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Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés

Par Emilie

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« Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés ». Cette expression me vient souvent en tête quand je pense à ce que furent les mois qui suivirent la naissance de mon bébé.

Sage-femme libérale, j’ai choisi de me faire suivre par une collègue, en accompagnement global. Mon mari ne s’oppose pas à l’idée mais a besoin de temps pour cheminer. Ma grossesse se passe parfaitement sur un plan médical mais dans ma tête c’est déjà compliqué : vulnérabilité, fragilité, régression, sentiment d’abandon… Je pleure beaucoup. Mon mari ne comprend pas ce que j’attends de lui, moi qui suis d’habitude si indépendante. La sage-femme m’accompagne, m’écoute, me laisse pleurer et tente d’expliquer mon état d’esprit à mon conjoint.

J’accouche chez moi, avec « ma » sage-femme et une autre collègue. Tout se déroule bien. Un joli bébé avec qui je commence à faire connaissance.

Et puis le lendemain les doutes commencent, cet enfant que je ne comprends pas, qui pleure sans vouloir prendre le sein… Un beau baby blues ! Heureusement la sage-femme nous rend visite et nous rassure. Me réconforte et me redonne confiance en moi. Je me rappelle en souriant de cette phrase « tu as, toi aussi, le droit de faire ton baby blues ».

Les jours passent et tout semble bien se dérouler. C’est l’été, tout le monde est en vacances : ma sage-femme, mes collègues, mes amies. Ma famille aussi et je suis entourée. Je passe beaucoup de temps chez mes parents, il y a du monde, je ne peux pas vraiment me reposer ni être seule avec mon bébé. Et puis comme je suis sage-femme, je suis sensée tout savoir, avoir réponse à tout. Seulement quand il s’agit de moi, impossible de réfléchir, impossible d’avoir la moindre pensée logique ou cohérente. Tout se mélange…

Je suis obligée de reprendre le travail à ses deux mois, à cause de difficultés avec ma remplaçante. Mon bébé est petit, trop petit pour que je le laisse mais j’ai l’impression de ne pas avoir le choix, et puis je ne travaille pas à temps plein, je me dis que ça ira…

Un mois plus tard, je pars trois jours à un congrès de sages-femmes. Seule. Mon mari ne m’accompagne pas. La collègue qui devait m’accompagner est obligée d’annuler. Je suis forte, personne ne semble en douter, j’irai donc seule avec mon bébé et tout ira bien.

C’est ce week-end-là que tout a dégénéré. Un évènement déclencheur. Le premier craquage. Mon bébé qui hurle pendant des heures pour s’endormir un soir, je suis fatiguée, je ne comprends pas, je n’arrive pas à le faire taire, je culpabilise et j’en veux à tout le monde de m’avoir laissé y aller seule. Nous pleurons tous les deux une partie de la nuit. Mon mari au téléphone est impuissant et je suis en colère. Je m’imagine appeler à l’aide une collègue mais n’ose pas…

De retour, le cauchemar continue. Cet enfant hurle pendant des heures, sans que je comprenne, sans que nous parvenions à le calmer. Souvent les nerfs lâchent, plusieurs fois je suis à deux doigts de commettre un geste irréparable. Et à chaque fois, la culpabilité augmente. Comment moi, la sage-femme, qui conseille et rassure toute la journée des mères, des parents, je n’arrive pas à contrôler la situation ? Pourquoi je n’arrive pas à appliquer les conseils que je donne ?!

Puis, la visite chez le pédiatre. Mon bébé n’a quasiment pas grossi depuis le mois dernier. Elle me conseille de compléter avec du lait artificiel. Je me sens dépitée, incapable d’y croire, en proie aux doutes et à la culpabilité. Je ne suis pas capable de nourrir mon bébé. Je n’ai pas compris que mon enfant qui hurle, a faim. Dans un moment de lucidité j’appelle une consultante en lactation. Le rendez-vous est pris trois jours plus tard. Dans cet intervalle, je me résous à donner du lait artificiel mais mon bébé le refuse, il ne veut rien avaler. Les mises au sein deviennent difficiles. Je pleure dès que je suis seule chez moi. J’ai l’impression que personne ne voit à quel point je me sens mal, à quel point c’est difficile. Ni mon mari, ni ma famille, ni mes amies, ni mes collègues, ni la consultante en lactation, ni ma sage-femme… Personne ne m’aide, personne ne cherche à m’écouter, personne ne m’accompagne…

