieurs définitions très proches des mots :

Tout d’abord, au pied de la lettre, j’entends le fait d’être positif dans sa parentalité dans le sens d' »optimiste », du fait de prendre les choses du bon côté. Je trouve que l’on entend et lit souvent des expressions négatives quant au fait d’être parent (tu n’as plus de temps pour toi, tu passes ton temps à faire le gendarme, fini tout ce que tu faisais avant) et des enfants en soi (un vrai démon, qu’est-ce qu’il est soûlant, oui là il n’a pas l’air, mais si tu le voyais quand il…, etc.) Bref, je regrette que verbalement, la parentalité soit souvent vécue de manière si pessimiste et sombre… ce qui ne peut qu’accompagner et influencer le quotidien. Premièrement, donc, être positif dans sa parentalité, c’est mettre en avant les bon côtés de son enfants, les bons côtés du fait d’être parent, c’est aller vers le haut…

Etre positif, ensuite, c’est être constructif, considérer au maximum les événements de la parentalité comme n’étant pas de simples « caprices » du destin qui nous a mis « un enfant pareil », ou de l’enfant, mais comme des situations ayant un sens qui demande à être réfléchi, personnellement, en couple et avec l’enfant. Cela aidera  d’une part d’être le moins souvent possible pris au dépourvu, et d’autre part trouver des solutions quand nécessaire. C’est aussi être constructif vis à vis de son enfant, et se demander sans cesse si la manière dont on agit avec lui permet de s’épanouir dans sa personnalité, c’est essayer autant que possible d’éviter tout ce qui pourrait être destructeur dans le développement de ses compétences affectives et intellectuelles, c’est, dans le difficile cheminement de la découverte de la parentalité, chercher à semer un chemin favorable pour soi, pour sa famille, et pour ses enfants.

Enfin -et surtout-, j’entends un sens résonnant comme « gai, léger, heureux ». Car, faisant écho à ma première définition, je crois sérieusement que l’idée et le langage influencent le quotidien et vice versa. Il me semble, au hasard de mes observations citadines, que les parents qui ne crient pas, ne menacent pas, ne semblent pas stressés, bref qui s' »entendent bien avec leur enfant », sont aussi des personnes avenantes, souriantes, drôles, qui semblent joyeuses, satisfaites, sereines (et les enfants aussi)… Je ne sais pas qui de la poule ou de l’œuf est arrivé le premier. La positivité entraînerait-il la positivité ? Probablement, et dans ce cas, elle est ouverte à tous.

Plus concrètement, la parentalité positive, oblitérant d’emblée tous les commentaires négatifs que l’on peut entendre autour de soi (ne lui donnez pas de mauvaises habitudes, ne vous laissez pas marcher sur les pieds, il fait cela pour vous embêter, il vous teste, l’enfant est un tyran qu’il faut mater au plus vite…) , permettra de s’orienter vers les biais plus simples et plus plaisants de ce qu’offre le fait d’être parent. Ainsi, portage à volonté (libère les mains, offre complicité), cododo (évite de se lever la nuit, offre complicité), communication bienveillante, signes, jeux (facilite la compréhension, offre… complicité !), allaitement et diversification menée par l’enfant (facilitent le côté pratique, évite les calculs, les préparations, etc., et offre… oui !).

 

Marie :

A mon sens, « positive » ne doit pas s’entendre comme à l’opposé de quoique ce soit. Il n’y aurait pas une bonne parentalité et une mauvaise parentalité : il y a des choses qui correspondent à telle ou telle famille. Je conçois la parentalité positive comme une mise en mouvement, quelque chose qui implique un effort : une volonté de remettre en questions nos pratiques éducatives, leur bien-fondé, de ne pas faire par défaut mais en conscience.

Pour moi, la parentalité positive est la recherche d’un vivre-ensemble joyeux et le plus serein possible.

Je mets dans l’idée de parentalité positive tout ce qui a trait à l’éducation non-violente, au parentage proximal, ludique et inconditionnel (voir en particulier Alice Miller, John Bowlby, Lawrence Cohen et Alfie Kohn).

 

Des histoires de pandas

Par Marie

Maintenant que Petit-puce va un peu à la crèche, elle a mille doudous, et pas toujours des peluches… (dernièrement, elle a dormi avec son flacon de liniment (vide) et la balle prêtée par la copine Sara). Mais la première peluche qui l’a vraiment intéressé c’est un panda. Elle avait 18 mois (les doudous de naissance ont été bien inutiles pour elle…).

Depuis, les pandas, on aime bien.

Je vais vous présenter notre petite collection de livres avec des pandas dedans.

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« Petit panda et le tigre volant » de Renata Liwska

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Grand-père panda raconte une histoire à son petit-fils. « Mais Grand-père, c’est idiot. Un tigre, ça ne vole pas ! » [spoiler : en fait, si]. Un livre tout tendre avec de très belles illustrations.


« Oops et Ohlala » (ou panda-koala selon ma fille) par Mellow et Amélie Graux.

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Une excellente série des éditions Talents Hauts (dont la qualité principale est d’agir pour l’égalité filles-garçons : on en a déjà parlé ici et ). Il existe sur leur site une version sonore des livres (voir par là). La série se présente en version française et en version bilingue anglais ; dans ce cas, les phrases ne sont pas traduites et on alterne juste l’anglais (avec le panda) et le français (avec la koala). La puce dit désormais « Ousp ! » quand elle fait tomber quelque chose !


« Pourquoi les pandas sont-ils noirs et blancs ? » par Karine Tournade et Julie Mellan.

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C’est l’histoire de la légende chinoise sur la couleur du pelage des pandas. Ici, la petite fille ne meurt pas (comme c’est le cas dans la légende) mais se fait enlever par un « méchant léopard des neiges ». Pourquoi ? Comment ? Et puis elle s’échappe. Pourquoi ? Comment ? Vous l’aurez compris, je lui trouve peu d’intérêt narratif.

La maison d’édition, Lire, c’est partir, est une association ayant pour but de favoriser l’accès à la lecture pour tous. A partir de 80 cts le livre (merci Fred pour la bonne trouvaille).

On peut trouver sur internet une fiche de lecture pour travailler sur ce livre.


« Arthur et le dragon » de Elisabeth Duval et Stéphane Sénégas

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Arthur (le panda) se retrouve dans sa nouvelle maison avec ses parents. Il y a des travaux à faire pour s’installer. Mais Arthur a beaucoup d’imagination : le bruit, ce n’est pas la perceuse, c’est un dragon qui hurle ! En comptant son trésor, il s’est coincé une pièce d’or sous l’ongle… Et Arthur a plein d’idées pour le délivrer.

