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La douloureuse réalité de la dépression prénatale

Par Sandra

Un matin de mon cinquième mois de grossesse, je me suis réveillée avec la sensation d’être allongée dans une minuscule barque secouée par une tempête. Je n’avais jamais ressenti de vertiges de ma vie et quand ils se sont progressivement intensifiés, l’angoisse m’a submergée. J’arrivais à peine à sortir du lit, la nausée fit rapidement place aux vomissements. Je ne savais pas ce qui se passait à l’intérieur de moi et je ne comprenais plus ce corps depuis quelque temps.

Il est tôt mais j’essaye d’appeler la sage-femme libérale, Madame L., qui me suit depuis le début de ma grossesse. Pas de réponse. Paniquée, je demande à mon compagnon de m’amener aux urgences. Nous arrivons, les tests habituels sont rapidement pratiqués (sang, urines, etc.) et le diagnostic de l’obstétricienne tombe : je n’ai rien, le bébé n’a rien, tout va bien. C’est juste une gastro. Une perfusion contre la déshydratation, et dans une heure, je pourrai retourner chez moi. Et les vertiges ? Ça arrive, faut pas s’inquiéter. On verra plus tard, si ça persiste, aller voir un ORL. Fin du diagnostic.

Enfin pas tout à fait. Tandis que j’essaye de me reposer pendant la transfusion, la sage-femme qui m’avait fait faire les tests préliminaires revient me poser quelques questions qui concernent cette fois-ci mon état émotionnel. Ces questions marqueront le début de ma délivrance. Je ne sais plus exactement ce qu’elle m’a demandé mais je me souviens avoir fondu en larmes.

Enfin, quelqu’un m’entend…

Car à chaque rendez-vous de suivi programmés avec Madame L., j’avais essayé de me faire entendre. Je lui avais signalé avoir déjà eu de la dépression ; je ne lui avais pas caché avoir vécu ma première grossesse en Angleterre comme une épreuve. Elle notait tout soigneusement dans un fichier Word et je n’utilisais pas d’euphémisme pour décrire mon état mental. J’utilisais le mot dépression car c’est un état que je reconnaissais pour l’avoir déjà vécu. Et durant cette deuxième grossesse, la dépression m’avait rattrapée. J’étais en larmes dès le réveil, j’avais du mal à me lever, j’étais agressive avec tout le monde ; je devenais absente à moi-même : le flux vital était rompu. Madame L. se cantonnera à me demander comment je perçois la situation sans rien proposer de concret. J’ai alors cru qu’il n’y avait rien d’autre à faire que souffrir (et faire souffrir mon entourage par la même occasion) en attendant l’accouchement. J’apprendrai pourtant plus tard qu’elle savait qu’il existe un service de suivi psychiatrique pour les femmes enceintes qui souffrent de dépression dans le même hôpital où j’ai prévu d’accoucher.

Aux urgences donc, pendant la perfusion, la sage-femme me pose des questions sur mon moral, elle est bienveillante, elle m’entend. Elle planifie tout de suite un rendez-vous et c’est ainsi que je rencontre donc la psychiatre du service gynécologique et obstétrique de l’hôpital.

Mon compagnon m’a accompagnée pour le premier rendez-vous avec la psychiatre et un protocole de soin a tout de suite été mis en place. Je commençai une psychothérapie, à raison d’une séance toutes les deux semaines, voire toutes les semaines au besoin, mais également, on allait m’administrer un traitement antidépresseur. Des médicaments pendant la grossesse ?! Voilà qui est contraire au discours qu’on entend à peu près partout. En discutant avec la psychiatre, je me suis rendu compte que le médicament que j’allais prendre, Z****t, est bien connu car il existe depuis longtemps, qu’il est souvent utilisé pendant les grossesses, et qu’il n’a pas d’effet tératogène. Une fois les bonnes informations en main et entourée des bonnes personnes, j’ai pu prendre mes décisions en toute connaissance de cause sans m’occuper des messages officiels. J’ai pu stopper ces sentiments d’impuissance et de culpabilité, et me soigner correctement.

Quel contrepied. J’ai alors eu la sensation qu’il est plus facile de nous faire passer le message sans nuance, « grossesse = zéro médicaments », du noir et blanc pour faire peur et dissuader. Et aussi que nombreux membres du personnel de santé s’accrochent à ce discours sans nuance pour se couvrir et éviter tout problème, au détriment de la santé de la mère.

Alors oui, au final, j’ai suivi un traitement pendant ma grossesse, des anti-dépresseurs, et des anxiolytiques, quand c’était nécessaire. Bien sûr, je ne l’ai pas fait n’importe comment ; j’ai été suivie par une psychiatre compétente jusqu’à la fin de ma grossesse (et même au-delà). Mon accouchement s’est extrêmement bien passé, mon bébé est en bonne santé, il n’a pas eu de symptôme de sevrage. Loin d’être déprimé, du haut de ses deux ans, mon petit R. est un garçon qui respire la joie et le bonheur… et qui aime faire rire toute la famille.

Il m’arrive encore de penser à cette sage-femme qui m’a entendue…et qui par sa bienveillance a fait basculer ma vie dans le bon sens, sans qu’elle le sache puisque je ne l’ai jamais revue. Où qu’elle soit, je pense à elle et je la remercie…

Si on parle de plus en plus de dépression post-natale, on parle beaucoup moins de dépression prénatale mais on commence à penser que l’une et l’autre sont aussi répandues. Les femmes enceintes doivent répondre à l’injonction d’être heureuses et épanouies, ce qui cache une certaine réalité : oui, on peut être en dépression et enceinte ! Mes deux grossesses ont été des moments douloureux à passer sur le plan psychique mais plus on osera en parler, mieux on soignera la dépression prénatale. Des solutions existent déjà mais elles ne sont malheureusement pas toujours simples à trouver. Si vous êtes dans cette situation, demandez à votre partenaire, un.e proche, un.e ami.e, de vous aider à trouver les bons interlocuteurs et professionnels de santé. Votre sage-femme ne sait peut-être pas tout…

Ta naissance

Par Elise 

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Ça a commencé tard dans la nuit vers 5 heures, des contractions différentes, celles qui m’ont dit ça y est, on y est, c’est pour aujourd’hui, c’est un beau jour le 7 septembre… Ton papa et moi on s’est levés tranquilles et heureux, on a fait un tour en ville, on a été dans notre café préféré, sans que les gens autour aient conscience de ce qui se déroulait en moi… J’ai accueilli chaque contraction en douceur, en soufflant, laissant aller ces premières vagues… et c’est dans l’après-midi à notre retour à la maison que tout a basculé, vers notre rencontre avec toi.

Ton papa prépare l’appartement pour ta naissance. Il range, nettoie, organise… Je m’installe dans le salon sur le canapé après avoir tiré les rideaux, allumé une lumière douce. Je suis impressionnée tout d’un coup par l’intensité de ce que je ressens, je suis émue, je me sens seule et perdue, je ne sais plus comment me mettre… Coup de téléphone à A. ma sage femme puis à F. ma doula. Il est 16h. Elles se mettent en chemin. J’appelle à la rescousse ton papa, il était dans la pièce à côté, il va me faire couler un bain. Je m’y installe et je relâche la pression… Les contractions sont toujours là mais je sens rassurée et je me détends.

A. arrive, elle vient me voir et écoute ton cœur, tout va bien… je suis toujours dans le bain, F. arrive à son tour, elle me verse de l’eau chaude sur le corps, je me sens entourée et choyée, et j’ai faim, envie de gnocchis ! Ton papa me les prépare, je mange un peu, et bois du thé, toujours dans mon bain. J’ai envie de sortir, de bouger. Je me sèche, me couvre d’un paréo entre deux contractions, et retourne dans le salon, il doit être doit être 17h30 je pense, mais je commence à perdre la notion du temps.

Je m’assoie sur le canapé, première contraction, je recommence à me crisper, je me réfugie à quatre pattes, je me sens perdue à nouveau, le souffle coupé. F. s’approche avec une écharpe de portage sur les épaules, et me tend un bout pour chaque main. Je m’accroche, je me suspends, elle fait pilier ! Ouf, je libère mon bassin ! Et je peux respirer de nouveau… M’accrocher pour me suspendre et avoir le bassin libre m’aide tellement. Alors à chaque contraction, elle revient, elle est là, je m’accroche… Et entre les contractions, je me relâche, pour un temps de repos… Ensuite c’est ton papa qui me tend l’écharpe et qui me soutient. Et vient le tour d’A., tour à tour ils se relaient, sans avoir besoin de mots, ils sont là. Ils sont silencieux. Ils me soutiennent. Je suis dans mon monde, dans ma bulle. Deux petites lumières éclairées dans la pièce, une s’éteint, soulagement.

Je commence à sentir que je m’épuise, je ne vais plus avoir l’énergie de me soutenir de tout mon poids par la force de mes mains. F. me propose d’aller dans la chambre sur mon lit, sur le ballon. Je ne sais pas trop, j’accepte. On y va, elle me guide, je me mets à genoux, et pose mon corps sur le ballon. Une contraction… j’ai besoin de m’accrocher à quelque chose. Une serviette. Il y a une serviette autour du ballon, c’est bon, je m’accroche ! Je m’accroche de toutes mes forces, à chaque contraction, puis me relâche. Ton papa est à côté de moi. Je m’accroche à lui. Je me demande où je vais, si je vais y arriver. Les contractions sont très rapprochées. Je rêve d’une grande pause pour m’allonger et me reposer ! On essaie entre deux, je m’allonge sur le côté, contre ton papa. Je sens la contraction arriver. Impossible de rester comme ça, impossible, je bondis sur le ballon et je m’accroche… Soudain je perds les eaux.