La consultante en lactation diagnostique un frein de langue. Mon bébé a des difficultés à drainer correctement le sein. Pour faciliter la prise au sein nous devons lui faire couper le frein de langue et le frein de lèvre supérieure. Un premier ORL refuse, la consultante nous en conseille un autre qui accepte. Je mise beaucoup sur cette intervention. Je me dis qu’ensuite les tétées se passeront mieux et que mon bébé reprendra du poids. Seulement tout va en dégénérant. Mon bébé a six mois et nous n’arrivons pas à nous réadapter. Il s’énerve, me repousse, pleure dès que j’approche le sein. Il a l’air d’avoir compris que sa mère ne peut pas satisfaire son besoin alors que le biberon y répond mieux.

J’ai du arrêter mon allaitement et je ne m’en remets pas.

Pendant plusieurs mois je n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. A l’extérieur, je relativise, je donne le change. A la maison, je m’effondre constamment. Mon mari est sûrement dépassé, il ne fait rien. Je n’arrive pas à appeler à l’aide et personne ne le fait pour moi.

Mon bébé a maintenant neuf mois et je suis totalement épuisée. Physiquement et moralement. Dix jours de vacances me font du bien mais je ne remonte pas totalement. Les crises de larmes, les disputes avec mon conjoint, l’hystérie, la solitude, l’envie de tout abandonner et d’en finir, la culpabilité de laisser mon enfant être témoin des états par lesquels je passe, de ne pouvoir être une bonne mère…

Presque deux ans plus tard, je crois que je vais mieux, mais je n’arrive toujours pas à mettre des mots sur ce que j’ai vécu. Et si je n’avais pas été sage-femme comment cela se serait-il passé ?

Les pleurs des enfants

Par Ariane

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Un bébé, un enfant pleure. Quelle sont les réactions les plus courantes chez les adultes ? L’agacement, ou l’indifférence. Pourtant, la plupart de ces mêmes adultes auraient le coeur brisé ou tout du moins seraient mal à l’aise s’il s’agissait d’un autre adulte.

Je n’ai jamais laissé pleurer ma fille toute seule. Tout d’abord parce que je pense que c’est mauvais pour elle, mais également parce que je n’en serais tout simplement pas capable. Traitez-moi de folle sentimentale, je ne peux pas entendre la détresse d’un autre être vivant et rester stoïque.

En fait, je ne devrais pas dire que la plupart des gens feraient preuve d’empathie envers un autre adulte en larmes. Nous vivons dans un monde où nous sommes quotidiennement confrontés à la détresse des autres. Ceux que nous voyons : les sans-abris par exemple. Et les milliards de personnes dans le monde dont nous savons qu’elles existent, et pour lesquelles nous sommes malgré tout très peu à nous révolter. Cette indifférence-là tue. Et je me demande si cette indifférence, ce manque d’empathie, n’est pas justement lié à ces heures que nous avons passées à pleurer seuls, dans notre lit, à chercher l’attention et l’affection des adultes alentour qui ne nous en donnaient pas, parce qu’un enfant n’a pas à demander, à « imposer » ses besoins à l’adulte. Toujours cette façon étrange de traiter un enfant comme une gêne, comme un tyran, comme un « hyperactif », comme un boulet…

Je pense, et les études récentes vont dans ce sens, qu’un enfant qui a reçu de l’attention, de l’affection, qui n’a pas souffert seul, et donc qui n’a pas appris à se blinder, à trouver lui aussi « normal » de crier à l’aide sans qu’on vienne à son secours, cet enfant-là sera sensible à la détresse des autres, sera choqué, révolté par l’absurdité des mauvais traitements, et réagira davantage pour y remédier.

Notre monde est un monde dur. Et si l’on parle d’humanité, on se fait taxer de sentimentalisme. Un parent qui prend son enfant dans les bras quand il pleure « se fait avoir » par lui, ne « sait pas s’imposer ». Dans quel monde vit-on lorsqu’on s’interdit de venir en aide à ceux qui nous appellent ??