J’aime beaucoup les différents niveaux de lecture de ce livre et l’idée du « pauvre dragon » qu’il faut sauver.

Encore un livre qu’on a acheté après l’avoir d’abord emprunté à la bibliothèque…


« Tchi le panda » de Neil Gaiman et Adam Rex

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Là, c’est Gaiman qui m’a fait acheter ce livre. J’ai découvert cet auteur grâce à sa collaboration avec Terry Pratchett pour « de bons présages » (que je vous recommande très fortement).

« Quand Tchi éternue, c’est la catastrophe. » Et il manque d’éternuer souvent : la poussière des vieux livres de la bibliothèque, le poivre du restaurant… Et quand il éternue enfin, c’est effectivement une catastrophe…

L’histoire est toute simple mais les pseudos-éternuements se prêtent bien au jeu du conteur et les détails nombreux (les souris avec leurs mini-ordinateurs dans les tiroirs de la bibliothèque, la troupe des musiciens de Brême dans le cirque, etc.) permettent de passer du temps sur les images.

(Neil Gaiman présente son livre dans la vidéo ci-dessous)


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Mes meilleurs achats !

Par Lise

Il m’est arrivé d’entrer dans un magasin de puériculture et d’y observer des futurs parents, qui, accompagnés d’une vendeuse, réalisaient leur liste de naissance. Ils couraient d’un rayon à l’autre, tandis qu’elle leur présentait mille objets, tous absolument indispensables… dont, 2 ans après la naissance de ma fille, je ne vois toujours pas à quoi ils auraient bien pu me servir si je les avais possédés (d’ailleurs, voir à ce sujet l’article de Marie). Enfin, par chance, à l’époque, il ne m’était même pas venu à l’idée de faire une liste de naissance !

Pourtant, il y a bien quelques objets qui nous sont vraiment vraiment utiles, et c’est de ceux-là dont je veux parler ici.


1- Le Manduca ! Depuis que la Loutre a 5 mois (avant, elle était en écharpe), et jusqu’à… certainement encore un moment, il est notre compagnon du quotidien. (oui, j’en ai déjà parlé, et… je n’ai certainement pas fini ! Voir ici)

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2- Le Doomoo : acheté vers mes 3 mois de grossesse, ce coussin d’allaitement moelleux et bien rond enveloppé d’une douce housse ne m’a pas quittée. Je l’ai utilisé pendant toute ma grossesse pour dormir enroulée « presque à plat-ventre », autour de lui coincé entre mes genoux et mes coudes, seule position qui m’était supportable. Pendant mon accouchement, il m’a soutenu la tête, pendant mes premières nuits à la maternité il m’a calé le dos et servi à tenir blotti bébé contre moi quand je m’endormais. Il est alors devenu accessoire indispensable de mon allaitement, servant, aidé de quelques autres coussins, à maintenir mon dos, mes coudes et bébé dans une position stable et confortable. Je l’utilise également pour caler bébé et éviter qu’elle ne roule en dormant lorsqu’elle est près de moi. Lorsqu’elle était toute petite et régurgitait, nous avons utilisé le Doomoo comme nid-cale-bébé pour la maintenir un peu surélevée et lui réserver un espace sûr entre nous lorsque nous nous endormions près d’elle. Elle a appris à se tenir assise dans sa courbure, qui amortissait les basculements intempestifs de son petit corps. Et maintenant, eh ! bien à l’occasion je me rendors autour de lui juste pour le plaisir ou l’utilise pour me blottir pour lire… !

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3- La Gourde à paille : bébé-Loutre n’a jamais eu de biberon. D’abord par absence de nécessité puisqu’elle tétait, et ensuite par absence de nécessité (sic !) puisqu’elle savait boire au verre. Mais en déplacement, le verre, ce n’est pas bien pratique. Nous avons essayé toutes sortes de tasses à bec et autres gobelets, qui, au mieux lui servaient d’arrosoir, au pire se renversaient tout seuls dans mon sac, et qu’elle mordillait sans grand résultat. Puis, vers ses 1 an, nous avons découvert la gourde à paille. Bébé-Loutre a très vite trouvé comment aspirer et a adoré ça. Et puis, enfin, il n’y avait plus de fuites, de t-shirt trempé, de sol flaqué ! Deux ans, et la gourde à paille ne quitte pas le sac pour toutes les sorties. « A bwa ! »

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4- La petite poussette : bébé-Loutre a flashé dessus alors qu’elle se tenait debout mais n’osait pas encore se lâcher. Appuyée sur cet objet pourtant pas si stable que ça, elle a découvert la liberté d’aller où elle le voulait, car la petite-poussette est bien plus légère et maniable que tout autre trotteur « fait pour ». C’est avec sa petite poussette qu’elle a trouvé l’équilibre en toute confiance, sans bien se rendre compte qu’elle s’appuyait de moins en mois dessus, voire la soulevait lorsqu’elle rencontrait un obstacle. Et plusieurs mois plus tard, alors qu’elle court partout, bébé-Loutre (qui, pourtant, n’est elle-même pour ainsi dire jamais promenée en poussette…) aime toujours autant pousser sa petite-poussette avec sa poupée dedans à la maison ou en promenade !

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5- La tente anti-UV : nous en avons essayé plusieurs sortes, mais sur celle-ci nous a plu immédiatement. L’entrée se fait par une large ouverture, qui, lorsqu’elle n’est pas fermée par la moustiquaire, donne à la tente presque une forme d’auvent, ce qui permet même à un adulte (et même à deux plus à un bébé !) de s’allonger avec les pieds qui dépassent. Ainsi, à la plage, nous mettons tous les trois la tête à l’ombre, ou alors je peux faire téter bébé bien à l’abri dans le jardin, et même, en nous pliant un peu, nous tenons toutes les deux dans la tente fermée quand les moustiques arrivent. Mais surtout, cette tente magique sert de lit d’appoint. Moins lourde et moins volumineuse pliée (selon le fameux système pop-up) qu’un lit parapluie classique, elle est très pratique à emmener en voyage et se porte en sac à dos (à noter toutefois qu’une fois dépliée, en revanche, elle prend plus de place qu’un petit lit). Son matelas gonflable est identique à ceux que l’on emmène en camping, et donc plutôt confortable. Bébé-Loutre y est si habituée que c’est comme sa petite cabane, cela semble même lui servir de repère rassurant lorsqu’on n’est pas à la maison, et elle apprécie d’y dormir. Encore une fois, pour les tétées nocturnes, je m’allonge à côté d’elle, et le tour et joué !