Ah, ça m’encourage ! Je me dis que tu fais ton chemin, que j’y arrive !! A. écoute les battements de ton cœur, tout va bien… Et ça repart de plus belle, et j’ai confiance. Je sens des picotements dans mon sacrum. Puis je sens que tu es descendue, je te sens derrière, comme si tu allais sortir de mes fesses. Ça ne me surprend pas, j’ai lu des témoignages d’accouchement et les mamans l’ont ressenti aussi. Je me dis que c’est donc une étape de plus de franchie ! Ça me donne du courage ! Et il m’en faut beaucoup… c’est si intense et inconnu !! Moment de doute, je demande à A. si je fais ce qu’il faut, si j’y arrive… elle me rassure, c’est parfait, et ta naissance ne tardera pas… On a fait une bonne partie du chemin ! On me propose de marcher un peu, d’aller faire pipi. Je ne sais pas trop, OK on y va. A peine posée sur les toilettes, je la sens revenir ! La contraction est là, aidez-moi, je veux m’accrocher… Ton papa est là. Je me cramponne à ses épaules. Je retourne dans la chambre, à peine deux mètres à marcher, la contraction est là, je suis debout, comment on fait ?!? Ton papa me tend ses bras, je me cramponne à nouveau. Je suis debout et je me cramponne. Je veux qu’on continue comme ça, je sens que c’est ça qu’il me faut. Debout, face à ton papa, je suis accrochée à ses épaules. À chaque contraction il soutient presque tout mon poids. Il travaille avec moi. F. me propose de poser un pied sur le lit. Allez j’essaie. On y est. C’est là, ça y est, je sens que ça pousse !!! Ça pousse tout seul ! Je me réjouis, je sais que là on est vraiment près du but ! Une autre contraction, ça pousse à nouveau ! Je leur demande si elles te voient, oui ! Elles voient tes cheveux !! Elles me proposent de te toucher… je touche, je crois que je sens ta tête, c’est mou je ne sais pas trop… si si, elles m’assurent que c’est toi ! Alors là j’ai confiance, je sais qu’on y est ! Prochaine contraction… je sens… ta tête sortir !! Ta tête est sortie ! Et maintenant, je fais quoi ??? On va attendre tranquillement la prochaine contraction me dit A.. Elle écoute ton cœur… tout va bien, tu n’es pas du tout perturbée… Il est 21h30. Dernière contraction, bloup tu sors ! Ton corps est sorti si vite, en un instant ! Je me retourne, et je te vois enfin, et je te prends dans mes bras…

S’allonger sur le lit, t’avoir contre moi, être là, à trois. On se pose, on apprécie chaque instant. Ressentir ton petit corps, toucher ta peau, t’entendre respirer. Au fait ! Tu es… une… fille !! On avait eu envie d’attendre de ta naissance pour le découvrir… quel bonheur ! Les moments suivants sont un peu flous, mélangés dans ma mémoire… Certains détails sont bien nets. Je te revois t’essayer à téter pour la première fois… Ton papa couper le cordon, un moment après qu’il a cessé de battre… Ton placenta sortir, quel soulagement !! Je me détends. F. me demande quel est ton prénom. Annabelle… On se repose à trois. A. et F. se sont éclipsées dans la pièce à côté. Puis A. m’a examinée, mon périnée va bien, pas besoin de point, ouf ! Elle t’a posée un court instant sur la balance à côté de moi. Tu es allongée contre ma poitrine. On est bien. On est dans notre bulle à 3. Douce première nuit…

Chute libre, une naissance respectée

Par Lise

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Elle avait commencé un peu plus tôt que dans mes plans, mais c’était une grossesse sereine et gaie la plupart du temps. En cette fin janvier, je me sentais en pleine forme, et débordante d’envie de profiter quelques temps encore de mon bébé en-dedans et de ma rondeur fière. Il bougeait beaucoup, fort, et j’aimais par-dessus tout mettre ma main sur son petit pied en bas à gauche, qui se déplaçait lentement, tandis que ses fesses en haut à droite pointaient et se blottissaient contre mon autre paume. Avec D., au fil des séances d’haptonomie prénatale, Andrea et moi avions découvert et accompagné ses mouvements, faisant de ce petit être invisible quelqu’un de plus tout à fait inconnu, et dont la rencontre secrète nous avait rapproché en tant que couple.

Nous avons longuement hésité sur le lieu où nous voudrions mettre au monde ce bébé. Après coup, j’ai même des difficultés à me souvenir pourquoi, tant à présent tout me semble avoir été parfait ainsi. Simplement, il est difficile de s’extirper des chemins habituels, des phrases, des craintes et des jugements répétés et martelés. Et puis le fait d’être en location meublée, que les propriétaires risquent d’être là, qu’il n’y ait pas de baignoire, qu’il faille préparer les repas… Quoi qu’il en soit, bien que les prises de décisions soient toujours difficiles pour moi, primordial a été le fait que différentes alternatives existent et que nous ayons pu opérer à un vrai choix, en conscience et réflexion, pour décider où nous mettrions au monde notre enfant. Dès lors, je me suis sentie libre, responsable, puissante et sécure.

Fin janvier, me suis mise à tousser très fort pendant deux jours, et j’ai senti que cela bousculait un peu trop tout cet éphémère équilibre. Non, il n’attendrait pas le printemps pour se rompre. En effet, samedi 30 janvier en me levant, j’ai eu quelques doutes, continuant cependant ma journée normalement. Mais à minuit tout pile, une sensation étrange et nouvelle de vagues aqueuses et tièdes m’a fait comprendre que c’était la fin des eaux et le début de la suite…

Je suis restée la nuit sans dormir, mais ne m’en souviens presque pas. C’était la deuxième que je passais à arpenter l’obscurité, saisie de quintes de toux et de remontées acides. Quelques contractions commençaient à pointer. Je sais que j’ai écrit longuement dans le salon, une lettre à mon bébé, et puis mes pensées, assise sur le gros ballon, parce que j’ai retrouvé les papiers, mais l’avais oublié.

Je n’avais tellement pas voulu envisager que bébé arrive si tôt, ni imaginé que cela commence par la perte des eaux, que je ne savais plus que faire. Je ne voulais déranger personne à minuit, je n’avais pas encore de contractions, et une partie de moi continuait à ne pas croire que la naissance soit imminente. Mais d’un autre côté montait la crainte de devoir être transférée à l’hôpital si le travail ne démarrait pas assez vite après la rupture des poches…

Stella parlait dans son sommeil, se réveillait à moitié… elle avait senti quelque chose, sans aucun doute. Vers 6h30, elle est venue me rejoindre au salon pour m’annoncer qu’elle avait « fini de dormir ! » Et ta sœur ? (Ah non, c’est un frère…) Je suis retournée me coucher avec elle. Et puis, à nouveau, je ne sais plus. Nous nous sommes tous levés vers 8h, les contractions se poursuivaient, mais toujours espacées, peu régulières, et tout à fait gérables en respirant bien. Nous avons déjeuné, c’était dimanche matin, et je ne voulais priver personne de grasse matinée. Vers 9 heures, j’ai finalement annoncé à Stella qu’elle allait partir chez sa copine, et que quand elle reviendrait le lendemain matin, son petit frère serait probablement né. Elle s’est mise à sauter de joie dans le salon en criant « youpi ! youpi ! ». Pendant qu’Andrea l’aidait à se préparer, j’ai fini d’étendre le linge dans les escaliers, m’appuyant contre le mur à chaque contraction, un peu plus forte que la précédente, mais toujours assez espacée pour que je puisse étendre plusieurs chaussettes d’affilée. Alors, je suis allée lire Astérix sur le lit. Cette fois, il fallait quand même que je ferme les yeux à chaque contraction, mais j’arrivais encore à lire quelques bulles de suite. J’étais fatiguée par les nuits sans dormir, mais j’hésitais à monter et descendre les escaliers pour accélérer le travail, à cause de la crainte de devoir partir à l’hôpital en raison de tout ce temps déjà écoulé depuis la rupture de la poche des eaux. Andrea est rentré vers 10h30. Je suis allée prendre une douche pendant qu’il rangeait un peu la maison… Un tout petit peu, parce que j’avais besoin de ses bras à chaque contraction l’appelant d’un « contraction ! » tonitruant, et que celles-ci se sont soudain accélérées, devenant très longues et très rapprochées. Je glissais des images dans ma tête : mon utérus entouré de rubans multicolores et verticaux qui serrent les rubans bleu pâle horizontaux que je m’efforçais de détendre et de laisser s’ouvrir. Cela fit du bien. Je me vis cloche, avec une tête minuscule, et grande ouverte en bas, je me laissai partir sur des paysages de neige vierge scintillant de tous ses cristaux au lever du soleil sur des sommets infinis, je visualisai mon tout petit bébé inconnu descendre… Et j’appellai encore et encore Andrea, qui lâchait draps, assiettes, jouets et papiers pour accourir, m’entourer, me soutenir et m’effleurer le dos.