Il a fallu presque deux ans et demi à ma fille pour « faire ses nuits », c’est à dire pour pouvoir se rendormir seule sans avoir besoin de nous appeler pour qu’on vienne la rassurer. Deux ans et demi au bout desquels elle a compris qu’on sera toujours là pour elle, deux ans et demi pour qu’elle puisse « se débrouiller seule », pour qu’elle ait confiance, soit sereine. Ca ne me paraît pas cher payé dans toute une vie pour faire un être humain plus heureux. Deux ans et demi, c’est long ? Mais ça me paraît aussi normal quand on se met à la place de l’enfant. Il n’a pas le cadre de référence que nous avons. Il ne sait pas que demain viendra. Il ne sait, bébé, pas parler pour exprimer ce dont il a besoin. Tout ce qu’il a, c’est sa voix pour crier. J’ai faim, j’ai soif, j’ai peur, j’ai mal. Ou j’ai besoin d’affection. Personnellement, à mon âge, si je fais un cauchemar la nuit, je me serre contre mon compagnon. Parfois même j’ai besoin de me relever, de marcher, de parler, de lire un peu. Un enfant ne peut faire ça. Un enfant n’est pas une machine qui doit « s’habituer ». Un enfant a des besoins qui doivent, selon moi, être satisfaits pour qu’il évolue en un être serein, qui n’aura pas une vision cynique de l’humanité, qui sera choqué par l’injustice parce qu’elle ne sera pas un sentiment qui lui aura été imposé dès la naissance et auquel il se sera habitué.

Un enfant qu’on laisse pleurer seul ne fait pas ses nuits parce qu’il a appris à se rendormir tout seul. Il arrêtera d’appeler parce qu’il aura compris que personne ne viendra, parce qu’il aura perdu la confiance, parce qu’il se sera blindé, parce qu’il pleurera tout seul. Des études ont prouvé que les hormones de stress que l’enfant produit lorsqu’il pleure la nuit continuent d’être sécrétées s’il ne pleure pas : il a les mêmes sentiments d’angoisse, mais les garde pour lui.

Je ne suis plus étonnée de voir le monde dur dans lequel nous vivons, d’observer des gens enjamber des sans-abris dans la rue, être indifférents, égoïstes, agressifs, violents, durs. « Débrouille-toi seul dans la vie, ne compte sur personne, sois fort, sois dur ». Et ça commence dès la naissance : pleure, personne ne viendra, ta détresse ne compte pas.

O-Liste-tâches

Par Lise

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Les mille et une tâches du quotidien tendent à devenir un milliard aussitôt qu’on est trois. Et ne plus avoir à s’occuper que de soi décuple encore les efforts. C’est ainsi que ces bêtes choses à faire peuvent se transformer en montagne et prendre trop de place dans le temps de la journée, au point de se faire  carrément douloureuses, car pour autant, elles ne deviennent pas valorisantes.

C’est pourquoi j’ai, un jour de grisaille, dessiné ce tableau que je souhaite aujourd’hui partager avec vous. La colonne de gauche contient toutes les tâches de la maison que j’ai pu recenser chez nous. Sur la ligne du haut, ce sont les 31 jours d’un mois. Eh ! bien, croyez-le ou non, mais cette simple première étape m’a fait du bien : tout ce qu’il fallait faire tenait sur une page A4, c’était déjà un petit peu moins grand qu’une montagne.

A ce stade-là, j’en ai parlé avec Papa-Loutre. J’ai choisi un moment où j’étais tranquille et où il était disponible. Il ne s’agissait pas reproches et lamentations flous, de la catégorie « tu auraispu, yaka, ilfaut, j’enai »… Je lui ai montré ma feuille en lui proposant de faire une sorte de jeu pendant quelques temps, peut-être juste une semaine ou deux, où chacun noterait ce qu’il faisait dans la maison au fur et à mesure, par son initiale dans sa couleur préférée. Comme cela, ai-je dit (aussi diplomatiquement que possible), chacun pourrait se rendre compte de ce que faisait l’autre, car on ne remarque pas les tâches que l’on n’a jamais remplies soi-même et se réalisent jour après jour comme par enchantement. Et aussi, cette liste nous aiderait à voir ce qu’il restait à faire en s’épargnant l’effort de réfléchir. Ainsi fut fait. Nous cochâmes nos cases avec entrain et force couleurs pendant trois semaines environ.

Résultat des courses :

–          Le fait de noter tout ce que je faisais me soulageait par le côté matériel que mes actions prenaient à la fin de la journée : plein de « L » rouges au lieu d’un grand vide, d’une journée passée à faire des trucs déjà oubliés qu’il faudrait recommencer le lendemain.

–          Savoir que Papa-Loutre voyait la quantité de « L » rouges que j’inscrivais m’a aidé à me sentir valorisée, quitte à insister un peu le soir d’un « tu as vu tout ce rouge » (oui, c’est peut-être puéril, mais j’assume parfaitement !) Et cela lui a permis de se rendre compte du nombre de choses qu’il fallait accomplir chaque jour.