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6- Le Tuti MP3 : depuis qu’elle est toute petite, bébé-Loutre aime écouter de la musique (voir article sur Mozart à venir) Pour le Noël de ses 14 mois, elle s’est donc vu offrir un lecteur MP3. Parfois, elle l’emmène en voiture, dans son lit ou le promène dans la maison. Trois boutons très simples permettent de le mettre en marche et de choisir le morceau. Ainsi, quand elle ne trouve pas tout de suite le sommeil pendant sa sieste ou que le trajet se fait long, mademoiselle peut mettre sa musique en route, comme jadis j’activais mon… mange-disques 33 tours (mais que je suis vieille !) A noter toutefois que l’enfant ne peut pas modifier seul le volume sonore ni, surtout changer d’album, ce que je trouve un peu regrettable (le Tuti ayant à la base une sorte de visée éducative, il semble que l’objectif soit que l’enfant soit encouragé au maximum à écouter plusieurs fois les mêmes pistes… Cela dit, l’enfant plus grand ou l’adulte peuvent aisément agir sur ces paramètres…) Toujours est-il que c’est un objet qu’elle apprécie énormément, presque un « doudou musical », employé au quotidien.

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Compte-rendu de la Semaine des Langues

Par Lise

En ce mois de novembre 2014, Grandissons, en tant que partenaire du Café Bilingue, a organisé différentes manifestations dans le cadre de la Semaine des Langues. En tant qu’association de soutien à la parentalité, Grandissons souhaite s’ouvrir à la diversité, à la couleur, à la différence et à la richesse de ce que chaque parent, chaque enfant, chaque famille peut apporter.

Des échanges autour du bilinguisme

La semaine s’est ouverte sur une petite conférence-débat animée par une orthophoniste, avec pour thème « élever ses enfants entre plusieurs langues et plusieurs cultures ».

Un Echo-multilingue

Elle s’est poursuivie par un atelier ouvert à tous les enfants et leurs parents.

Six parents de cinq nationalités différentes ont présenté leur pays et leur langue à leur public, l’emportant dans un voyage autour de la salle.

Consuelo nous a parlé du Chili, présentant une épice à l’odeur agréable et une chanson en espagnol.

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Mako a présenté le Japon sur une grande carte, a chanté une chanson à gestes dans sa langue, et montré aux enfants stupéfaits comment réaliser une magnifique boule en origami.

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Annika et Olivia ont fait entendre au groupe comment se présenter en Allemand, puis ont chanté dans cette langue, avant de présenter les animaux et leurs cris avec des figurines et un livre dont les enfants ouvraient les portes.

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Paola a chanté en italien, entraînant dans la danse et les rires parents et enfants.

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Anna a montré des images de l’Angleterre, puis chanté en anglais avant de lire plusieurs histoires aux enfants très attentifs.

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Une table ronde

Deux orthophonistes, un psychologue et une maman dont les enfants ont grandi dans un contexte de migration étaient présents ce jour-là.

Un tHé-multilingue

Pour clore cette Semaine, quelques familles concernées ou intéressées par le multilinguisme et les échanges inter-culturels se sont réunies autour de thé et de gâteaux au Citron Doux parmi les rires des enfants.

Les vœux de Grandissons…

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 Par Marie

J’ai procrastiné, j’ai pensé que j’avais jusqu’à la fin du mois pour écrire les vœux de Grandissons (à écouter en chanson (1)). Vous imaginez maintenant la difficulté dans laquelle je me trouve après le 7 janvier… Après que des terroristes sont venus exécuter des dessinateurs, des journalistes, en pleine conférence de rédaction (2). Après l’horreur aussi des jours qui ont suivis. Il y aura bien évidemment des questions à se poser sur ce qui a été et ceux qui ont été à l’origine des attentats et si je vous invite à voir quelques liens posés ci-dessous (3) ce n’est pas ici le lieu d’en débattre. Il y a pourtant une chose essentielle qui nous réunit dans notre association et dont je veux vous parler aujourd’hui.

Je suis persuadée que, plus que jamais, c’est de bienveillance dont nous avons besoin. D’abord, parce que comme le dit très justement une amie, « l’éducation non-violente n’a jamais fait de mal à personne ». Et comme Olivier Maurel, « […] nous ne croirons jamais que des enfants élevés avec amour et respect, sans châtiments corporels, sans autres humiliations d’aucune sorte, puissent devenir un jour des assassins […] » (4). Ensuite, parce que la seule réponse que l’on peut opposer à la violence, c’est la non-violence.

L’éducation contre l’obscurantisme,

L’amour contre la haine,

La bienveillance contre la violence…

Qu’elle nous donne les plus belles choses, cette nouvelle année, maintenant que nous avons vu le pire. Que l’on s’y aime plus encore. J’espère aussi et je nous souhaite très fort que nous puissions jouir longtemps de la liberté dont nous bénéficions et que cette liberté ne sera pas réduite sous prétexte de sécurité.

Robert Badinter dit : « Sans liberté de la presse, il n’y a pas de démocratie, et même, il n’y a pas de liberté tout court ».

Et demain, moi, j’irai acheter un journal.

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(1) Mais de grâce morbleu, laissez vivre les autres, La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas

Car enfin, la camarde est assez vigilante
Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente… 

https://www.youtube.com/watch?v=SSidr-gXPSc ou bien cette version : https://www.youtube.com/watch?v=-70EXsXhdg0, ou alors celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=lvf2hJXzbuo

(2)  Sigolène Vinson, une des rescapés, raconte : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/13/c-est-charlie-venez-vite-ils-sont-tous-morts_4554839_3224.html et Patrick Pelloux pleure « Ils ont abattus des gens qui étaient en train de parler de la lutte contre le racisme » https://www.youtube.com/watch?v=08sNxvfqN_8

(3) Je vous recommande en particulier de lire Robert Badinter : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/07/robert-badinter-les-terroristes-nous-tendent-un-piege-politique_1175717 et d’écouter Bernard Ghetta http://www.franceinter.fr/emission-geopolitique-geopolitique-479

(4) Sur le site de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire : http://www.oveo.org/on-ne-nait-pas-terroriste-on-le-devient/

Les réflexes éducatifs

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Par Vicky

Lorsque ma fille Stella avait 10 mois à peu près, elle s’amusait à tirer sur les fils de la lampe du salon, précisément parce que je le lui interdisais. A ce moment-là j’étais occupée avec de la paperasse et le message « maman prête-moi de l’attention » était évident mais je ne pouvais pas répondre à sa demande. Pour autant je la trouvais légitime. Ceci dit la répétition de son comportement dangereux malgré la répétition des « non » de ma part a fini par m’énerver (il faut dire que je ne suis pas de nature très patiente, même si avec le temps je m’améliore). J’ai donc attrapé sa petite main et je m’apprêtais à lui mettre une tape dessus. Et je me suis arrêtée aussitôt, avant de le faire. Parce que je n’ai pas pu m’empêcher de me demander pourquoi exactement je m’apprêtais à faire ce geste :

qu’allait-elle en tirer ? Que voulais-je lui apprendre et qu’allais-je lui apprendre ? Qu’est-ce qu’elle allait ressentir physiquement et psychologiquement ? Avais-je le droit de le faire ? Jusqu’où vont nos droits vis-à-vis de nos enfants ? Et surtout et avant tout : qu’est-ce qui m’a poussé moi à le faire ?