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La douche, pour la naissance de Stella, m’avait tant soulagée que j’avais rêvé cette fois d’une baignoire d’eau chaude pour traverser le travail (la présence de celle-ci à l’hôpital, désormais équipée, avait été une de mes principales sources d’hésitations pour accoucher là-bas !). F. devait d’ailleurs en acheter une qu’elle m’aurait louée… trois jours plus tard. Sauf que cette fois, la douche ne soulageait rien du tout. Je n’arrivais pas à rester assise sur le ballon, que nous avions glissé à l’intérieur, et je claquais des dents. Et puis j’étais trop fatiguée pour rester debout.

De tous les endroits de la maison où j’aurais pu donner naissance, j’avais, dans mes rêves, éliminé notre lit. Et c’est pourtant là que je me suis précipitée aussitôt séchée et habillée. Bon, ma tête n’en était toujours pas à donner naissance, c’est vrai. Comparant mes sensations à celles vécues lors de la venue de Stella, j’estimais que bébé serait là peut-être en fin de journée. Andrea, lui, avait bien vu que tout était allé bien plus vite, et avait rappelé F. la doula, et A. la sage-femme pour leur demander de venir. Elles sont arrivées l’une après l’autre un peu après 11 heures, alors qu’Andrea avait déjà installé la bâche sur notre lit, sur lequel je me tenais à quatre pattes, appuyée sur des coussins, puis sur le ballon, puis, parce que mes bras tremblaient trop pour me soutenir, allongée sur le côté, lovée autour de mon coussin d’allaitement, que je n’ai plus quitté. Moi qui avais rêvé de rester accroupie pour voir apparaître mon bébé devant moi…

J’ai mis l’enregistrement d’hypnonaissance utilisé lors de la naissance de Stella. Mais tout allait trop vite, tout était trop puissant, changeant, intense, pour que je puisse y trouver le moindre recours. Seulement, je l’ai mis en boucle, et il jalonnait un peu le temps, dont j’avais perdu toute notion. A. et F. étaient silencieuses. A., assise près de la porte, s’est approchée pour écouter un instant le cœur du bébé, et m’a souri lorsque je lui ai demandé si tout allait bien. Chacun avait sa place, et tous étaient paisibles. Andrea me tenait la main, m’effleurait le dos, m’offrait l’ancrage de sa main tiède dans le creux de mon genou. F. me faisait de l’air, massait là pile poil où ça faisait du bien. Les contractions se succédaient, toutes différentes tant tout allait vite. J’ai perdu un moment le fil de ma respiration, me noyant un peu dans la douleur… Je me rappelais la courbe qu’elles dessinaient : une sinusoïde d’environ 1 minute, augmentant jusqu’à l’apogée que je supportais en la sachant suivie de la redescente. Puis jusqu’à 2 minutes de pause, dans laquelle je me plongeais en essayant de relâcher chaque muscle et de rechercher quelques gouttes de bien-être profond. Le soleil a soudain percé plus fort à travers le rideau, me faisant sursauter. Mais il m’a fait plaisir, c’est drôle, j’avais un peu rêvé d’accoucher au soleil. J’avais chaud, très chaud, trop chaud. Un peu d’infusion au miel, difficile à boire (nous n’avions que d’énormes pailles à Stella !) m’a fait du bien.

Et puis j’ai reconnu la sensation de poussée. J’éprouvais à la fois soulagement, sachant que cela annonçait la fin, et crainte, me sentant faible et même paresseuse pour ce dernier exercice. J’ai un peu ronchonné pour dire que j’en avais assez, les rires autour de moi m’ont redonné du courage. Moi qui avais parfois regretté de ne pas voir compris vraiment ce qui se passait lors de mon premier accouchement, je sentais cette fois avec précision l’avancée du bébé, sa descente dans mon bassin. On m’a aidée à me déshabiller. Entre deux contractions, j’ai demandé à Andrea s’il ne voyait rien qu’il ne veuille pas voir, il a répondu que non, j’ai insisté, c’était important. Toujours le calme et le silence, quelques chuchotements discrets seulement. Malgré tout, les images d’escalade me sont revenues à l’esprit. Ce n’était pas une question de compétition, cette fois, de cris, de pression… Mais j’étais suspendue quelque part en l’air, surplombant un vide invisible et démesuré. Aucun retour en arrière envisageable, la seule possibilité étant de monter plus haut, d’atteindre le sommet avec le bout de mes forces, toute mon énergie, sans même penser un instant à lâcher tant la chute est inconcevable… bander ses muscles et savoir de tout son être que l’on peut arriver au bout, que l’on peut, que l’on doit, et qu’alors, au sommet, on pourra jubiler et que tout ira bien. J’ai senti une première poussée m’étreindre, faire avancer le bébé, j’ai essayé de l’amortir un peu dans un soupir, mais le bébé a reculé. « Oh non, il est reparti ! » ai-je dit, un peu déçue, un peu pour rire. Alors, je n’ai plus lâché. J’avais enfin cette liberté qui m’avait tant fait défaut lors de mon premier accouchement d’agir uniquement et seulement selon mon ressenti. Je poussais, soufflais, ne bloquais pas, retenais comme je le souhaitais et comme cela venait. J’étais accrochée à Andrea, tirant sur ses mains, et lui me retenant. A. appuyait en bas de mon bassin, et cette sensation d’être contenue et retenue me soulageait. Lors des pauses, je posais ma main sur mon ventre, et je pensais fort à mon bébé, qui était tout seul dans le noir et poussait certainement lui aussi, et lui disais du bout des doigts que nous étions ensemble, que nous sentions ensemble, qu’il ne devait pas s’inquiéter parce que nous allions y arriver tous les deux, et que bientôt je le prendrais tout contre moi. Un relâchement (comme, lorsqu’enfin on pose une dégaine et que l’on peut un instant reposer ses bras, suspendu à sa corde). « Sa tête ! » a dit quelqu’un. « Ça y est, il est sorti ? », ai-je demandé. Rires gênés. « Seulement la tête… » Je me rappelais que le corps était moins difficile. Nouvelle poussée, s’élever à nouveau loin du sol, les épaules, retenues en arrière par le cordon enroulées autour « C’est pas possible, il est losange, ce bébé ! » ai-je pensé…Et puis ça a été fini, brusquement. Tout était fini. Je m’étais rétablie sur l’herbe en haut de la falaise. Et j’étais toute vide.

Alors, soudain, tout s’est relâché en moi, et cela a été la cascade, des trombes d’eau qui, cette fois, sortaient par mes yeux, sans retenue, des larmes d’enfant venues de très loin, qui ne brûlaient pas de tristesse ni de colère, juste des larmes du fond, des lames de fond, qui devaient sortir elles aussi. Pendant ce temps, mon bébé était en bas, derrière moi, et je voulais le prendre, le voir, ne pas le laisser tout seul (j’ai été rassurée ensuite de savoir que, pendant tout ce temps, A. l’avait tenu dans ses mains blotti), mais je ne pouvais pas bouger, trop fatiguée. Quand le torrent s’est tari, quelques minutes plus tard, A. a déposé mon bébé tout contre moi. Je me tortillais pour voir ses yeux, mais il m’a fallu encore patienter un peu, pour l’instant il était roulé en boule de profil. Ça y était, ça y était, mon tout petit bébé que je n’attendais pas encore était dans mes bras, pour de vrai de vrai. Et je n’arrivais pas à le réaliser. Il était 13h03.

Ensuite, nous avons attendu le placenta. A. souriait et disait que nous avions le temps, mais j’étais fatiguée et inconfortable et avais hâte que ce soit fini. Enfin, il est arrivé. Bébé y était toujours attaché, A. et F. l’on enveloppé à côté de nous jusqu’à ce que le cordon cesse de battre tout à fait. Lorsque ça a été le cas, longtemps plus tard, Andrea l’a coupé. Ce n’était pas un geste hâtif presque obligatoire, un acte à faire vite avant que « ça » parte à la poubelle, non, il l’a fait en parlant, tout content. Il a aussi révélé qu’il avait regardé, depuis mes côtés auxquels il se trouvait, la tête du bébé sortir, lui qui avait tant répété que jamais-jamais il ne voudrait voir une telle chose. « Oui, mais là, tout est si différent… » a-t-il dit. Si bien que, le placenta qu’il avait aussi prévenu ne jamais-jamais vouloir voir, nous l’avons contemplé ensemble, membranes déployées au-dessus révélant la tente secrète à l’intérieur de laquelle Livio avait passé tout ce temps, puis étendu à plat sur son verso, arbre aux branchages de vaisseaux. Tout semblait simple, normal, dépourvu d’inquiétude et de gêne…

Pendant que je me reposais un peu, A., F. et Andrea ont rangé et préparé des pâtes. Andrea a mis la table dans la cuisine, faisant rire F., qui lui a dit qu’ils n’allaient quand même pas manger sans moi. Et alors, nous avons, tous ensemble, en discutant, riant et parlant de ce qui venait de se passer, mangé nos pâtes assis sur le lit au soleil, tandis que Livio s’essayait à sa première tétée.

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Et puis, c’est Andrea qui l’a posé sur la balance, après que nous ayons lancé les paris sur son poids (3,980 kg). Il a été mesuré trois jours plus tard (52 cm), et a subi le test de Guthrie à 5 jours. Rien d’autre. Le bain a attendu une semaine. Ensuite, je suis allée prendre une douche revigorante, F. et A. ont pris congé une après l’autre, et nous nous sommes remis sur le lit tous les trois, en peau à peau, jusqu’à-ce que la nuit tombe, dans une sorte de bulle douce…

Andrea avait été lui aussi imprégné de toutes ces hormones et sensations, car, pendant quelques jours, il a été épuisé, et réveillé par chaque petit bruit de bébé, même dans une autre pièce, tout comme moi. Après quelques temps, à nouveau, il n’entend plus les pleurs lorsqu’il dort !