–          En effet, le côté liste m’a un peu simplifié la vie, m’évitant la double-tâche de planifier puis agir.

–          Le tableau m’a fait remarquer clairement combien de « A » turquoises il contenait également, et combien de choses je n’avais jamais besoin de faire. Dans la foulée, cela m’a permis de remercier Papa-Loutre pour cela, et à lui de se sentir aussi valorisé dans ses actions.

–          Papa-Loutre a augmenté le nombre de tâches qu’il a accomplies lui-même, à présent qu’elles étaient clairement énoncées.

–          En parlant de puérilité, je crois bien que cela a causé un petit effet émulation du type : « c’est moi qui ai le plus de croix » chez nous deux…

–          Il a bien fallu remarquer que personne n’avait lavé les vitres (entre autres cases qui ne seraient jamais cochées), et que cela ne serait probablement pas fait dans les deux prochaines années !

Depuis, je remarque une différence notable dans la répartition des tâches à la maison. Cela va et vient, de part et d’autres nous avons nos petits moments de grosse flemme et ceux d’hyper-activité, mais nous en sommes tous les deux conscients, et il n’y a plus de mystère concernant ce qui doit être fait et ne se fait jamais tout seul. Je ne doute pas qu’il nous faille ressortir le tableau de temps en temps, et je crois même qu’il pourra prendre une autre dimension quand nous serons davantage de personnes à nous acquitter de tâches dans la maison.

Vous le trouverez ici au format Word afin de pouvoir le modifier en fonction de ce qu’il y a à faire chez vous (à moins que vous ne décidiez d’enlever tout bonnement la ligne « laver les vitres ») !

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Faites-nous part ci-dessous de votre expérience, si vous testez ce tableau ou si vous avez eu une idée analogue, ou si, au contraire, vous trouvez tout ça plutôt bof… !

Naissance à la maison de Lucie

Par Lauranne

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Mardi 21 janvier

Je suis réveillée très vers 5h30 par une contraction. Cela fait  10 jours que ça travaille, aujourd’hui c’est peut-être le jour J. Élisa se réveille vers 6h. Elle nous rejoint dans notre lit pour téter. Elle finit par un gros câlin  à mon ventre.  Les contractions continuent. Je pense à ce moment-là que c’est pour aujourd’hui. Je réveille Fred et pars prendre mon petit déjeuner. Les contractions s’arrêtent. On prépare Élisa pour l’école.  Fred part l’accompagner. J’ai à nouveau une contraction.

J’ai réglé tout  ce qui ne pouvait pas attendre pour le travail. Fred a récupéré la nouvelle voiture la veille. Ce matin je peux m’occuper de moi, de nous. Je me mets un film. Fin du film. Plus de contractions.  Il fait un temps splendide.  Fred ne travaille pas aujourd’hui.  On décide d’aller se promener sur la Promenade. On se fait une belle ballade, mangeons au milieu un sandwich sur la plage. De temps en temps une contraction arrive. Retour à la maison, je fais une bonne sieste.

16h20, nous partons chercher Élisa à l’école et allons au jardin d’enfants avec elle. Les contractions continuent. Je me dis que ce serait mieux qu’Élisa aille dormir chez mes parents et appelle ma mère pour nous inviter à dîner chez eux le soir même.

Retour du jardin 17h30, les contractions semblent plus nombreuses et  plus douloureuses. Je décide que nous n’irons pas dîner chez mes parents. Fred amène Élisa qui est d’accord d’y aller seule et d’y rester dormir. J’appelle A, notre sage-femme vers 19h pour lui dire que j’ai des contractions assez régulières, que ça a commencé la nuit d’avant mais que là les espaces sont plus courts. Elles sont environ toutes les 8 minutes. Elle me conseille de manger un peu. Je n’ai pas faim mais écoute ce conseil.

Fred est entre temps revenu, mes contractions sont toujours aussi espacées mais un peu plus intenses. Dès que fais autre chose (manger, sortir notre pack naissance, protéger avec Fred le canapé du salon) une contraction saute.

Vers 22h/22h30, la fréquence n’a pas beaucoup évolué mais les contractions deviennent plus difficiles à gérer, je décide de prendre un bain chaud. Entre temps, échange de messages avec A. Elle me conseille d’essayer de me reposer après le bain, je lui dis qu’elle peut dormir, que j’appellerai. On convient que je l’appelle si perte des eaux ou contractions toutes les 2-3 minutes.