Ce moment-là a donné naissance à de multiples 
réflexions et constatations, dont sûrement la plus importante était l’existence de réflexes éducatifs. Et donc la nécessité de s’en débarrasser, de s’en libérer pour tendre vers une éducation réfléchie, choisie, adaptée à ma famille à moi (plutôt qu’à celle qu’ont construite mes parents), qui reflètera mes aspirations éducatives et sociétales. Une éducation qui ne reproduira pas toutes ces choses qui ont pu me faire souffrir en étant enfant, et dont je me souviens très bien. Ma mémoire n’a jamais permis ce genre de rupture d’avec mon enfance. Je n’ai pas oublié le sentiment d’injustice que je pouvais ressentir dans diverses situations, ni l’envie de « me venger », cette frustration d’être toujours l’enfant, celle qui subit ce qui semble bon et juste aux parents et qui sait qu’elle, elle n’aura jamais ce pouvoir vis-à-vis d’eux.

Mes parents n’étaient ni des gens conventionnels, ni des gens bêtes, ni des tyrans. Cela n’a pas empêché les
erreurs et les ratés. Oui c’est inévitable, mais ce qui importe aujourd’hui 
pour l’adulte et le parent que je suis c’est de les reconnaître, de ne surtout 
pas fermer les yeux dessus. J’ai entendu des adultes de la génération précédente 
défendre leurs choix éducatifs en disant « nous on a fait comme ça et nos enfants n’en sont pas morts/traumatisés/malheureux etc. ». J’ai entendu des 
gens de ma génération défendre l’éducation qu’ils ont reçue en disant
« mes parents m’ont éduqué comme ça et je ne m’en porte pas plus mal ». Voilà, tout est bien qui finit bien, on se croirait dans un monde d’adultes bien portants, sains, dans une société qui va dans le bon sens. Et pourtant j’ai plutôt l’impression que la société n’a plus aucun repère qui vaille, aucune valeur réellement humaniste, je vois des adultes névrosés et malheureux dans tous les milieux, sans parler des excès de violence juvénile, du pétard à 13 ans qui ne choque plus personne, de la consommation excessive d’alcool et ainsi de suite. Une société qui va droit dans le mur, avec des jeunes ni bien dans leurs têtes, ni bien dans leurs baskets.  Mais personne ne veut se remettre en question ! Tout le monde a bien éduqué ses enfants, tout le monde a été bien éduqué ! Pourvu qu’on n’ait pas à se poser des questions qui nous 
emmènent à considérer nos parents, nous-mêmes ou nos enfants comme défaillants.

Ma mère pense que du moment où un parent est bienveillant et donne le meilleur de lui-même, on n’a pas le droit moralement de lui reprocher grand’ chose. C’est pourquoi elle n’est pas toujours réceptive à mes « analyses ». Et en effet beaucoup de gens pensent comme elle. Sauf que peu importent les reproches, ce n’est absolument pas là qu’il faut mettre l’accent. Il s’agit d’identifier les problèmes, les erreurs qui ont été faites dans le but de ne pas les reproduire. Certains ressentiront le besoin de faire des reproches à leurs parents, d’autres pas. En tout cas, ce n’est absolument pas l’étape des reproches qui fera de nous des meilleurs parents, c’est la prise de conscience. Il est important de renouer avec ses ressentis d’enfant vis à vis des comportements des adultes. Car si le jugement d’un enfant n’est pas toujours à retenir, les
 ressentis en revanche il faut toujours les considérer. Alors que nous savons respecter (ou faire semblant de respecter) les ressentis d’un adulte, bizarrement ceux des enfants on les calcule beaucoup moins, comme s’ils étaient 
moins importants, moins déterminants, moins décisifs pour leur développement, alors qu’ils en sont le fondement même.

Il y a toujours quelqu’un de bienveillant pour nous dire : de toute façon ce ne sera pas parfait, des erreurs on en fait tous et blablabla. Ce n’est pas une raison pour nous dédouaner, c’est trop facile ! Ce n’est sûrement pas sous prétexte que des erreurs seront faites qu’il ne faut pas tout faire pour les éviter. Alors libérons-nous des nos réflexes éducatifs, des choses que nous faisons parce que « ça a toujours été comme ça », prenons-nous la tête sur le pourquoi du comment, nous pouvons et devons faire mieux que la génération précédente. L’éducation de nos enfants n’est pas à prendre à la légère et l’amélioration de nos sociétés est d’une urgence absolue. Je ne vois pas grand chose qui vaille la peine plus que ça. Car il s’agit bien de peine, comme tout effort de réflexion.

Bisous dodo de Djeco

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Par Fred

C’est un petit jeux rapide qui peut servir de rituel avant le dodo mais pas uniquement. On y joue à 2 : un joueur et un meneur.
Le but du jeu est de piocher des cartes afin de réussir à trouver parmi celles-ci la carte doudou, celle de l’oreiller et de la couverture du personnage (un garçon ou une fille) qui est sur son petit lit pour qu’il fasse un bon dodo ; mais aussi de chanter des chansons, de se faire des bisous, d’esquimau, de papillon, des chatouilles… des trucs qu’on aime bien se faire quand on s’aime !

La règle est à peu près la suivante : le joueur sort tout le contenu de la boite, et installe l’un des personnage sur le petit matelas côté éveillé (les yeux sont ouverts).

