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Casse-tête sur l’appuie-tête

Par Lise

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Ça y est, ça recommence ! Plus d’un an après en avoir fini avec les choix de poussette, porte-bébé, lit, baignoire, table à langer et toutes ces choses à acheter ou pas, revoilà à nouveau le problème du siège-auto ! (Dans notre cas, c’est aussi tardif car nous avions une coque fonctionnant jusqu’à 13 kg)

Pour tout le reste, emprunts, occasions ou bricolage me conviennent parfaitement, mais dans le domaine de la sécurité, pour moi, les concessions sont hors de question ! C’est ainsi que me revoilà plongée dans les sites comparateurs, les forums et autres articles sur les fameux sièges. Et il y en a !

Pourtant, il faut fouiller un peu déjà pour entendre parler de sièges Rear-Facing (oui, oui, dos à la route, vous avez bien compris !) On tombe facilement sur les crash-tests comparant les sièges existant sur le marché (et prouvant déjà que tous ne sont pas égaux !), mais peu d’entre eux mentionnent les fameux RF, pourtant tellement utilisés… en Suède, où le taux d’accidents est parmi les plus bas d’Europe !*

Eh ! Eh ! J’entends la voix de certains fidèles lecteurs ayant à peine d’achever de lire l’article « les écharpes de portage c’est comme les camping-cars » et s’esclaffant que, décidément, j’y tiens à ce que ma fille ne regarde jamais devant elle. Si, si, pourtant, je vous assure, non seulement elle a une chaise « face à la table » pour manger, mais aussi lorsqu’elle marche, je la laisse avancer dans la direction de ses orteils!

Mais en voiture, en effet, c’est différent. En RF, lors d’un choc frontal, le poids exercé sur la nuque est 6 fois moindre, ce qui est primordial chez le jeune enfant, dont la tête est plus lourde et le cou moins robuste que plus tard. Le risque de blessure grave en voyageant dos à la toute jusqu’à 4 ans est 5 fois inférieur.

Alors certains diront : « Nous avons toujours attaché nos enfants dans leurs sièges face à la route et n’avons jamais eu de problème ». Mais le siège est une assurance « au cas où », n’est-ce pas ? Et le but est qu’il assure « au cas où » l’accident serait grave, et qu’il le fasse au mieux. De même, on pourrait entendre de la génération précédente : « De mon temps, nous n’attachions pas les enfants ! D’ailleurs, nous ne mettions pas non plus notre ceinture, et nous n’avons jamais eu de problème.» Tant mieux. Pourtant, on recense 18 000 tués sur la route en 1972, contre 3 653 en 2012. Et le durcissement continu des normes de sécurité n’est certainement pas étranger à cela. Vous n’êtes d’ailleurs certainement pas sans savoir que la norme a changé au 9 juillet 2013, qui vise à normaliser le système Isofix, durcit les mesures d’homologation par les crash-tests, classe les sièges en fonction de la taille de l’enfant et non plus du poids, et surtout, prévoit le transport des enfants dos à la route jusqu’à 15 mois (contre 9 mois auparavant). Et alors, pourquoi, encore 15 mois seulement, alors que les Suédois l’encouragent jusqu’à 4 ans au moins ? Évolution à petits pas de tortue. Mais vous qui me lisez, ne pourriez-vous pas souhaiter que votre enfant bénéficie dès à présent de ce qui est clairement plus sûr, et sera probablement conseillé dans quelques années ici aussi ?


Notes en bas de la page :

* Tiens, la Suède, encore… Voir aussi : « si j’aurais su… je serais né en Suède »

Statistiques et nouvelles normes : http://service.autoplus.fr/les-sieges-auto-que-choisir/

Un site extrêmement complet sur les sièges auto, et en particulier les Rear-Facing : http://www.securange.fr/#!dcouvrir-rear-facing/cw7t

Statistiques de sécurité routière en Europe : http://www.securite-routiere.org/Fiches/statistiques/statinter.htm

Un forum sur lequel on rencontre plein de gens bien renseignés : http://puericulture.forumactif.com/f8-bebe-en-voiture

Idées allumées pour parents curieux

Par Lise

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Tous les articles présents dans ce blog, et certains thèmes proposés eux-mêmes pourront surprendre, interpeller, agacer, choquer, horrifier certains lecteurs. Non seulement certaines idées que nous présentons sortent des sentiers battus, mais en plus, il nous arrive (oh ! bien malgré nous !) de tirer vers l’ironie, la critique, voire la provocation ! Il y a là de quoi rebuter certains, nous l’admettons tout en le regrettant d’ores et déjà.