J’ai envie de musique, je demande à Fred de me mettre le dernier album de Stromae, le bain m’aide à mieux supporter les contractions, sous l’effet de la chaleur, les contractions s’accélèrent. Je suis le rythme des chansons. Je sors vers 23h30, les contractions sont alors toutes les 4 minutes. Je me réinstalle dans le salon. Depuis le début je sais que je veux accoucher là, à la lumière de la crèche et de la lampe à bulle rouge ainsi qu’à la lumière de la ville, dans l’intimité de la nuit.

Mes contractions sont à nouveau espacées, 10 minutes maintenant !!! Je me demande quand ça va s’accélérer ça fait maintenant plus de 6h que j’ai des contractions régulières, rien ne se passe.

Mercredi 22 janvier

Fred comment à fatiguer, je lui propose de dormir, j’éteins la télé pour me concentrer sur moi-même et essayer de dormir moi aussi. Je me dis qu’heureusement qu’A n’est pas là parce que je n’aurais pas aimé qu’elle soit là à côté pendant ce long travail.

J’essaye d’abord de me mettre couchée, mais les contractions ne sont pas gérables dans cette position bien qu’il n’y en ait que toutes les 10 minutes. Je m’assois en tailleur par terre et m’appuie sur le ballon (comme pendant le travail d’Élisa). Je suis fatiguée et fais des micro-sommeils entre chaque contraction. Petit à petit la fréquence et la puissance des contractions augmente, je continue à somnoler entre chacune, vers 2h ça devient beaucoup plus intense. Je réveille Fred vers 2h15 et lui demande d’appeler A : je n’ai pas rompu la poche des eaux, les contractions sont toutes les 4 minutes mais que je sens que maintenant il faut qu’elle vienne.

Quelques minutes seulement après cet appel, la poche des eaux se fend, les contractions s’accélèrent je me lève et change de position. Je cherche. Je commence à me mettre agenouillée en appui sur le repose-pied puis revient sur le canapé pour m’y agenouiller. Je commence à sentir le bébé descendre, A n’est pas encore là, je commence à entrevoir la possibilité que le bébé naisse avant son arrivée. Je me sens assez faible, heureusement que j’ai mangé un peu (merci A !) et grignoté des amandes tout au long du travail ! Je bois de l’eau. Fred la rappelle, elle se gare, il est 2h50. Je crois qu’elle s’installe, je ne sais pas trop, je suis dans ma bulle. Je prends le ballon, m’appuie dessus à chaque contraction, à 4 pattes sur le canapé. A un moment,  A vient pour écouter le cœur du bébé, dur de trouver quand et comment le faire. Une pause se présente, je m’agenouille pour la laisser faire. Tout va bien.

Une nouvelle contraction se présente, je reprends ma position appuyée sur le ballon. Une partie de mon cerveau cogite : quand est-ce que je vais savoir comment pousser, l’autre partie agit.

Les poussées arrivent, les unes après les autres, naturellement, sans que je n’ai quoique ce soit à penser à faire.

La partie « cogitante » de mon cerveau continue à tout analyser ce que fait mon corps : « c’est vraiment très animal », « mon corps sait quoi faire ».

Le passage de la tête dans le bassin ou je ne sais quoi est assez douloureux, je me demande ce que je fais là, est-ce que tout ce passe normalement ? Le calme d’A et sa présence discrète me rassurent. Mon cerveau arrête de réfléchir et je laisse les choses se faire. Je lâche le ballon, me redresse puis me remets à 4 pattes sur le canapé.

La tête sort, quel soulagement ! Bébé reste en suspension en attendant la prochaine contraction mais ça va déjà mieux, les épaules sortiront sans effort (je gardais un souvenir douloureux de la sortie des épaules pour Élisa), quelque chose glisse entre mes jambes. Je me redresse. Il est 3h20. Mon bébé est là devant moi, tout petit. C’est une fille, enfin je crois, je prends le bébé dans mes bras, après quelques hésitations tellement il me paraît petit. Fille, garçon on s’en fiche, je suis exténuée, heureuse mais exténuée, je n’ai plus envie de bouger mais il va bien falloir car les contractions reprennent pour la délivrance. Je profite de ces quelques minutes de repos, mon bébé contre moi. A et Fred me confirmeront que c’est bien une fille : Lucie.