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Il commence ensuite à retourner les cartes une à une jusqu’à retrouver les 3 cartes (doudou oreiller couverture).
Et c’est maintenant que le moment trop bien commence, le meneur prend les cartes retournées par le joueur et inflige au pauvre joueur quantité de bisous de chatouilles, de caresses… jusqu’à ce que toutes les cartes gagnées par le joueur soient épuisées.
Une fois que la pile est épuisée on retourne le personnage sur son matelas, côté endormi, et on se souhaite un bon dodo avant de s’endormir.DSC_0385

Nous aimons beaucoup jouer à ce jeux qui nous a été offert par Mamou qui l’a elle-même connu grâce à la cousine Inaya pour qui ce jeux est un rituel du coucher lorsqu’elle passe des nuits chez ses grands-parents.

Les jouets préférés du moment (2)

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Stella (2 ans pile) est désormais capable de passer de plus en plus de temps avec un même jouet, et de jouer en interaction avec quelqu’un.

Jeux d’extérieur

Les ballons et balles sont sa grande passion. Lancer et rattraper avec les mains, tirer avec le pied, courir derrière… Tout ce qui sert à rouler, grimper, courir et sauter : trottinette, bilibo, jeu de « trappetrappe »… sont également de grandes sources de plaisir.

Jeux manuels et de société

Le tapis à dessiner à l’eau : facile à mettre en place et à nettoyer, c’est magique, parce qu’on a l’impression de dessiner de toutes les couleurs. On y passe un bon moment, puis on le met à sécher, et on le ressortira demain !

Un des jeux avec lequel Stella aura passé le plus de temps ces derniers jours est le Magnetic’s Coucou de Djeco, composé d’une dizaine de petits animaux en bois aimanté, dont les pattes et le buste sont à assembler ou dissembler pour créer de drôles de bêtes. Le nôtre est sur le frigo, et il a mobilisé les troupes de cousins jusqu’à 12 ans ! Dans le même genre, les puzzle en bois dans lesquels on peut choisir entre plusieurs têtes (affichant différentes émotions), plusieurs bustes et plusieurs pieds, lui plaisent beaucoup : elle trie chaque partie de corps en trois tas, puis essaye toutes les têtes, puis les pieds, et ainsi de suite…

Les petits poissons aimantés de la pêche à la ligne de Djeco sont appréciés aussi : à deux, chacun son tour, on les pêche pour les transporter dans l’autre lac, puis… on recommence dans l’autre sens !

Stella aime aussi se lancer dans de brèves parties de loto, de domino, de Premier Verger. Mettre ensemble ce qui est « payeil », c’est vraiment passionnant ! Il y a aussi le Nanu : bien sûr, on ne joue pas encore selon les vraies règles, mais Stella place les pastilles de couleur sur 5 images de son choix, et s’amuse beaucoup à mémoriser et retrouver la place de chacune de celles qu’on lui nomme, voire à essayer de dire ce qui est caché dessous.

Jeux de faire-semblant

Rouge est la nouvelle poupée. Remplir le biberon seule au bidet, puis le donner à Rouge, la mettre sur le pot, l’emporter au bain, et la faire téter (mais seulement sur maman !) occupent de longs moments.

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En ce moment, Avril (30 mois), adore jouer avec son poupon, elle a toujours (depuis ses 18 mois) aimé Bébé, et maintenant il fait partie de notre famille et de notre vie quotidienne. Elle passe de grands moments à s’occuper de lui, a lui parler, lui raconter des histoires, elle l’emmène partout.

Elle adore jouer aux jeux avec nous elle aime particulièrement les jeux où on doit lancer un dé (1er verger, little circuit) et d’autres comme « little association », les jeux de domino.
Elle joue beaucoup seule avec ses jeux de cubes et animaux avec lesquels elle fabrique des tours y met les animaux, les cache ; elle nous appelle pour que nous trouvions sous quel cube est caché l’animal.
Nous jouons aussi souvent à Bisou dodo avant la sieste.

Avril aime beaucoup les livres, on en lit aussi tous les jours à différents moments de la journée. Elle adore que je lui lise « le loup est revenu » et elle adore « lire » toute seule « de la petite taupe qui voulait savoir qui lui a fait sur la tête ».

Elle aime aussi toujours jouer à se cacher, elle se cache sous la couette et dit: « maman (ou papa) tu dis ou est Avril ?« , et faire de l’escalade et des figures acrobatiques sur son papa.

Le dernier jeu qu’elle aime beaucoup c’est jouer au docteur avec son copain Noé qui a 2 ans, et qui joue souvent le rôle de la victime. Lorsqu’ils jouent au docteur ensemble ils s’enferment dans la chambre et Avril me demande de m’en aller : « bon maintenant maman tu peux t’en aller !« .

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Ce qu’aime le plus Mathilde (2 ans et demi) ce sont les personnages qu’elle met en situation dans sa grande maison de poupée et avec ses véhicules préférés. Elle invente des histoires, rejoue des scènes de sa propre vie (« papa part au kravail » etc.). Les Playmobils (version 1 2 3) se mêlent sans problème avec les poupées en bois et les chevaux en plastique. On a un bac « personnages et véhicules », ça simplifie le rangement !

Sa poupée Aïcha a de très beaux vêtements cousus et tricotés par sa mamie (quelle chance !), elle aime bien l’habiller/déshabiller (et encore mieux si c’est maman qui le fait en respectant ses consignes : « nan, pas co’ ça, fais co’ moi ! »).

Elle joue surtout avec nous, encore très peu seule. On fait la « tamolé » (la pâte à modeler), on en fait de la dînette, on dessine, on peint… Et on fait de la musique : « maman, chante Pi-cacaouhète ! ». Avec son papa, c’est plus les jeux de constructions, les Duplo et aussi les briques géantes qui cumulent les avantages de construire et de faire tomber. Depuis que sa copine Stella a eu un plâtre, on joue au Docteur et depuis peu grâce à un emprunt à la ludothèque puis à Fred, elle a son propre matériel.

Elle se déguise, mets un chapeau et court en disant : « je suis un cowboy ! » ou bien mets une écharpe et prend un sac et dit qu’elle « va à la neige ». Elle joue à cache-cache sous la couverture, et comme lui a montré Avril, se met à l’abri du loup : « attention, un loup arrive ! » (parfois un dragon, ou papa, ou maman, en tout cas, c’est amusant de se faire peur !).

Elle aime aussi beaucoup les activités physiques : danser, sauter, faire du yoga (avec sa Yaya en particulier)…

La semaine des langues

Edit du 19/11/2014 : Lise présente la semaine des langues et parle du versant plurilinguisme de l’association :


 

Convaincu que le plurilinguisme est une richesse, le CAFÉ BILINGUE  lance la SEMAINE DES LANGUES pour « inciter nos concitoyens à considérer la diversité des langues et cultures – toutes les langues et cultures – comme une richesse patrimoniale et un atout économique pour notre pays. »

http://www.lasemainedeslangues.com/

C’est dans ce cadre et comme partenaire que Grandissons vous propose ses événements à Nice et Cagnes-sur-Mer.