Ô, lecteur dont les sourcils se lèvent jusqu’à la racine des cheveux en lisant certaines de nos phrases, ne passe pas ton chemin, je te prie. Entends que le but premier de notre association est d’informer sur les alternatives possibles à « ce que l’on voit partout et que l’on a toujours connu ». Forcément, cela bouscule un peu. Nous le savons très bien, puisque nous aussi, en ayant vent pour les premières fois de certaines de ces idées (« allaiter après six mois ? Porter après qu’il marche ? Donner des morceaux à manger à un tout petit ?! Mais voilà bien des idées d’allumés un peu extrémistes qui veulent se démarquer à tout prix ! »), avouons-le, nous avons quelquefois tressailli.

Notre but, d’ailleurs, n’est en aucun cas d’asséner une vérité absolue (« nous avons raison, point-barre»), mais de faire connaître ces alternatives qui, une fois observées plusieurs fois chez d’autres puis testées avec succès et plaisir chez nous,  ont fini par nous séduire. Maintenant que vous en savez un peu plus sur le sujet, libre à vous de vous renseigner davantage, et même de chercher des contre-arguments à ce que nous avançons. Ce sera même parfait. Car ce que nous souhaitons avant tout, c’est que tous les parents soient suffisamment informés pour agir avec leurs enfants en connaissance de cause, parce que c’est leur choix, parce que véritablement ils pensent que c’est ce qu’il y a de mieux, et parce qu’ils savent comment le faire, et non parce qu’ils ne connaissent pas d’autre option même si ça marche mal. En effet, si un homme averti en vaut deux, alors deux parents avertis… en valent… bref, faites le calcul !

Une fois, donc, que, fort de vos recherches, vous êtes prêt à argumenter vos décisions, prises parce qu’elles vous convainquent et que vous les pensez bonnes pour votre enfant, sentez-vous libre de venir réagir en nous faisant profiter de vos commentaires… l’humour restant de mise même dans les conclusions les plus contradictoires !

En vous souhaitant une bonne lecture, de belles découvertes, et de nouveaux éclairages !

Les jouets préférés du moment

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Stella (15 mois) aime varier les plaisirs et change fréquemment de jeu, mais il lui arrive quelquefois de rester plus longtemps avec un jouet.

Elle aime particulièrement les sacs (ranger les cubes, sortir les cubes, transporter, ouvrir…) et les boîtes, spécialement celle qui contient de petits livres, qu’elle range et sort avec soin (elle aime les lire aussi, mais cela est une autre histoire, dont nous parlerons dans un autre article). Mettre et enlever les couvercles est une autre de ses passions.

Il y aussi sa boîte à musique, sur laquelle tourne les petites grenouilles. Malgré ses tentatives répétées, elle n’arrive pas encore à la remonter toute seule, mais demande qu’on le fasse pour elle en boucle, et prend, pose, observe les grenouilles, parfois en dansant elle-même.

Elle aime aussi énormément sa gourde à paille, et outre son utilisation principale, apprécie de la promener partout, de la mordre, de la secouer…

Elle joue beaucoup avec les tours d’anneaux à enfiler, mettre, enlever et recommencer. Elle aime aussi accrocher les briques ensemble, mais surtout défaire les constructions.

Depuis quelques temps, elle joue à « faire semblant ». Avec sa dînette, elle feint de verser quelque chose dans les tasses, d’y boire et de nous y faire boire. Elle fait aussi marcher les petits personnages et rouler ses superbes tracteurs. Ceux-là, et toutes les autres jouets à roulette, si on y accroche une ficelle, elle adore les tirer en promenade.

Mais son plus grand bonheur depuis plusieurs mois, c’est de pousser sa petite poussette, celle-là même sur laquelle elle s’est appuyée pour faire ses premiers pas!

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En ce moment, ce que préfère Avril (21 mois), c’est la dînette, elle me sert un thé, et me sert des gâteaux au « cololat » tout le temps. Ce qui est rigolo, c’est qu’Avril ne veut pas manger de légumes en vrai, mais quand elle joue a la dînette, elle trouve que tout est très bon, et dit : « hum bon ! ».  Elle aime aussi beaucoup être dans la cuisine et s’amuse avec les petites bouteilles d’eau, avec mes casseroles, elle reste là a jouer seule de bons quarts d’heure et se raconte des histoires qui n’ont pas grand choses à voir avec de la cuisine… !