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Elle est toute calme, sur moi, a juste poussé un cri à sa sortie et plus rien, elle est contre moi, se remet elle aussi de ses émotions. J’arrive à me redresser un peu pour expulser le placenta environ 1/2h plus tard, le papa coupe le cordon, il va ensuite préparer notre lit dans la chambre. Pendant ce temps Lucie a déjà trouvé le sein et tète comme une chef. A vérifie que tout va bien. Lucie ne me quitte pas. Nous nous installons en peau à peau sous la couette dans notre chambre. Quelle sérénité !! Lucie tète, elle ne pleure pas. Fred est tout ému, A s’affaire : papiers, rangements etc. telle une petite souris. Je suis bien ! A restera jusqu’au petit matin pour nous surveiller Lucie et moi.

Tous les « examens » ont été faits à Lucie sur moi, c’est Fred qui l’a posée sur la balance, les jours suivants elle ne connaîtra également que nos bras.

Élisa nous a rejoints vers midi. La rencontre entre les deux sœurs a été très émouvante. Une première co-tétée au cours de laquelle Lucie s’arrêtera pour observer longuement sa sœur. Élisa, elle, voudrait lui faire tout le temps des bisous et des câlins.

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Les jours qui suivent :

Lucie est un bébé qui pleure très peu, on l’entend seulement quand le change de sa couche dure trop longtemps et elle se calme très vite dès qu’elle est à nouveau dans nos bras ou au sein.

J’ai dû rester couchée quelques jours car j’ai eu une petite déchirure (à cause de l’épisiotomie faite pour Élisa) qu’on a choisi de ne pas recoudre pour que ce soit moins douloureux pour moi. A part ça, je me suis très vite remise, j’ai perdu beaucoup moins de sang que pour mon premier accouchement. Ce temps couchée m’a permis de profiter de mon bébé.

A a été présente quand il fallait, sa présence a été discrète, rassurante, je suis restée jusqu’au bout seule actrice de mon accouchement.

Ce choix de donner naissance à notre enfant dans l’intimité de notre foyer nous a fait vivre hors du temps quelques semaines. Les 2 semaines d’attente avant où nous sommes restés suspendus au moindre signe d’annonce de la naissance.  Pendant le travail, aucun élément extérieur n’est venu nous perturber, être dans un environnement connu était très rassurant. Après l’accouchement, nous sommes restés plusieurs jours sur un nuage de « bonheur, calme et volupté ». Tous ces éléments ont fait de cette naissance un moment magique.

Merci A de nous avoir permis de vivre ça !

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Naissance (poème)

Transportée dans les limbes
Transpercée de fils blancs
Emportée sans élan
Le silence me nimbe

Ni le temps ni l’espace
N’effleurent mon corps nu
Un fil de vie ténu
Me cisaille et m’enlace

Chaque vague est profonde
Je ne suis plus en moi
Tourbillons et émoi
Balancée dans les ondes

Mais mon souffle me porte
Sur mes pensées ancrées
Au cœur du temps sacré
Dont j’effleure la porte

S’ouvre à moi l’infini
Et j’y heurte mon âme
La souffrance m’enflamme
Mort et vie se renient

Et soudain tout s’apaise
Je retombe en moi-même
Sous l’inconnu suprême
D’une vive fournaise

L’intérieur de mon corps
Déposé sur mon sein
Rond et doux à dessein
Paraît l’Amour fait or

Je ne suis que douleur
Et toi toute douceur
Mais ton cœur dans mon cœur
Bat l’infini bonheur

Estelia Brust, Élaitgie, 2012

La SMAR en 140 caractères

Un défi pour les parents et les pros de la naissance : « pour vous qu’est-ce qu’un accouchement respecté ? » Vous avez 140 caractères !

Proposez-nous vous aussi votre définition en commentaires !

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Une naissance dans la jungle

(Ou comment je me suis auto-hypnotisée pour accoucher)

Par Lise

[Un (beau !) récit d’accouchement pour commencer la Semaine Mondiale de l’Accouchement Respecté]

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Cette histoire d’autohypnose a commencé par hasard. Bruxelles, début 2012, nous serons bientôt trois, l’univers de la nouveauté infinie s’ouvre à nous.