Ouverture…

En tant qu’association de soutien à la parentalité, il nous apparaît essentiel de nous ouvrir à la diversité, à la couleur, à la différence et à la richesse de ce que chaque parent, chaque enfant, chaque famille pourra apporter.

Communication…

La transmission de la culture et de la langue, la communication entre parents et enfants sont des domaines qui méritent d’être au cœur de discussions, de questionnements et d’échange à l’intérieur des familles, et entre les familles.

Echanges…

Lors de cette Semaine des Langues, nous espérons ouvrir une porte de rencontre, d’échange et d’enrichissement mutuel entre toutes les familles venues d’ici et d’ailleurs.

Rencontres…

Des rencontres et espaces d’information, de discussion et de dialogue entre parents et professionnels auront pour objectif de permettre à toutes les personnes intéressées ou concernées par le multilinguisme de se rencontrer.

Un atelier ECHO multilingue offrira aux enfants de tous âges et à leurs familles la possibilité de découvrir de nouvelles cultures et d’entendre de nouvelles langues dans un cadre ludique.

La Semaine des Langues s’achèvera sur un grand tHé-multilingue, où nous espérons réunir le plus grand nombre de familles monolingues, bilingues, plurilingues, pour des échanges riches et variés.

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Janusz Korczak…

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Par Lise

[Cette semaine a lieu la journée internationale des droits de l’enfant, Lise vous présente à cette occasion le premier d’une série d’articles sur un grand médecin-pédiatre-écrivain-pédagogue-humaniste, Janusz Korczak.]


On voit quelquefois passer son nom, dans PEPS Magazine, en préface à Olivier Maurel… et pourtant, il ne nous est guère connu, tout au plus à cause de sa mort tragique. Moi-même, je ne l’ai pas vraiment rencontré lors de mes lectures ou recherches sur les thèmes de l’éducation et de la non-violence, mais parce que ma mère m’a prêté deux de ses livres. J’ai commencé ma lecture de Comment Aimer un Enfant d’un œil un peu critique, laissant filtrer des doutes tels que « encore une vieillerie avec des regards préhistoriques et stricts sur l’enfance… », pourtant, rapidement, je me suis laissée prendre par la poésie et l’originalité de l’approche. Oui, certains passages sont réellement durs, certes, ou peuvent agacer un peu, d’autres encore font sourire. Mais plus je lis et relis ces pages (pour tenter d’en faire une synthèse sur le présent blog) plus la puissance du message, sa richesse, sa dimension, m’enthousiasment. Je pense que, à l’époque où fleurissent les livres sur la non-violence éducative et sur les pédagogies alternatives, Korczak mérite absolument d’être connu et reconnu… et il est probable que je ne manque pas de revenir parler de lui ici !

Janusz Korczak est un pédiatre et écrivain polonais né en 1878, qui œuvrait à une refonte de l’éducation et du statut de l’enfant, privilégiant la sauvegarde et le respect absolu de l’Enfance. Il voulait une école de la démocratie et de la participation. Il dirigea deux orphelinats mixtes organisés en républiques d’enfants. Il créa des émissions de radio et des revues et journaux pour enfants, et il écrivit des livres pour enfants et pour adultes. Sur le plan pédagogique, son œuvre s’inscrit dans la lignée de la « pédagogie active » et de « l’École nouvelle », aux côtés de Montessori, Decroly, Neill, Freinet…

Il est aussi le précurseur reconnu de la mise en pratique des droits positifs de l’enfant (droits d’expression, de participation, d’association, etc.) officiellement établis le 20 novembre 1989 par la Convention des Nations Unies pour les Droits de l’Enfant, texte et acte politique majeur dont il exigeait l’élaboration depuis la fin du XIXe siècle (et auquel Aldo Naouri se targue de s’être opposé).

Il fut déporté en 1942 au camp d’extermination de Treblinka, avec les enfants du ghetto de Varsovie qu’il n’avait pas voulu abandonner (cf. le film de A. Wajda : Korczak, 1989).

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Comment aimer un enfant a été écrit au front, en 1915. Dès les premières lignes, le ton du livre frappe : écrit à la deuxième personne du singulier, il s’adresse au lecteur et commence par une question, dont la réponse est… « je ne sais pas. » Et, tout au long du livre, les questions, en longues listes, ne vont cesser de se succéder, laissant au lecteur le soin de réfléchir. Ici, pas de méthode, pas de réponse-type, pas de toute-puissance du scientifique « qui sait » mieux que le parent la manière dont celui-ci devrait élever ses enfants. C’est presque un dialogue qui s’instaure entre le lecteur et l’écrivain, dialogue rendu plus délicieux encore par le nombre des années écoulés depuis sa rédaction et qui donnent un petit goût sépia à certains passages, tandis que d’autres éclatent de modernité. Korczak ne parle pas seulement de démocratie et d’échange, il les montre. Ici, on ne se trouve pas face à un théoricien, mais à un homme d’expérience. Et à un poète. Tout, dans la forme comme dans le fond, appuie sa pensée : ainsi, il insèrera lui-même quinze ans plus tard des remises en cause de ses dires, des précisions, des prises en compte de l’évolution en fin de  plusieurs parties.

Le livre se décline en quatre chapitres : l’enfant dans sa famille, internat, colonies de vacances, la maison de l’orphelin. Chacun d’eux contient son lot d’idées capables d’apporter un regard nouveau ou enrichi aux parents ou aux enseignants d’aujourd’hui. Si je me permettais un petit reproche à la forme du livre, c’est celui que l’auteur semble suivre ses pensées dans un ordre un peu aléatoire, ce qui retire à mon sens un peu de la clarté et de l’intensité du propos.

Je ne parlerai dans cet article, que du premier de ces chapitres, en raison de l’absence de concision qu’à lui seul, il a causé dans mon écrit. Je ne peux m’empêcher, pour commencer, de citer quelques extraits de la première sous-partie, celle ou le médecin-éducateur se fait poète et philosophe pour parler de la grossesse et de la naissance :

« Le battement d’un cœur petit comme un noyau de pêche fait écho à ton pouls. C’est ta respiration qui lui procure l’oxygène. Un sang commun circule en vous deux et aucune de ses gouttes rouges ne sait encore si elle sera à toi ou à lui, ou si, répandue, il lui faudra mourir en sacrifice au mystère de la conception et de l’accouchement. Cette bouchée de pain que tu es en train de mâcher, c’est du matériau pour la construction des jambes sur lesquelles il courra, de la peau qui le recouvrira, des yeux dont il regardera le monde, du cerveau où la pensée flamboiera, des mains qu’il tendra vers toi et du sourire avec lequel il t’appellera « maman ».