Il est allé chercher Stella le lendemain matin. Ils sont allés déclarer Livio ensemble à la Mairie. Quand elle est arrivée sur le pas de la porte, mes genoux relevés l’empêchaient de voir bébé, couché derrière. « Il est où, mon bébé ? » a-t-elle demandé d’un air inquiet. J’ai baissé mes jambes, et son visage s’est éclairé. Elle s’est précipitée vers lui en poussant de drôles de tout petits cris aigus, l’embrassant et le caressant longuement. Puis elle est allée chercher un livre pour lui raconter une histoire.

La sage-femme A. est revenue 5 fois la semaine suivante. J’attendais sa visite avec impatience toute la journée. Pour ses conseils et son soutien, mais aussi parce qu’elle avait complètement fait partie de cette naissance, et que retrouver quelqu’un d’intérieur, avec qui je pouvais reparler de ces instants, poser mes questions, vérifier mes souvenirs… était quelque chose dont j’avais infiniment besoin. Cette naissance et sa mémoire n’ont pas été délaissées dans un coin anonyme d’hôpital parmi des étrangers qui l’auront oubliée l’instant d’après. Il en reste comme quelque chose de plus fort entre les personnes présentes. F. est revenue me voir aussi, et m’a écoutée et consolée dans ce qui me faisait mal de cette naissance à laquelle je n’étais pas encore prête. Une semaine plus tard, en effet, j’en pleurais encore : mon corps ne gardait déjà presque plus de trace de cette grossesse qui, dans mon esprit, n’aurait pas dû être déjà achevée. Je me sentais si vide… A. et F. m’ont entourée jusqu’à-ce que j’arrive à nouveau à regarder en bas de la falaise, leur présence est allée bien au-delà de l’accouchement en soi.

A présent, tout va mieux. Nous sommes fiers de cette naissance heureuse, qui nous a fait faire des choses que nous n’aurions jamais imaginées ou assumées (oui, le placenta sera enterré sous un arbre…), aller au-delà de nos blocages, idées, et de celles des gens (parfaitement, nous avons menti tous les deux à ceux qui nous demandaient où nous allions accoucher, tant, en fin de grossesse, leurs commentaires tout faits nous étaient lourds à entendre), fiers de notre petit garçon tout rond-losange et du fait d’être désormais quatre. Et résolument heureux de cette naissance qui ne m’a laissé aucune blessure physique, ni aucun regret, doute ou tristesse dans nos esprits.


Pour répondre à certaines questions qui nous ont été posées :

Accoucher sous le téléphérique

Par Lise

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J’ai écrit ce texte un soir au début de mon 9e mois de grossesse. Il ne se veut critique envers aucun choix. Mais il est décidément polémique envers les réactions répétées mille fois à chaque fois que le mot « accouchement » est prononcé. Pour mon premier accouchement, je n’ai pas eu l’occasion de côtoyer d’autres couples attendant un bébé, ni personne en fait. Et ma solitude m’a offert une naïve et bienfaisante sérénité. Je vis cette seconde grossesse entourée de plein de rencontres, et c’est génial… Sauf quand on aborde LE sujet, ou, pire, lorsque n’importe qui n’importe quand (le dentiste, la prof de gym…) le fait, par habitude en voyant un gros ventre. Et lorsqu’on entend d’autres femmes enceintes toutes remplies de peurs d’angoisse et de ces mots douloureux qui sont presque des synonymes d’accouchement à force de lui être liés.

Au fur et à mesure que passe le temps, je me sens de plus en plus déstabilisée et irritée à la fois. Bien malgré moi. J’ai assez d’arguments raisonnables pour contrer leurs phrases, sans pourtant parvenir à les empêcher d’entrer au fond de ma tête. Si souvent répétées et entendues (« Mais pourquoi te passer de péri ? », « Quel choix, que de choisir de souffrir… », « A la maison ? Ok, n’empêche, si Xyz n’avait pas été à l’hôpital quand elle a eu besoin des spatules… », « Bon courage, hein, ce n’est qu’un dur moment à passer… »), ces idées d’emblée négatives sur l’accouchement réussiraient, appliquées à n’importe quelle activité, à rendre celle-ci rebutante et terriblement effrayante.

Désormais, j’évite autant que possible de laisser les gens aborder le sujet. Mais ils ne peuvent pas s’en empêcher : un accouchement, ça fait mal par définition, et il ne faut jamais omettre de le rappeler à la future mère. Et si jamais elle réplique, ajouter quelques exemples pour lui prouver que, si par hasard elle pouvait gérer la douleur, ça reste terriblement risqué…

Imaginons… Parce que j’aime la montagne et les analogies…

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Vous : La semaine prochaine, je fais un sommet !

L’autre (d’un air compatissant) : Ouah ! Bon courage… J’en ai fait un une fois, c’était horrible, il faisait super froid je ne sentais plus mes doigts, et puis avec l’altitude je me suis senti oppressé comme jamais, et tout ça pour me retrouver dans le brouillard une fois en haut. Bonne chance, hein, je penserai à toi !

Vous (convaincu) : Non, mais je me suis bien préparé, je ne me sens pas trop inquiet. Je partirai lentement, et puis je connais ce moment où je me demanderai ce que je fais là, si essoufflé à transpirer comme un bœuf, mais… Enfin, je sais surtout combien, en arrivant au sommet, je me sentirai fier de mon corps qui m’a permis ça, et comme c’est grisant d’admirer le paysage, les autres cimes alentours, la neige, le silence, cette sensation de plénitude quand on a dompté la montagne et que la nature se fait merveille pour mon regard seul…

L’autre (ébahi) : Nooon… parce qu’en plus, tu comptes monter là-haut à pied ? Mais ça va être horriblement douloureux ! Enfin je veux dire… moi, je ne pourrai pas. J’ai bien essayé, une fois, le sentier, mais c’est juste insupportable, les pieds qui frottent contre les chaussures si lourdes, le poids du sac…

Vous (un peu déstabilisé) : Oui… Je… Je crois que je peux le faire… j’aimerais essayer en tout cas…

L’autre (dans sa lancée) : Mais quand même, tu choisis de souffrir alors qu’il suffit de prendre le téléphérique, tu es là-haut à l’heure exacte, tu payes sur internet, et ils s’occupent de tout pour toi. Tu choisis vraiment de monter à pied ??

Vous (hésitant) : Mais… C’est pour voir le paysage tout au long de la montée, les changements d’altitude, l’odeur de l’air qui se modifie, les arbres, puis les rochers, puis la neige… Enfin, c’est… J’aimerais essayer de voir toute la montagne, tu comprends, je l’aime tellement, mais en gravir chaque passage, c’est quelque chose de fort, et puis les sensations… Le sommet, c’est aussi l’accumulation de tout cela… Tu vois ?

L’autre : Oui, enfin, c’est quand même un peu inconscient. Moi, ma tante, elle s’est foulé une cheville comme ça. Elle se l’est cognée contre un pylône du téléphérique. Heureusement qu’il était là, d’ailleurs, le téléphérique, pour la redescendre, sinon, elle y serait restée. Et j’ai aussi un ami qui s’est brisé le nez : il était en retard, pour la descente en plus, du coup il s’est jeté dans la cabine juste alors qu’elle se fermait. Tu imagines, s’il l’avait carrément raté, il aurait gelé sur place là-haut. Heureusement qu’ils ont pu le descendre en vitesse. Et bon, je ne te parle pas des risques d’avalanche et de chute de pierre.

Vous : Euh… oui… Je suppose que je verrai sur le moment… Enfin, sans téléphérique, ces accidents, justement, ne se seraient peut-être pas pr… hum. De toute façon, si je suis trop fatigué ou que j’ai trop mal aux pieds, je monterai dans le téléphérique à une station intermédiaire…

L’autre : Ah oui, mais il ne faut pas rater la station, si tu es entre deux ou un peu trop haut ou que tu n’as pas réservé ton billet, ils te laissent là !

Vous (quand même un rien inquiet) : Tu crois ? (respirant un bon coup et vous éloignant, chantonnant intérieurement pour vous rassurer et bloquer les larmes qui menacent de monter) Là-haut, sur la montagne, l’était un beau chalet…

Vous trouvez que j’exagère ? Sans rire, remplacez là où cela sied par les mots du lexique de l’accouchement, de l’hôpital, de la péridurale… et vous verrez que ma métaphore est à peine caricaturale, ou peut-être même pas… En tout cas, en tant que femme enceinte qui pleure en regardant les documentaires sur les grenouilles, cela m’atteint exactement de cette manière-là.

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Du coup, puisque j’ai dit avoir quantité d’arguments réfléchis qui me confortent dans mon choix, j’en expose ici quelques-uns :

La Semaine Mondiale de l’Accouchement Respecté (SMAR) en 2015 chez Grandissons

Du 18 au 25 mai, nous vous avons préparé de belles choses avec le CDAAD.

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Sur le site du CDAAD : http://cdaad.org/smar-2015/

Le communiqué de presse : communique_smar

Notre programme :

Mardi 19 mai : diffusion du film « Maïeuticiennes »

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Voir la bande-annonce :

L’événement sur notre agendahttp://grandissons.org/?tribe_events=projection-du-film-les-maieuticiennes

Mercredi 20 mai : pique-nique du mercredi sur le thème de la naissance

L’événement sur notre agendahttp://grandissons.org/?tribe_events=le-pique-nique-du-mercredi-smar

Vendredi 22 mai : apéro-débat au Court-Circuit Café en présence de Frédérique Horowitz, qui vient présenter et dédicacer son livre « Fronts de mères ».