Pour vous donner une idée, à ce moment-là, tout ce que nous avions lu était un livre grand-public qui racontait au papa que sa femme allait probablement se mettre à l’insulter et à hurler pendant son accouchement, et Futur-papa n’était même pas tout à fait sûr de vouloir être présent à ce moment-là. Quant à moi, eh ! bien, comme beaucoup de monde, j’avais juste une sorte de trouille de l’inconnu qui m’empêchait de seulement penser sérieusement à ce qui m’attendait… sans m’ôter l’envie de trouver un moyen de changer cela.

J’avais par deux fois entendu parler d’haptonomie (1) par des amies nouvellement mamans, et l’idée m’avait enthousiasmée, je suis donc partie naviguer sur Internet à la recherche d’une sage-femme proposant cette technique de préparation à la naissance (2). 6 à 8 séances de préparation en couple sont proposées (mais le coût de ce genre de préparation est toutefois notable).

C’est ainsi que voilà rendez-vous pris dans un cabinet de sages-femmes proposant, outre un suivi pour retour précoce à domicile, portage, accouchement à domicile ou en milieu hospitalier, massages pour femmes enceintes, consultation en allaitement… différents types de préparation à la naissance, tels que haptonomie, préparation globale à la naissance, préparation en milieu aquatique, et… hypnonaissance. De cette dernière, je n’avais jamais entendu parler, et cela ne m’inspirait pas grand-chose (comme tannnnt de choses qui m’ont enthousiasmée depuis), et même, je n’en ai pas parlé à mon scientifique de mari, pensant que le simple nom le ferait fuir.

C’était donc pour une préparation haptonomique que j’ai pris le premier rendez-vous. Je ne vous parlerai pas de celui-ci ici car ce n’est pas le propos, mais juste pour en dire un mot, nous en sommes ressortis enthousiasmés, et cela nous a énormément apporté tout au long de ma grossesse, par la manière nouvelle dont, après cela, nous avons su entrer en contact, ensemble, avec le bébé.

Mais après cela, la seule sage-femme du cabinet (appelons-la Sarah) ayant des disponibilités convenant à nos horaires n’étant pas formée à l’haptonomie mais à l’hypnonaissance, et nous ayant paru sympathique au premier abord, nous avons décidé d’essayer cette dernière.

Elle a commencé par nous expliquer dans le détail la physiologie, les étapes et le déroulement de l’accouchement. Ainsi, nous avons eu accès à des schémas de l’utérus présentant les différents muscles et leur action, à une courbe représentant la durée et la fréquence des contractions de manière à avoir notion de leur caractère non-anarchique et de la possibilité de se reposer entre deux d’entre elles, à un tableau représentant les multiples positions possibles selon les moment du travail, à une description des différentes phases de l’accouchement, à une liste des questions à poser au gynécologue, à des aides pour rédiger un projet de naissance, à une masse de conseils pour le papa sur la manière dont il pourrait aider sa compagne, à des articles  parlant d’épisiotomie, de péridurale… Bref, à une véritable information nous permettant de savoir ce qui nous attendait de manière avisée, confiante et paisible, et d’opérer à des choix.

Durant la deuxième partie des séances, nous avons appris ensemble à respirer efficacement « par le ventre », à nous relaxer profondément, à nous ancrer dans un lieu imaginé. Il a été montré à Futur-papa comment m’aider à accéder à l’ancrage en posant sa main sur mon épaule, à me masser, m’effleurer, m’apaiser, des gestes qui soulagent. Et puis, nous nous sommes vu confier un enregistrement conduisant à la relaxation, que j’ai utilisé jour après jour tout au long de la suite de ma grossesse, trouvant dans cet exercice un repos et un soulagement importants. De plus en plus rapidement, je pouvais, en l’écoutant, m’apaiser, me détendre, souvent m’endormir. Futur-papa, quand il était là, trouvait le même effet. Eh ! non ! Pas de pendule, pas d’yeux qui tournent, pas de murmures étranges… l’hypnonaissance, c’est seulement le fait de se détendre profondément, d’enlever toute tension et toute peur, de se relaxer. Ca marche donc même sur les scientifiques !