« Parmi ces millions d’hommes, toi qui accouché d’un homme de plus. Qui est-il ? Une brindille, une poussière – un rien. (…) Mais ce rien est frère des vagues de la mer, du vent, de l’éclair, du soleil, de la Voie lactée. (…) Dans ce rien, il y a quelque chose qui sent, désire et observe ; qui souffre et qui hait ; qui fait confiance et qui doute ; qui accueille et qui rejette. »

Ce premier chapitre, l’enfant dans sa famille, se décline en 116 sous-parties, chacune porteuse d’une réflexion ou d’une idée, que je regrouperais en quelques grandes idées que j’ai pris la liberté de classer dans les titres ci-dessous :


L’enfant : une personne et une personnalité

Korczak montre l’enfant comme issu de la lignée d’ancêtres dont les milliers de parcelles sont réunies pour former une identité nouvelle. (sous-parties 2 à 5) Il insistera tout au long du livre sur l’individu. Les enfants se déclinent en autant d’identités et de caractères. L’auteur se pose la question de la part d’inné dans le comportement de l’enfant, part qu’il faudra accepter sans espérer changer l’individu,  et celle d’acquise par l’éducation, pour laquelle il s’agit de s’employer à lui donner ce dont il aura besoin pour s’épanouir. Cela donne matière à une riche réflexion sur la part de l’hérédité et celle de l’éducation dans la personnalité (n°49 à 53).

Une idée importante est que l’enfant n’est pas un mini-adulte en attente, mais d’ores et déjà une personne, dont chaque instant de vie a une valeur en tant que telle, et non comme une période de construction (n°40, n°64). La seule différence serait le manque d’expérience, dont Korczak nous donne de succulents exemples (n°65 à 71). Oui, cela va de soi, semble-t-il, et pourtant non, pas tant que cela, et lire ces passages le fait ressentir plus clairement que jamais. C’est ce qu’il définit comme le « droit de l’enfant à être ce qu’il est ».

On trouvera aussi des descriptions, des regards sur les nourrissons, les enfants, les adolescents, leur psychisme, leurs ressentis… oui, en lisant certains passages, on peut croire que l’auteur a vu à travers les yeux d’un enfant juste avant de tracer ses mots. Encore une fois, pas en termes d’âge et d’acquisition, mais en des descriptions rien moins que poétiques, il nous donne à voir ce qu’il croit percevoir chez certains enfants, sans omettre d’insister sur la variabilité des individus qu’ils sont déjà, et cela à plusieurs reprises, selon les périodes de la vie (n°26 à 43).

Ajoutons, pour démodée qu’elle soit, que la partie sur les filles et les garçons (« la fille, en plus des contraintes de l’enfance, doit subir déjà celles de la féminité », si, si, allez donc lire, n°99) n’est pas inintéressante dans les réflexions auxquelles elle peut conduire, ainsi que la réflexion finale et l’analyse de l’adolescent (n°101 à 115, « Nous avons peut-être tendance à y voir une période critique exceptionnelle et mystérieuse alors qu’en fait elle ne constitue qu’un des passages difficiles qui jalonnent la vie de l’enfant » (105)).

Cette vision respectueuse de l’enfant en tant que personne sert de base aux théories éducatives qui sont mêlées à ces descriptions.

« Elle est tout à fait fausse cette image qui nous représente l’enfant comme un anarchiste-né ou un être aussi intransigeant que vénal. L’enfant a le sens du devoir, respecte l’ordre, et ne fuit pas ses responsabilités pour peu que nous ayons la sagesse de ne pas les lui imposer par contrainte et qu’elles ne dépassent pas ses forces. » (n°102)

 


Education respectueuse et liberté

Beaucoup de paragraphes sont étonnants de modernité, et prédisent très nettement ce que l’on lit dans les livres récents : l’inutilité de vouloir faire correspondre l’enfant à un standard, les craintes et les difficultés des jeunes parents face à un jeune enfant qui leur parait difficile, l’importance de l’attachement parental dès les premiers instants (« si la jeune mère pouvait comprendre l’importance capitale de ces premiers jours et semaines… »)…

On trouvera quelques réflexions surprenantes sur la manière d’embrasser son enfant (« ce sont là des manifestations quelque peu douteuse d’une sensualité exaltée », n°32), sur les domestiques, sur la régulation des naissances (n°6)… aussitôt suivie d’une remise en question de la part de l’auteur, qui s’accuse de « bouderie puérile l’ayant longtemps poussé à refuser la nécessité d’un contrôle des naissances »)… Oui, quelques réflexions qui pourraient bien hérisser les cheveux sur la tête, mais… encore une fois, l’époque d’une part, la globalité du livre d’autre part, permettent de les contourner d’un sourire indulgent.

D’autres parties sont un peu en décalage avec ce que l’on connaît à présent, ou montrent combien de chemin déjà, a été parcouru. Tel ce paragraphe complet (n°38) consacrée au « droit de l’enfant à mourir » (eh ! oui, considérons qu’en 1915, le taux de mortalité infantile était d’environ 100 pour 1000 naissances vivantes, 1 sur 10… !) Et cela ne rend que plus précieux le fait d’avoir un enfant souvent bien-portant près de soi…

Mais ce dont Korczak parle le plus, c’est du droit de « vivre sa vie d’aujourd’hui ». Ainsi, il encourage les parents à offrir à leur enfant indépendance et liberté, à le laisser courir, comparant les sorties du petit paysan à la chambre aseptisée du petit citadin, et insistant sur l’importance des expériences que l’enfant effectuera lors de jeux pour ses apprentissages, et sur sa capacité à mesurer les risques (n°37 à 44). Il parle aussi de l’importance de ne pas accéder à tous les désirs de l’enfant, et à lui enseigner l’impossibilité ou l’interdit. Plusieurs parties sont également dédiées à l’importance de l’imagination et du jeu, et la manière dont les enfants s’y impliquent selon leur personnalité (n°72 à 80).