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L’événement sur notre agendahttp://grandissons.org/?tribe_events=apero-debat-smar

Samedi 23 mai : Papotons (le café des parents à Cagnes) sur le thème de la naissance. Laurianne Sally, monitrice de portage, avec un atelier de portage spécial nouveaux-nés.

L’événement sur notre agendahttp://grandissons.org/?tribe_events=papotons-chez-grandissons-9

SMAR2015

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Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés

Par Emilie

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« Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés ». Cette expression me vient souvent en tête quand je pense à ce que furent les mois qui suivirent la naissance de mon bébé.

Sage-femme libérale, j’ai choisi de me faire suivre par une collègue, en accompagnement global. Mon mari ne s’oppose pas à l’idée mais a besoin de temps pour cheminer. Ma grossesse se passe parfaitement sur un plan médical mais dans ma tête c’est déjà compliqué : vulnérabilité, fragilité, régression, sentiment d’abandon… Je pleure beaucoup. Mon mari ne comprend pas ce que j’attends de lui, moi qui suis d’habitude si indépendante. La sage-femme m’accompagne, m’écoute, me laisse pleurer et tente d’expliquer mon état d’esprit à mon conjoint.

J’accouche chez moi, avec « ma » sage-femme et une autre collègue. Tout se déroule bien. Un joli bébé avec qui je commence à faire connaissance.

Et puis le lendemain les doutes commencent, cet enfant que je ne comprends pas, qui pleure sans vouloir prendre le sein… Un beau baby blues ! Heureusement la sage-femme nous rend visite et nous rassure. Me réconforte et me redonne confiance en moi. Je me rappelle en souriant de cette phrase « tu as, toi aussi, le droit de faire ton baby blues ».

Les jours passent et tout semble bien se dérouler. C’est l’été, tout le monde est en vacances : ma sage-femme, mes collègues, mes amies. Ma famille aussi et je suis entourée. Je passe beaucoup de temps chez mes parents, il y a du monde, je ne peux pas vraiment me reposer ni être seule avec mon bébé. Et puis comme je suis sage-femme, je suis sensée tout savoir, avoir réponse à tout. Seulement quand il s’agit de moi, impossible de réfléchir, impossible d’avoir la moindre pensée logique ou cohérente. Tout se mélange…

Je suis obligée de reprendre le travail à ses deux mois, à cause de difficultés avec ma remplaçante. Mon bébé est petit, trop petit pour que je le laisse mais j’ai l’impression de ne pas avoir le choix, et puis je ne travaille pas à temps plein, je me dis que ça ira…

Un mois plus tard, je pars trois jours à un congrès de sages-femmes. Seule. Mon mari ne m’accompagne pas. La collègue qui devait m’accompagner est obligée d’annuler. Je suis forte, personne ne semble en douter, j’irai donc seule avec mon bébé et tout ira bien.

C’est ce week-end-là que tout a dégénéré. Un évènement déclencheur. Le premier craquage. Mon bébé qui hurle pendant des heures pour s’endormir un soir, je suis fatiguée, je ne comprends pas, je n’arrive pas à le faire taire, je culpabilise et j’en veux à tout le monde de m’avoir laissé y aller seule. Nous pleurons tous les deux une partie de la nuit. Mon mari au téléphone est impuissant et je suis en colère. Je m’imagine appeler à l’aide une collègue mais n’ose pas…

De retour, le cauchemar continue. Cet enfant hurle pendant des heures, sans que je comprenne, sans que nous parvenions à le calmer. Souvent les nerfs lâchent, plusieurs fois je suis à deux doigts de commettre un geste irréparable. Et à chaque fois, la culpabilité augmente. Comment moi, la sage-femme, qui conseille et rassure toute la journée des mères, des parents, je n’arrive pas à contrôler la situation ? Pourquoi je n’arrive pas à appliquer les conseils que je donne ?!

Puis, la visite chez le pédiatre. Mon bébé n’a quasiment pas grossi depuis le mois dernier. Elle me conseille de compléter avec du lait artificiel. Je me sens dépitée, incapable d’y croire, en proie aux doutes et à la culpabilité. Je ne suis pas capable de nourrir mon bébé. Je n’ai pas compris que mon enfant qui hurle, a faim. Dans un moment de lucidité j’appelle une consultante en lactation. Le rendez-vous est pris trois jours plus tard. Dans cet intervalle, je me résous à donner du lait artificiel mais mon bébé le refuse, il ne veut rien avaler. Les mises au sein deviennent difficiles. Je pleure dès que je suis seule chez moi. J’ai l’impression que personne ne voit à quel point je me sens mal, à quel point c’est difficile. Ni mon mari, ni ma famille, ni mes amies, ni mes collègues, ni la consultante en lactation, ni ma sage-femme… Personne ne m’aide, personne ne cherche à m’écouter, personne ne m’accompagne…

La consultante en lactation diagnostique un frein de langue. Mon bébé a des difficultés à drainer correctement le sein. Pour faciliter la prise au sein nous devons lui faire couper le frein de langue et le frein de lèvre supérieure. Un premier ORL refuse, la consultante nous en conseille un autre qui accepte. Je mise beaucoup sur cette intervention. Je me dis qu’ensuite les tétées se passeront mieux et que mon bébé reprendra du poids. Seulement tout va en dégénérant. Mon bébé a six mois et nous n’arrivons pas à nous réadapter. Il s’énerve, me repousse, pleure dès que j’approche le sein. Il a l’air d’avoir compris que sa mère ne peut pas satisfaire son besoin alors que le biberon y répond mieux.

J’ai du arrêter mon allaitement et je ne m’en remets pas.

Pendant plusieurs mois je n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. A l’extérieur, je relativise, je donne le change. A la maison, je m’effondre constamment. Mon mari est sûrement dépassé, il ne fait rien. Je n’arrive pas à appeler à l’aide et personne ne le fait pour moi.

Mon bébé a maintenant neuf mois et je suis totalement épuisée. Physiquement et moralement. Dix jours de vacances me font du bien mais je ne remonte pas totalement. Les crises de larmes, les disputes avec mon conjoint, l’hystérie, la solitude, l’envie de tout abandonner et d’en finir, la culpabilité de laisser mon enfant être témoin des états par lesquels je passe, de ne pouvoir être une bonne mère…

Presque deux ans plus tard, je crois que je vais mieux, mais je n’arrive toujours pas à mettre des mots sur ce que j’ai vécu. Et si je n’avais pas été sage-femme comment cela se serait-il passé ?

Naissance à la maison de Lucie

Par Lauranne

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Mardi 21 janvier

Je suis réveillée très vers 5h30 par une contraction. Cela fait  10 jours que ça travaille, aujourd’hui c’est peut-être le jour J. Élisa se réveille vers 6h. Elle nous rejoint dans notre lit pour téter. Elle finit par un gros câlin  à mon ventre.  Les contractions continuent. Je pense à ce moment-là que c’est pour aujourd’hui. Je réveille Fred et pars prendre mon petit déjeuner. Les contractions s’arrêtent. On prépare Élisa pour l’école.  Fred part l’accompagner. J’ai à nouveau une contraction.

J’ai réglé tout  ce qui ne pouvait pas attendre pour le travail. Fred a récupéré la nouvelle voiture la veille. Ce matin je peux m’occuper de moi, de nous. Je me mets un film. Fin du film. Plus de contractions.  Il fait un temps splendide.  Fred ne travaille pas aujourd’hui.  On décide d’aller se promener sur la Promenade. On se fait une belle ballade, mangeons au milieu un sandwich sur la plage. De temps en temps une contraction arrive. Retour à la maison, je fais une bonne sieste.

16h20, nous partons chercher Élisa à l’école et allons au jardin d’enfants avec elle. Les contractions continuent. Je me dis que ce serait mieux qu’Élisa aille dormir chez mes parents et appelle ma mère pour nous inviter à dîner chez eux le soir même.

Retour du jardin 17h30, les contractions semblent plus nombreuses et  plus douloureuses. Je décide que nous n’irons pas dîner chez mes parents. Fred amène Élisa qui est d’accord d’y aller seule et d’y rester dormir. J’appelle A, notre sage-femme vers 19h pour lui dire que j’ai des contractions assez régulières, que ça a commencé la nuit d’avant mais que là les espaces sont plus courts. Elles sont environ toutes les 8 minutes. Elle me conseille de manger un peu. Je n’ai pas faim mais écoute ce conseil.

Fred est entre temps revenu, mes contractions sont toujours aussi espacées mais un peu plus intenses. Dès que fais autre chose (manger, sortir notre pack naissance, protéger avec Fred le canapé du salon) une contraction saute.

Vers 22h/22h30, la fréquence n’a pas beaucoup évolué mais les contractions deviennent plus difficiles à gérer, je décide de prendre un bain chaud. Entre temps, échange de messages avec A. Elle me conseille d’essayer de me reposer après le bain, je lui dis qu’elle peut dormir, que j’appellerai. On convient que je l’appelle si perte des eaux ou contractions toutes les 2-3 minutes.