L’un des jouets qu’elle adore est son poupon, à qui elle fait des câlins, nettoie les fesses et change la couche, donne à manger (mais pas à téter), et qu’elle emmène souvent dans son petit porte bébé.

Le week-end dernier, il a beaucoup plu, quatre jours de pluie sans arrêt, et Avril avait très très envie de sortir, nous avons donc mis les manteaux étanches et les supers bottes, et nous sommes allées sauter dans les flaques de l’impasse à coté de la maison. Elle les a toute essayées, et nous sommes rentrées juste parce qu’elle était trempée jusque dans les bottes, mais on a bien profité.

Elle aime beaucoup sa grande toupie, qu’elle peut faire tourner toute seule, et quand je l’aide un peu et que la toupie tourne très vite, elle siffle, et ça lui plait beaucoup, « maman encore » !

Elle adore aussi se cacher sous la couette, ou les couvertures ou derrière les rideaux, elle nous crie « cachée » et on doit faire le tour de la maison avant de « faire comme si » on n’avait pas vu ses pieds dépasser sous les rideaux ou une boule qui respire sous la couette…

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Mathilde (21 mois) change très souvent de jeu et préfère de beaucoup jouer avec ses parents plutôt que seule. Ces temps-ci, les poupées sont à l’honneur : la grande, qu’elle me fait déshabiller (« habii ») et rhabiller, les petites qu’elle compte (elle dit 2 et 10) et l’ensemble qu’elle promène en poussette, version famille très nombreuse.

Elle adore les petites pochettes qu’elle porte autour de son cou, accroche un peu partout et remplit de trésors.

Les puzzles en bois sont devenus très facile pour elle mais elle aime toujours les faire et nous attrape les poissons qu’on lui demande (la version combo puzzle et pêche aux poissons présentée sur la photo est vraiment bien).

Elle construit des tours gigantesques avec les grosses briques, si possible en compagnie de son papa, et les préfère aux cubes qui tombent bien trop facilement à son goût : les tours ne devraient tomber que si on les pousse !

Les petites voitures se rangent dans le seau ou côte à côte et parfois seulement, roulent.

Quant au gros coussin rouge, il lui sert à s’installer confortablement pour lire ou bien à faire « pouf » comme les otaries !

 

 

Pourquoi demander un câlin quand les carottes brûlent

Par Lise

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« Faites attention, elle vous fait du chantage », « elle essaye de vous manipuler »…

Si, si, sérieux, ces phrases m’ont été dites au sujet de ma fille de 15 mois, qui pleurait en arrivant dans un endroit nouveau et me tendait les bras en criant !

Avant de s’emballer, consultons  mon vieil ami Robert, des fois qu’un sens m’ait échappé. Et voici ce qu’il dit : « Chantage : moyen de pression pour obtenir quelque chose de quelqu’un », « Manipuler : influencer habilement un individu pour le faire penser, agir comme on le souhaite. »

Du calme, réfléchissons. De deux choses l’une : je prends les mots au pied de la lettre, et en déduis que, par ses larmes, de son chagrin et de ses craintes, ma fille essaye d’obtenir de moi que je la rassure et que je la console… Mais alors, à quoi dois-je faire « attention » ? Ne suis-je pas sa mère, celle qui, en lui donnant le jour, lui ai promis de lui offrir protection et amour ? Auquel cas il me faut comprendre que ma fille me demande un câlin, parce qu’à ce moment-là, elle en a besoin, et lui concéder parce qu’il est avant tout un plaisir pour moi…

Ou alors, je m’emballe, finalement, et j’entends chaque mot. Oui, mon enfant, cette petite personne blonde qui n’articule pas encore plus de deux syllabes, qui passe son temps à me sourire et à m’embrasser en riant, qui lance des baisers aux gens qui lui sourient dans la rue, et qui est encore si fragile qu’un bruit trop fort suffit à lui faire monter les larmes aux yeux, cette enfant-là calcule que lorsqu’elle entre dans un endroit nouveau qui l’effraye, son intérêt est de feindre la peur, de mimer le chagrin, de sorte à m’extorquer… quoi, en fait ? Malgré toute ma « bonne volonté » (douteriez-vous par hasard de mon impartialité dans cette histoire ?), je n’arrive pas au bout de ce raisonnement. Non, ce n’est pas seulement que je sais ma petite incapable de manipulation, mais surtout que je ne vois pas ni comment, ni pourquoi elle s’y essaierait.