Dans son paragraphe sur l’alimentation, il propose de « donner à l’enfant ni moins ni plus que ce qu’il veut manger ». Idem pour le sommeil (n°62 et 63). Même l’allaitement au sein bénéficie d’une partie remarquablement ouverte, où il n’est pas opposé au biberon, mais à… l’engagement d’une nourrice, vivement condamné par Korczak, qui affirme déjà que chaque mère peut allaiter, et encourage à allaiter (presque) à la demande ! Et celui-ci d’enchaîner en parlant de diversification quasi-menée par l’enfant… (n°19 à 23)

Plusieurs paragraphes sont dédiés à la manière dont les enfants perçoivent les adultes, les mots que ceux-ci leur adressent, les croyances qui peuvent en découler chez les enfants (n°81 à 92). C’est déstabilisant, surprenant… mais ce que cela m’a inspiré avant tout, c’est : enfin un auteur qui essaye de se mettre à la place des enfants dont il parle, qui les a écoutés, qui, peut-être même, se souvient de sa propre enfance et s’appuie sur ses souvenirs pour proposer des affirmations !

En cinq parties (n°54 à 58), il décrira plusieurs milieux éducatifs de manière claire, tout en essayant de montrer ce que chacun pourra apporter ou non à l’enfant selon son caractère. Qu’il est bon de lire quelques pages sur la diversité, quelques lignes qui laissent voir qu’il n’y a pas une seule et unique manière de faire, qui donnent quelque recul !

Toutes ces idées éducatives mettent en avant l’objectif que l’enfant, qui « un jour aura des cheveux gris », devra plus tard « se retrouver dans la société, dans l’humanité, dans l’univers » (n°45).  « Nous lui faisons porter le fardeau de ses devoirs d’homme de demain sans lui accorder ses devoirs d’homme d’aujourd’hui. » (n°64) Dès lors, celui-ci ne devrait pas simplement subir des règles qui lui auront été imposées sans dialogue.


Langage, communication, échange

Enfin, Korczak donne un rôle extrêmement important au langage et au poids des mots.

Il décrit le nourrisson comme un être capable de comprendre, sinon les mots, du moins les situations, dès son plus jeune âge. Je n’aime cependant gère ce passage où il décourage la mère de trop lui parler au moyen de vraies phrases (n°29). Pourtant, il montre combien la manière de s’exprimer de l’enfant est riche et claire avant même qu’il soit capable de parler, et combien déjà il a de choses à dire (n°34). Je suis plus mal à l’aise avec la fin de ce passage, qui dit que le nourrisson pourra également se montrer « despotique avec son entourage » : pourtant Korczak ne veut par là que reconnaître aux enfants, en leur qualité de personnes à part entière, la possibilité de ne pas avoir envers tous et toujours un comportement positif.

Plus tard, il explique le besoin qu’a l’enfant de comprendre le monde qui l’entoure, et la manière dont l’adulte pourra l’aider par des mots, en lui donnant non seulement le nom de l’objet, mais aussi une appréciation sur celui-ci (n°47). Plusieurs parties s’attachent à montrer l’importance des mots dans la compréhension du monde qui nous entoure, quel que soit l’âge, et combien ils sont nécessaire à la construction de la pensée et des questionnements (n°85 à98).

Enfin, plusieurs longs passages sont dédiés au côté conventionnel du langage, et à la difficulté pour l’enfant de maîtriser ces règles (n°65) et de comprendre le langage souvent imagé : « la plupart des erreurs que nous commettons en portant nos jugements sur des enfants viennent du fait que nous prêtons nos pensées et nos sentiments aux mots qu’ils nous empruntent et qui, le plus souvent, ont pour eux une signification différente de celle que nous leur donnons » (n°68-69), quoi qu’il soit capable de raisonnement, mais retenu par une somme d’expérience moindre.

Porteur lui aussi de mots et de langage, l’enfant est capable d’apprécier le monde qui l’entoure, autant que ses valeurs morales. C’est ainsi que Korczak arrive à cette affirmation sensationnelle :

« Je pense que le premier et indiscutable des droits de l’enfant est celui qui lui permet d’exprimer librement ses idées et de prendre une part active au débat qui concerne l’appréciation de sa conduite et la punition. » (n° 37)

C’est d’ailleurs cette idée qu’il a appliqué dans la gestion de ses orphelinats, où opérait un tribunal d’arbitrage d’enfants. Mais de cela, je parlerai dans un prochain article, celui-ci se faisant déjà fort long.

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Conclusion

Combien d’ébauches, d’introductions, de bases… contient ce livre ! Lisez-vous Isabelle Filliozat, Olivier Maurel, Faber et Mazlich, Ginott… ? Je ne crois pas trop m’avancer en suggérant que le bourgeon de tout ce qu’ils décrivent se trouve déjà dans ce livre. Je suis un peu de parti pris, c’est vrai, et on pourra m’opposer que je ne décris que ce qu’il contient de positif, tout en omettant sciemment ce qui pourrait choquer ou ennuyer le lecteur moderne. Oui, mais j’ai déjà trop à dire sur ce que ce livre contient d’enthousiasmant, répondrais-je à cette critique justifiée.

Je ne conseillerais pas ce livre en première lecture à un parent qui s’interroge sur l’éducation non-violente ou s’intéresse au parentage. En revanche, je crois que c’est un enrichissement important, une base historique et un support réel que tout parent ayant déjà de bonnes idées sur la question pourra lire avec plaisir, surprise et curiosité, mais surtout avec avidité, et qu’il devrait appartenir au bagage incontournable de qui s’intéresse à la question.

L’interrogation qui me reste un peu douloureusement posée au coin des lèvres en refermant ce livre est « mais n’est-ce pas tout de même un peu triste et décourageant de constater qu’un siècle après qu’il a été écrit, nous n’en soyons encore QUE là, à croire naïvement que nous découvrons ce que cette homme affirmait déjà, à bâtir des théories utopiques quant à la nouveauté et à la potentialité de ces idées ? »

« Qu’aucune opinion ne soit une conviction absolue, immuable. Que le jour présent ne soit toujours qu’un passage, de la somme des expériences d’hier à celle, enrichie, des expériences de demain… A cette seule condition, notre travail ne sera jamais ni monotone ni sans espoir. »

Serait-ce là la réponse de monsieur Korczak ?


A venir : Les méthodes éducatives et pédagogiques de Januz Korcsak parties 2, 3 et 4 du livre.


Pour aller plus loin :

http://www.gfen.asso.fr/fr/pensee_pedagogique_de_j._korczak

http://korczak.fr/

http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/2014/02/14/l-innovation-pour-faire-progresser-les-droits-de-l-enfant-21266

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