J’ai envie de musique, je demande à Fred de me mettre le dernier album de Stromae, le bain m’aide à mieux supporter les contractions, sous l’effet de la chaleur, les contractions s’accélèrent. Je suis le rythme des chansons. Je sors vers 23h30, les contractions sont alors toutes les 4 minutes. Je me réinstalle dans le salon. Depuis le début je sais que je veux accoucher là, à la lumière de la crèche et de la lampe à bulle rouge ainsi qu’à la lumière de la ville, dans l’intimité de la nuit.

Mes contractions sont à nouveau espacées, 10 minutes maintenant !!! Je me demande quand ça va s’accélérer ça fait maintenant plus de 6h que j’ai des contractions régulières, rien ne se passe.

Mercredi 22 janvier

Fred comment à fatiguer, je lui propose de dormir, j’éteins la télé pour me concentrer sur moi-même et essayer de dormir moi aussi. Je me dis qu’heureusement qu’A n’est pas là parce que je n’aurais pas aimé qu’elle soit là à côté pendant ce long travail.

J’essaye d’abord de me mettre couchée, mais les contractions ne sont pas gérables dans cette position bien qu’il n’y en ait que toutes les 10 minutes. Je m’assois en tailleur par terre et m’appuie sur le ballon (comme pendant le travail d’Élisa). Je suis fatiguée et fais des micro-sommeils entre chaque contraction. Petit à petit la fréquence et la puissance des contractions augmente, je continue à somnoler entre chacune, vers 2h ça devient beaucoup plus intense. Je réveille Fred vers 2h15 et lui demande d’appeler A : je n’ai pas rompu la poche des eaux, les contractions sont toutes les 4 minutes mais que je sens que maintenant il faut qu’elle vienne.

Quelques minutes seulement après cet appel, la poche des eaux se fend, les contractions s’accélèrent je me lève et change de position. Je cherche. Je commence à me mettre agenouillée en appui sur le repose-pied puis revient sur le canapé pour m’y agenouiller. Je commence à sentir le bébé descendre, A n’est pas encore là, je commence à entrevoir la possibilité que le bébé naisse avant son arrivée. Je me sens assez faible, heureusement que j’ai mangé un peu (merci A !) et grignoté des amandes tout au long du travail ! Je bois de l’eau. Fred la rappelle, elle se gare, il est 2h50. Je crois qu’elle s’installe, je ne sais pas trop, je suis dans ma bulle. Je prends le ballon, m’appuie dessus à chaque contraction, à 4 pattes sur le canapé. A un moment,  A vient pour écouter le cœur du bébé, dur de trouver quand et comment le faire. Une pause se présente, je m’agenouille pour la laisser faire. Tout va bien.

Une nouvelle contraction se présente, je reprends ma position appuyée sur le ballon. Une partie de mon cerveau cogite : quand est-ce que je vais savoir comment pousser, l’autre partie agit.

Les poussées arrivent, les unes après les autres, naturellement, sans que je n’ai quoique ce soit à penser à faire.

La partie « cogitante » de mon cerveau continue à tout analyser ce que fait mon corps : « c’est vraiment très animal », « mon corps sait quoi faire ».

Le passage de la tête dans le bassin ou je ne sais quoi est assez douloureux, je me demande ce que je fais là, est-ce que tout ce passe normalement ? Le calme d’A et sa présence discrète me rassurent. Mon cerveau arrête de réfléchir et je laisse les choses se faire. Je lâche le ballon, me redresse puis me remets à 4 pattes sur le canapé.

La tête sort, quel soulagement ! Bébé reste en suspension en attendant la prochaine contraction mais ça va déjà mieux, les épaules sortiront sans effort (je gardais un souvenir douloureux de la sortie des épaules pour Élisa), quelque chose glisse entre mes jambes. Je me redresse. Il est 3h20. Mon bébé est là devant moi, tout petit. C’est une fille, enfin je crois, je prends le bébé dans mes bras, après quelques hésitations tellement il me paraît petit. Fille, garçon on s’en fiche, je suis exténuée, heureuse mais exténuée, je n’ai plus envie de bouger mais il va bien falloir car les contractions reprennent pour la délivrance. Je profite de ces quelques minutes de repos, mon bébé contre moi. A et Fred me confirmeront que c’est bien une fille : Lucie.

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Elle est toute calme, sur moi, a juste poussé un cri à sa sortie et plus rien, elle est contre moi, se remet elle aussi de ses émotions. J’arrive à me redresser un peu pour expulser le placenta environ 1/2h plus tard, le papa coupe le cordon, il va ensuite préparer notre lit dans la chambre. Pendant ce temps Lucie a déjà trouvé le sein et tète comme une chef. A vérifie que tout va bien. Lucie ne me quitte pas. Nous nous installons en peau à peau sous la couette dans notre chambre. Quelle sérénité !! Lucie tète, elle ne pleure pas. Fred est tout ému, A s’affaire : papiers, rangements etc. telle une petite souris. Je suis bien ! A restera jusqu’au petit matin pour nous surveiller Lucie et moi.

Tous les « examens » ont été faits à Lucie sur moi, c’est Fred qui l’a posée sur la balance, les jours suivants elle ne connaîtra également que nos bras.

Élisa nous a rejoints vers midi. La rencontre entre les deux sœurs a été très émouvante. Une première co-tétée au cours de laquelle Lucie s’arrêtera pour observer longuement sa sœur. Élisa, elle, voudrait lui faire tout le temps des bisous et des câlins.

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Les jours qui suivent :

Lucie est un bébé qui pleure très peu, on l’entend seulement quand le change de sa couche dure trop longtemps et elle se calme très vite dès qu’elle est à nouveau dans nos bras ou au sein.

J’ai dû rester couchée quelques jours car j’ai eu une petite déchirure (à cause de l’épisiotomie faite pour Élisa) qu’on a choisi de ne pas recoudre pour que ce soit moins douloureux pour moi. A part ça, je me suis très vite remise, j’ai perdu beaucoup moins de sang que pour mon premier accouchement. Ce temps couchée m’a permis de profiter de mon bébé.

A a été présente quand il fallait, sa présence a été discrète, rassurante, je suis restée jusqu’au bout seule actrice de mon accouchement.

Ce choix de donner naissance à notre enfant dans l’intimité de notre foyer nous a fait vivre hors du temps quelques semaines. Les 2 semaines d’attente avant où nous sommes restés suspendus au moindre signe d’annonce de la naissance.  Pendant le travail, aucun élément extérieur n’est venu nous perturber, être dans un environnement connu était très rassurant. Après l’accouchement, nous sommes restés plusieurs jours sur un nuage de « bonheur, calme et volupté ». Tous ces éléments ont fait de cette naissance un moment magique.

Merci A de nous avoir permis de vivre ça !

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Naissance (poème)

Transportée dans les limbes
Transpercée de fils blancs
Emportée sans élan
Le silence me nimbe

Ni le temps ni l’espace
N’effleurent mon corps nu
Un fil de vie ténu
Me cisaille et m’enlace

Chaque vague est profonde
Je ne suis plus en moi
Tourbillons et émoi
Balancée dans les ondes

Mais mon souffle me porte
Sur mes pensées ancrées
Au cœur du temps sacré
Dont j’effleure la porte

S’ouvre à moi l’infini
Et j’y heurte mon âme
La souffrance m’enflamme
Mort et vie se renient

Et soudain tout s’apaise
Je retombe en moi-même
Sous l’inconnu suprême
D’une vive fournaise

L’intérieur de mon corps
Déposé sur mon sein
Rond et doux à dessein
Paraît l’Amour fait or

Je ne suis que douleur
Et toi toute douceur
Mais ton cœur dans mon cœur
Bat l’infini bonheur

Estelia Brust, Élaitgie, 2012

La SMAR en 140 caractères

Un défi pour les parents et les pros de la naissance : « pour vous qu’est-ce qu’un accouchement respecté ? » Vous avez 140 caractères !

Proposez-nous vous aussi votre définition en commentaires !

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Une naissance dans la jungle

(Ou comment je me suis auto-hypnotisée pour accoucher)

Par Lise

[Un (beau !) récit d’accouchement pour commencer la Semaine Mondiale de l’Accouchement Respecté]

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Cette histoire d’autohypnose a commencé par hasard. Bruxelles, début 2012, nous serons bientôt trois, l’univers de la nouveauté infinie s’ouvre à nous.

Pour vous donner une idée, à ce moment-là, tout ce que nous avions lu était un livre grand-public qui racontait au papa que sa femme allait probablement se mettre à l’insulter et à hurler pendant son accouchement, et Futur-papa n’était même pas tout à fait sûr de vouloir être présent à ce moment-là. Quant à moi, eh ! bien, comme beaucoup de monde, j’avais juste une sorte de trouille de l’inconnu qui m’empêchait de seulement penser sérieusement à ce qui m’attendait… sans m’ôter l’envie de trouver un moyen de changer cela.

J’avais par deux fois entendu parler d’haptonomie (1) par des amies nouvellement mamans, et l’idée m’avait enthousiasmée, je suis donc partie naviguer sur Internet à la recherche d’une sage-femme proposant cette technique de préparation à la naissance (2). 6 à 8 séances de préparation en couple sont proposées (mais le coût de ce genre de préparation est toutefois notable).

C’est ainsi que voilà rendez-vous pris dans un cabinet de sages-femmes proposant, outre un suivi pour retour précoce à domicile, portage, accouchement à domicile ou en milieu hospitalier, massages pour femmes enceintes, consultation en allaitement… différents types de préparation à la naissance, tels que haptonomie, préparation globale à la naissance, préparation en milieu aquatique, et… hypnonaissance. De cette dernière, je n’avais jamais entendu parler, et cela ne m’inspirait pas grand-chose (comme tannnnt de choses qui m’ont enthousiasmée depuis), et même, je n’en ai pas parlé à mon scientifique de mari, pensant que le simple nom le ferait fuir.

