Vers la nuit

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Par Lise

Étendu.

Seul.

Espace sans limite.

Mon corps immensément minuscule se perd dans mes gestes éperdus.

Froid.

Chaud.

Depuis combien de temps ?

Seul.

Les cris s’arrachent de mes poumons, sortent salés de ma bouche, transpercent mes oreilles.

Une éternité. Au moins.

J’appelle. Mes larmes m’aveuglent.

Suis-je à jamais seul ?

Mes bras dans tous les sens, mes jambes au loin.

Il fait trop grand, il fait trop froid, mon souffle me brûle.

Les voix. Les voici. Leurs voix magiques, leur main sur mon ventre.

Le calme aussitôt. Bonheur ! Prenez-moi, réchauffez-moi !

Les voix : « Tu vois bien, ce n’est qu’un caprice. Il s’arrête de pleurer dès qu’on entre… »

Je ne comprends pas.

Déjà, ils s’éloignent.

Dans un intense effort, je leur tends mes bras.

Prenez-moi, prenez-moi, vous qui êtes la chaleur, les mots, le temps, la nourriture, l’existence. Prenez-moi, enveloppez-moi.

La porte se referme.

Obscurité.

Mon souffle à nouveau se transforme et m’étouffe.

Le hurlement de mon corps.

Eternité.

Seul à jamais.

Je n’en puis plus.

Je sombre, l’obscurité m’absorbe.

Personne pour moi.

Je ne suis personne.

Seul.

A quoi bon…

Epuisé.

Seul dans le silence immense d’un temps et d’un espace dont j’ignore les limites.

Silence glacial. Je ferme les yeux.

La voix : « Tu vois, il a bien compris que ça ne servait à rien. Le voilà qui dort. Maintenant, il va faire ses nuits. »

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