Et pourtant, il est difficile d’être absolument sourd à ce genre de remarques, qui résonnent comme un écho assez souvent malgré tout. Ce doit être une habitude d’adulte : ce qui s’oppose à nos désirs de tranquillité et de liberté est forcément l’œuvre de machiavéliques manipulations fomentées par des personnes malveillantes qui ne cherchent qu’à vous déranger.

Allez, je lance une petite comparaison, parce que j’adore ça : vous êtes en train de vous bagarrer avec le linge à étendre, les carottes qui brûlent, le téléphone qui sonne et votre estomac qui gargouille. Pendant ce temps, votre conjoint(e), confortablement installé(e) sur le canapé, est derrière son ordinateur en train de faire, disons la comptabilité pour dire qu’il/elle œuvre aussi pour la cause commune. Peut-on dire, au moment, où, épuisé(e), agacé(e), larmoyant(e) peut-être, vous vous jetez sur lui/elle en criant « je n’en peux plus, viens m’aider, bouge, et prends-moi dans tes bras tendrement par-dessus le marché ! », que vous êtes en train de l’interrompre volontairement dans son activité, pour l’amener, par la manipulation et le chantage, à faire ce que vous voulez, sans autre but que le déranger ? Votre conjoint, emporté par ce qu’il fait, pourrait peut-être un instant le croire, mais soyons sérieux…

Eh oui, je pense avant tout que les enfants, si petits soient-ils, sont des personnes. Comparer leurs ressentis et même leurs actions avec les nôtres aide, je trouve, extrêmement bien à essayer de comprendre. Et comparer notre relation de couple, notre manière de nous adresser l’un à l’autre, est souvent une bonne clé (qui fonctionne, qui plus est, dans les deux sens !)

Pourtant, j’ajoute encore une nuance : aussi proches des nôtres soient les ressentis, les émotions et les besoins des enfants, je crois qu’ils sont plus forts et plus envahissants dans leurs petites têtes qui n’ont pas encore acquis l’expérience qui permet de relativiser, pas plus que celle qui permet de… manipuler !

Les écharpes de portage, c’est comme les camping-cars

Par Lise

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Quand deux camping-cars se croisent, ils ont souvent pour coutume d’échanger un appel de phare ou un signe de la main, reconnaissance entre conducteurs de machines un peu à part, « coucou, moi aussi, j’en ai une ! »

Les porteurs d’écharpes ou porte-bébés physiologiques, c’est un peu la même chose. Il y a souvent, lorsqu’on se rencontre, ce regard quasi-complice du porteur de tissu un peu à part.

Semblable au premier regard, le porteur de porte-bébé « de base », tenant son bébé face à la route, jambes pendouillantes, dos arqué, qui, à l’instar du chauffeur de  fourgonnette, salue aussi.

Pourtant, le porteur d’écharpe ou de porte-bébé physiologique ne peut souvent s’empêcher de ressentir comme une gêne. Peut-être au moins voudrait-il communiquer ce qu’il sait ?… Mais imaginez la scène : « Non, monsieur, non madame, votre camping-car est trop petit, trop peu puissant, trop peu meublé, vous ne pouvez prétendre à mon salut, attendez, je vais vous expliquer ce qu’il vous faudrait. » Non, cela ne se peut pas, et tout d’abord car cela manquerait d’indulgence et de respect dans l’échange.

Mais pour vous qui lisez ici, je vais développer un peu mon idée. Voici le porte-bébé standard, qui maintient l’enfant à califourchon sur une selle étroite, tout son poids portant sur l’entre-jambe et sa colonne vertébrale encore peu mature. Pire, tourné « vers le monde » (ce qui, en conduite, s’apparenterait à debout sur le capot, dirais-je), sans pare-brise, sans aucune chance de pouvoir se retourner vers un objet familier, doux (vous, quoi !), il se trouve forcé à ingurgiter lavillelesgenslescouleurslessonslemondelesbruitslesmoteursleslumièreslevacarmelesklacsonslesclignotants, tout à la fois, sans que le moindre mouvement de recul lui soit possible.