C’était donc pour une préparation haptonomique que j’ai pris le premier rendez-vous. Je ne vous parlerai pas de celui-ci ici car ce n’est pas le propos, mais juste pour en dire un mot, nous en sommes ressortis enthousiasmés, et cela nous a énormément apporté tout au long de ma grossesse, par la manière nouvelle dont, après cela, nous avons su entrer en contact, ensemble, avec le bébé.

Mais après cela, la seule sage-femme du cabinet (appelons-la Sarah) ayant des disponibilités convenant à nos horaires n’étant pas formée à l’haptonomie mais à l’hypnonaissance, et nous ayant paru sympathique au premier abord, nous avons décidé d’essayer cette dernière.

Elle a commencé par nous expliquer dans le détail la physiologie, les étapes et le déroulement de l’accouchement. Ainsi, nous avons eu accès à des schémas de l’utérus présentant les différents muscles et leur action, à une courbe représentant la durée et la fréquence des contractions de manière à avoir notion de leur caractère non-anarchique et de la possibilité de se reposer entre deux d’entre elles, à un tableau représentant les multiples positions possibles selon les moment du travail, à une description des différentes phases de l’accouchement, à une liste des questions à poser au gynécologue, à des aides pour rédiger un projet de naissance, à une masse de conseils pour le papa sur la manière dont il pourrait aider sa compagne, à des articles  parlant d’épisiotomie, de péridurale… Bref, à une véritable information nous permettant de savoir ce qui nous attendait de manière avisée, confiante et paisible, et d’opérer à des choix.

Durant la deuxième partie des séances, nous avons appris ensemble à respirer efficacement « par le ventre », à nous relaxer profondément, à nous ancrer dans un lieu imaginé. Il a été montré à Futur-papa comment m’aider à accéder à l’ancrage en posant sa main sur mon épaule, à me masser, m’effleurer, m’apaiser, des gestes qui soulagent. Et puis, nous nous sommes vu confier un enregistrement conduisant à la relaxation, que j’ai utilisé jour après jour tout au long de la suite de ma grossesse, trouvant dans cet exercice un repos et un soulagement importants. De plus en plus rapidement, je pouvais, en l’écoutant, m’apaiser, me détendre, souvent m’endormir. Futur-papa, quand il était là, trouvait le même effet. Eh ! non ! Pas de pendule, pas d’yeux qui tournent, pas de murmures étranges… l’hypnonaissance, c’est seulement le fait de se détendre profondément, d’enlever toute tension et toute peur, de se relaxer. Ca marche donc même sur les scientifiques !

Enfin, lors de la troisième partie des séances, nous nous sommes vu offrir des explications sur l’allaitement (avec poupon à l’appui pour tester les différentes positions !) et quelques précisions sur les difficultés possibles. Nous avons eu un cours sur la manière de donner le bain au nourrisson, enveloppé dans un lange, et sur la réalisation de cet enveloppement pour l’apaiser en toutes circonstances, ainsi qu’une démonstration de massages pour soulager les douleurs au ventre du nouveau-né, quelques explications concernant le portage, et même une discussion sur la manière de réagir et de répondre aux pleurs du nouveau-né (eh ! oui, ça pleure un bébé, et se préparer même à cela ôte quelques surprises angoissantes…)

Beaucoup de choses dans notre vision de la parentalité à deux ont changé grâce à ces renseignements concrets. Nous faisions les exercices ensemble, et ensemble nous constations comme cette méthode de relaxation nous apportait de nouvelles sensations… Premièrement, cela nous a rapprochés en tant que couple, deuxièmement cela nous a rassurés en tant que futurs parents. C’est ainsi que ma préparation à l’accouchement nous a également ouvert la porte du parentage proximal…

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Et nous voilà à Nice, fin septembre, le jour de la DPA pile poil, 4 heures du matin. Il fait encore sombre quand je me réveille. Cela fait plusieurs nuits que je ne peux pas dormir à cause de contractions assez fortes et répétées, mais cette fois-ci, elles deviennent rapidement bien plus intenses ; je commence à penser qu’enfin, là, c’est peut-être ça. Je suis très calme. A Bruxelles, Sarah m’avait expliqué que le plus confortable était d’attendre le plus longtemps possible chez soi jusqu’à-ce que les contractions arrivent environ toutes les 3 minutes depuis environ 2 heures. Oui, cette fois, c’est sûr, ce doit être le début de mon accouchement, voilà véritablement les « vagues » que l’on m’avait décrites, leur fréquence et leur intensité continue à croître, croître… Mon souffle devient court, il s’écoule bien moins de 10 minutes entre deux contractions, il est 8 heures déjà, la douleur me fait vomir. Sans bruit, dans la nuit pas encore tout à fait levée, je retourne me coucher et mets en marche le fameux enregistrement sur lequel, depuis plusieurs mois désormais, je m’entraîne à atteindre cet état de relaxation profonde, celui qu’on appelle autohypnose. Peu à peu, tout s’apaise en moi, je regarde les montagnes que j’ai décidé de mettre dans ma tête, hautes, blanches, silencieuses, tranquilles et somptueuses. Je me rendors. Oui, pendant deux heures, à nouveau, je dors. A deux reprises, une contraction plus forte me fait me relever d’un bond, mais je réussis à m’apaiser à nouveau et à entrer dans le sommeil. A 10 heures, j’ai faim, et puis je sais qu’on ne me laissera pas manger ni boire plus tard, à l’hôpital (l’anesthésiste de l’hôpital me l’a dit, même si à Bruxelles, ça aurait été différent). C’est parti pour une platée de coquillettes (que je toucherai à peine, vomirai, et qui restera sur la table pendant plusieurs jours ensuite !) Quand les contractions deviennent insupportables, je vais sous la douche, et l’eau chaude me soulage un peu. Je respire profondément. Il faut songer à partir. Il est midi, cela fait longtemps que les vagues sont fort proches l’une de l’autre. La voiture, ce n’est pas très agréable, attendre dans le garage bondé que futur-papa fasse un parking parfait avec un millimètre de chaque côté de la voiture non plus. Et puis il faut encore marcher, se prêter aux analyses et aux longues questions des infirmières à l’accueil, qui n’ont pas l’air de bien croire que ce soit vraiment « le moment »… Respirer profondément, lentement, que l’air descende en chaque partie douloureuse du corps et la détende, tandis que la douleur se fait plus intense, plus aiguë, plus générale, plus grande que le corps lui-même…

Nous voici en salle de travail. Je donne mon projet de naissance à la sage-femme qui va s’occuper de moi. Je ne la sens pas très enthousiaste, et elle le commente, la moitié de mes requêtes bénéficiant d’un « ça va de soi », l’autre d’un « ce n’est pas possible »… Ce qui est sûr, c’est que j’ai envie qu’on me laisse tranquille, dans le calme, la pénombre et le silence, seule avec Futur-papa, qui, mis à part le temps d’un petit sandwich, sera toujours à mes côtés, et cela sera assez respecté. Nous jouons à regarder la courbe du monitoring, monsieur le scientifique essaye de comprendre comment ça marche (mal, ça marche mal, ça sonne sans arrêt parce que ça s’est déplacé). Je reprends mon enregistrement d’hypnonaissance, et il s’émerveille sur la manière dont les contractions se font aussitôt plus intenses tandis que je deviens calme et que la douleur s’apaise un peu. Je perds les eaux. Libérée du monitoring obligatoire, je vais du ballon aux bras de Futur-papa, d’agenouillée à accroupie, penchée, droite… Je passerai la majeure partie du temps assise sur le ballon, le buste soutenu par Futur-papa, qui me tient, me retient, me soutient, la 7e symphonie de Dvorak nous accompagnant… Je n’ai plus guère de répit entre deux « vagues ». Je meurs de soif, j’ai faim, je commence à trembler, je n’ai plus de forces, je… demande la péridurale. Je suis un peu déçue, j’aurais aimé faire sans, mais son éventualité est comme une bouée de secours. Et puis la sage-femme a dit qu’il y en avait encore pour 5 heures au moins. On m’allonge, on fait sortir Futur-papa, on me palpe le dos, l’anesthésiste me parle musique et voyage, j’ai envie de lui dire « shut, j’accouche, là ! Vous ne voyez pas ? », mais je suis trop bien élevée, et je me contente de fermer les yeux et de contempler mes montagnes. Une sensation nouvelle s’empare de moi. Les contractions vont plus loin encore, mais elles sont différentes. Je le dis. Je crois que le bébé veut sortir. On rappelle la sage-femme, on me dit que oui, c’est peut-être le moment, je réponds que non, la sage-femme m’avait dit qu’il y en avait pour encore longtemps, on me répond que oui, mais non, là, c’est la sage-femme elle-même qui me parle. J’entrouvre un œil : c’est vrai, tiens, c’est elle. Je respire à fond. Je sais que j’entre dans la phase d’expulsion, telle qu’elle m’avait été expliquée par Sarah. Je sais ce qui se passe en moi et ce qui va arriver. Je me sens mieux. Je respire. J’ai repris le contrôle. Je vais y arriver. Je me répète une fois de plus cette idée que, dans 24 heures tout au plus, ce sera fini, et qu’un jour est si bref, par rapport au souvenir à venir, qui me fera sembler ce moment si loin pendant si longtemps. J’annonce que je préfèrerais qu’on ne me fasse pas de péridurale finalement, je suis vraiment, vraiment désolée d’avoir dérangé tout ce monde pour rien, mais… Tout le monde quitte la chambre. Futur-papa revient, ouf ! Nous sommes à nouveau dans la pénombre, lui et moi dans mes montagnes, lui et moi dans le calme, lui et moi, et le bébé qui arrive lentement. Nous remettons mon enregistrement d’hypnonaissance en marche, et soudain, je repars. Loin, là où la douleur n’envahit plus de pointes aigues et brûlantes mon corps et ma tête, là où je peux respirer. Futur-papa m’effleure le bras comme Sarah le lui a enseigné. Toujours il garde un contact physique avec moi. Je suis au bout de l’univers, mais pas seule. Le temps n’a plus d’emprise sur moi. Futur-papa me dira plus tard que la sage-femme et son assistante présente échangent des sourires en entendant mon enregistrement (oui, oui, c’est vrai, ça fait marrer, en fait, les «Libérez votre corps pour qu’il se mélange au vert et sentez-vous complètement en harmonie avec la nature » sur fond de musique New-age, vu de l’extérieur…, et j’avais clairement le sentiment d’être l’allumée de service qui arrive avec son projet de naissance et ne veut rien faire comme tout le monde), mais elles me laissent faire. Jusqu’à l’expulsion. Soudain, c’est le moment. Fini Dvorak, adieu hypnonaissance, je suis brusquement envoyée au milieu d’une compétition sportive, probablement d’escalade, au milieu des huées m’enjoignant de dépasser la fameuse limite des dix mètres, celle au-delà de laquelle je commence habituellement à avoir les jambes qui flageolent, à grand renforts de « Allez-y, allez-y, jusqu’au bout ! On respire, et… on y va, allez, sans s’arrêter, jusqu’au bout, jusqu’au bout ! », et de souffler comme des trains en encourageant Futur-papa à faire de même. Je n’ai pas envie ici de m’attarder sur les autres commentaires stressants et semi-menaces (3), ni même sur mes sensations. Physiquement, j’ai atteint depuis longtemps la limite de ce que les mots savent décrire. Mais dans ma tête, toujours le calme absolu, et ni la pression de la sage-femme ni l’effort intense n’y peuvent rien. Je sais ce qui se passe, je sais que cela marche, et je sais que cela s’arrêtera.

Et en effet, arrive le moment où ELLE est là. Il est 17 heures. Elle est aspirée malgré mes requêtes, et je me tortille pour ne pas la lâcher un instant du regard, « rendez-la-moi… » mais cela ne dure qu’un instant, et elle revient contre moi. Ma toute petite. Les yeux grands ouverts, s’accrochant à mon sein, blottie comme si là toujours avait été sa place, comme si elle avait été moulée au négatif de ma poitrine, tiède, douce, aussi calme et tranquille que moi. Nous nous regardons, tous les trois. Nous avons réussi. Une larme. Le temps ne reprend pas son cours : j’ai déjà l’impression qu’elle est là depuis toujours…

Respectant mon souhait, deux heures plus tard, le personnel me transportera dans ma chambre toujours allongée contre mon bébé, et on me laissera là aussi longtemps que je le souhaiterai. Jusqu’à-ce que son Devenu-papa la prenne à son tour tout contre lui, puis, qu’à regret, nous l’habillions pour la nuit, que nous passerons tous les trois seuls dans notre chambre d’hôpital. Seuls comme une famille toute neuve. Seuls dans notre bulle de bonheur.

Epilogue

Pendant les mois suivants, nous continuâmes à utiliser l’hypnonaissance assez fréquemment. Je continuais à m’endormir en me relaxant en écoutant mon enregistrement, et Bébé-Loutre semblait également apaisée. En ce qui concerne les techniques d’effleurement, d’ancrage et de massage qui avaient été enseignées à Devenu-papa, il les utilisa à bon escient pour me soulager lors de mes débuts douloureux d’allaitement. Pour finir, je ne peux m’empêcher d’être convaincue que toute cette préparation et cette naissance avec l’hypnonaissance ne sont pas tout à fait étrangères à la manière dont notre petite fille est paisible et éveillée… En effet, depuis ses premiers instants, nous l’avons trouvée calme et tranquille, et puis nous l’étions aussi, et je crois que nous nous sommes renvoyés les uns aux autres cette paix rassurante comme un cercle vertueux. (4)

En conclusion, j’ai envie de dire que, plus que tout, il est à mon avis primordial que les femmes, que les couples, soient préparés à la naissance, et cela principalement dans le sens « informés ». Savoir exactement ce qui se passe physiologiquement, ce que cela produit comme sensation, ce qui va suivre. Je pense à quelle panique cela peut causer, que d’aller de surprise en surprise, ne pas savoir si c’est « normal », si « ça va aller », si on va « y arriver », si la douleur va continuer à monter à l’infini sans aucun répit, si… Informés aussi qu’ils peuvent soumettre des projets de naissance, informés que la « voie standard » toujours présentée dans les films et que l’on vous propose d’emblée n’est pas la seule possible, informés qu’ils peuvent demander autre chose, informés que la manière dont on met au monde son enfant est le premier choix que l’on fait pour lui, et pas le moins important… et qu’on devrait avoir le droit de l’effectuer en connaissance de cause.

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1) http://www.haptonomie.org/fr/espace-public/accompagnement-haptonomique-pre-et-postnatal.html

http://www.haptonome.be/haptonomie-grossesse.htm

2) Et en tapant « haptonomie Bruxelles », c’est vrai que l’on tombe sur un nombre de réponses assez important…

3) Je n’avais envie de parler ici que des côtés positifs de cette naissance, mais je ne voudrais pas non plus avoir l’air d’idéaliser tout ce qui s’est passé. J’ai accouché au CHU, peu après notre déménagement dans cette ville que nous ne connaissions pas, loin, donc de la gynécologue et de la sage-femme qui avaient suivi la majeure partie de ma grossesse. Et, puisque nous parlons d’accouchement respecté, force est pourtant de mentionner un extrait de ce que je n’ai pas perçu comme tel (un jour, peut-être, pourrais-je écrire le pendant que j’intitulerais « comment j’ai ressenti mon accouchement comme pas été tout à fait respecté » !). Ainsi, le rendez-vous avec le gynécologue du CHU pour le dernier bilan, alors que je lui parle timidement de projet de naissance : « Autrefois, les parents faisaient des enfants plus jeunes et ne se posaient pas tant de questions. Je ne vois pas pourquoi vous vous compliquez tant que ça la vie. Nous savons faire des accouchements. Et puis, croyez-moi, tout ira bien, les problèmes, vous les aurez pendant les 25 années qui vont suivre. », et, riant : « Ce n’est même pas votre enfant, que vous faîtes naître, mais celui de la société. C’est pour cela qu’il faut d’ores et déjà se plier aux protocoles » (sic !)

En ce qui concerne la salle de naissance, quelques phrases telles que « Votre femme ? elle veut avoir mal, eh ! bien elle a mal ! », ou « Si vous acceptiez l’épisiotomie, votre bébé serait déjà là », « Si vous ne poussez pas plus fort, votre bébé ne va pas bien aller »… n’ont pas été non plus tout à fait dans le sens de ce que j’attends d’un « accouchement respecté ».

Mais l’idée et le souvenir généraux que je veux garder de cette naissance sont tout de même,  grosso modo, ceux d’un beau souvenir paisible. En me laissant partir, c’est d’ailleurs ce qu’a dit la sage-femme : « Vous voyez, j’ai bien respecté votre projet de naissance », et, oui, elle avait fait des efforts, et je suis convaincue que c’est un bon début, dont je veux donner une image globalement positive.

4) Il ne s’agit, une nouvelle fois, pas de tout idéaliser ! Oui, il y a eu des « coliques » provoquant des heures de hurlements le soir, oui, il y a eu des difficultés à mettre l’allaitement en route, oui, des problèmes de santé et une grande fatigue, oui, des tas de questionnements sur que faire et comment le faire… Je veux seulement dire que tout cela n’a pas causé de panique et que, malgré tout, de manière générale, nous avons pu préserver notre « bulle de bonheur » malgré les incidents que nous savions normaux.

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Quelques sources :

http://hypnonaissance.eu/accueil.html

http://www.hypnonaissance.com/

http://douce-naissance.com/philosophie/

Livre : HypnoNaissance, la Méthode Mongan (disponible dans notre bibliothèque) : brève histoire de l’accouchement, préparation, techniques de respiration, techniques de relaxation, descriptions et explications sur l’accouchement. Un livre dont la lecture rassure et donne de bonnes pistes pour un accouchement paisible. A lire avec assez de recul pour ne pas s’arrêter aux affirmations un peu allumées, au ton de supériorité et de critique envers le reste, à la très mauvaise traduction de l’américain…

Livre : Pour une Naissance Heureuse, d’Isabelle Brabant (disponible dans la bibliothèque)

Livre : Préparer son accouchement, aire un projet de naissance, Sophie Gamelin-Lavois (disponible dans l bibliothèque) : une bonne liste d’informations à avoir afin de choisir ce qui nous semble important et d’en informer l’équipe médicale. L’ouvrage ne donne malheureusement pas de conseils de rédaction, mais à venir prochainement ici un article sur le projet de naissance.

 

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