À l’opposé, voilà le porte-bébé dit « physiologique » ou l’écharpe, dans lequel le petit passager, comme dans la banquette moelleuse et chaude d’un beau camping-car, se trouve lové contre la poitrine ou le dos de son tendre porteur, son propre dos arrondi selon la forme qui lui est naturelle, avec la possibilité de choisir de regarder autour de lui, sur les côtés, et même autour d’un nombre de degrés impressionnant grâce à la souplesse de son jeune cou, ou de serrer son minois dans l’odeur familière de son porteur protecteur et tendre comme un pare-brise anti-choc.

Pour couronner le tout, le porteur lui-même trouvera un confort incomparable pour son propre dos dans le portage physiologique, qui permet de varier les positions (devant, derrière ou côté), et de mieux répartir la charge. Car, clairement, pour transporter cette merveille aussi précieuse qu’encombrante, mieux vaut se sentir bien soi-même !

Oui, comme j’aimerais, souvent, m’approcher et déclarer doucement : « Le dos de nos enfants est encore tout arrondi, regardez comme le tout-petit se montre plus détendu lorsqu’il est maintenu dans cette position. » Et surtout : « La plus belle et la plus importante des stimulations pour le petit enfant est le contact visuel avec d’autres humains et les échanges verbaux. Offrez-lui cela dès à présent. Bien vite il aura le monde face à lui, mais si ce sont ses propres jambes qui le portent, il le dégustera plus commodément. »

Mais je me retiens, m’efforçant de garder à l’idée qu’après tout, nous avons de part et d’autre un beau bébé, l’envie de le tenir contre soi, et de l’amour à revendre, alors autant profiter de l’occasion supplémentaire offerte d’échanger au moins un sourire !

Un sandwich à la tétée

Par Lise

Je ne sais plus très bien quand ni comment j’ai décidé que j’allaiterai mon bébé, cette minuscule chose encore parfaitement inconnue qui se cachait en moi. Disons que l’idée s’est subrepticement glissée d’elle-même, mêlée d’une part des souvenirs de mon enfance, lorsque ma sœur était allaitée, puis que nous donnions le sein à nos poupées, d’autre part de conseils de sages-femmes, puis de lectures disparates. J’allais essayer, et puis je verrais bien. Ce que j’ai vu, c’est que plein de difficultés sont venues m’embêter, mais que plus c’était compliqué, plus j’étais convaincue de vouloir continuer. Comme cela ne fonctionnait pas tout seul, ma volonté s’en est mêlé, appuyée par toutes les informations sur le sujet qu’il m’a fallu chercher pour me soutenir, et là, plus question d’en démordre !

Une des phrases qui m’a le plus frappée fut : « Tu devrais laisser le papa lui donner un biberon de temps en temps pour qu’il participe ! » Alors d’abord, non, je ne crois pas a priori que le papa doive tout faire comme la maman. Chacun créera une relation qui lui est propre avec son tout-petit, et, il se trouve que le papa n’ayant pas la poitrine ad-hoc, le sein de maman risque d’opposer quoi qu’il en soit une concurrence déloyale à son biberon. D’autre part, je ne suis pas sûre que « donner un biberon pour donner un biberon » par défaut soit à la hauteur de ce qui peut être confié à un père.

En revanche, si je ne crois pas que le papa doive chercher à « faire pareil », je trouve formidable qu’il « fasse avec ». C’est ainsi que sont nées nos merveilleuses tétées à trois, papa et maman allongés de part et d’autre, bébé en sandwich au milieu. Cela fonctionne le jour, la nuit, à la sieste, au goûter, et même dans la rue, ni vu ni connu, en version verticale bien sûr ! En été c’est doux, en hiver ça réchauffe, la nuit ça console et le jour ça fait rire. Surtout que depuis qu’elle est capable de le faire, la petite téteuse du milieu ne manque pas de réclamer à cors et à cris la deuxième moitié de son sandwich, qu’elle bisouillera tant et plus entre deux rototos.

Et là, alors, oui, le papa participe, et plus que cela, il tient une place tout entière. Car pour construire un tel nid de tendresse, de douceur, d’amour, un partage si profond, une complicité si fine, des regards si aimants, pas de doute, rien de mieux qu’être trois !

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