Enfin, lors de la troisième partie des séances, nous nous sommes vu offrir des explications sur l’allaitement (avec poupon à l’appui pour tester les différentes positions !) et quelques précisions sur les difficultés possibles. Nous avons eu un cours sur la manière de donner le bain au nourrisson, enveloppé dans un lange, et sur la réalisation de cet enveloppement pour l’apaiser en toutes circonstances, ainsi qu’une démonstration de massages pour soulager les douleurs au ventre du nouveau-né, quelques explications concernant le portage, et même une discussion sur la manière de réagir et de répondre aux pleurs du nouveau-né (eh ! oui, ça pleure un bébé, et se préparer même à cela ôte quelques surprises angoissantes…)

Beaucoup de choses dans notre vision de la parentalité à deux ont changé grâce à ces renseignements concrets. Nous faisions les exercices ensemble, et ensemble nous constations comme cette méthode de relaxation nous apportait de nouvelles sensations… Premièrement, cela nous a rapprochés en tant que couple, deuxièmement cela nous a rassurés en tant que futurs parents. C’est ainsi que ma préparation à l’accouchement nous a également ouvert la porte du parentage proximal…

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Et nous voilà à Nice, fin septembre, le jour de la DPA pile poil, 4 heures du matin. Il fait encore sombre quand je me réveille. Cela fait plusieurs nuits que je ne peux pas dormir à cause de contractions assez fortes et répétées, mais cette fois-ci, elles deviennent rapidement bien plus intenses ; je commence à penser qu’enfin, là, c’est peut-être ça. Je suis très calme. A Bruxelles, Sarah m’avait expliqué que le plus confortable était d’attendre le plus longtemps possible chez soi jusqu’à-ce que les contractions arrivent environ toutes les 3 minutes depuis environ 2 heures. Oui, cette fois, c’est sûr, ce doit être le début de mon accouchement, voilà véritablement les « vagues » que l’on m’avait décrites, leur fréquence et leur intensité continue à croître, croître… Mon souffle devient court, il s’écoule bien moins de 10 minutes entre deux contractions, il est 8 heures déjà, la douleur me fait vomir. Sans bruit, dans la nuit pas encore tout à fait levée, je retourne me coucher et mets en marche le fameux enregistrement sur lequel, depuis plusieurs mois désormais, je m’entraîne à atteindre cet état de relaxation profonde, celui qu’on appelle autohypnose. Peu à peu, tout s’apaise en moi, je regarde les montagnes que j’ai décidé de mettre dans ma tête, hautes, blanches, silencieuses, tranquilles et somptueuses. Je me rendors. Oui, pendant deux heures, à nouveau, je dors. A deux reprises, une contraction plus forte me fait me relever d’un bond, mais je réussis à m’apaiser à nouveau et à entrer dans le sommeil. A 10 heures, j’ai faim, et puis je sais qu’on ne me laissera pas manger ni boire plus tard, à l’hôpital (l’anesthésiste de l’hôpital me l’a dit, même si à Bruxelles, ça aurait été différent). C’est parti pour une platée de coquillettes (que je toucherai à peine, vomirai, et qui restera sur la table pendant plusieurs jours ensuite !) Quand les contractions deviennent insupportables, je vais sous la douche, et l’eau chaude me soulage un peu. Je respire profondément. Il faut songer à partir. Il est midi, cela fait longtemps que les vagues sont fort proches l’une de l’autre. La voiture, ce n’est pas très agréable, attendre dans le garage bondé que futur-papa fasse un parking parfait avec un millimètre de chaque côté de la voiture non plus. Et puis il faut encore marcher, se prêter aux analyses et aux longues questions des infirmières à l’accueil, qui n’ont pas l’air de bien croire que ce soit vraiment « le moment »… Respirer profondément, lentement, que l’air descende en chaque partie douloureuse du corps et la détende, tandis que la douleur se fait plus intense, plus aiguë, plus générale, plus grande que le corps lui-même…

Nous voici en salle de travail. Je donne mon projet de naissance à la sage-femme qui va s’occuper de moi. Je ne la sens pas très enthousiaste, et elle le commente, la moitié de mes requêtes bénéficiant d’un « ça va de soi », l’autre d’un « ce n’est pas possible »… Ce qui est sûr, c’est que j’ai envie qu’on me laisse tranquille, dans le calme, la pénombre et le silence, seule avec Futur-papa, qui, mis à part le temps d’un petit sandwich, sera toujours à mes côtés, et cela sera assez respecté. Nous jouons à regarder la courbe du monitoring, monsieur le scientifique essaye de comprendre comment ça marche (mal, ça marche mal, ça sonne sans arrêt parce que ça s’est déplacé). Je reprends mon enregistrement d’hypnonaissance, et il s’émerveille sur la manière dont les contractions se font aussitôt plus intenses tandis que je deviens calme et que la douleur s’apaise un peu. Je perds les eaux. Libérée du monitoring obligatoire, je vais du ballon aux bras de Futur-papa, d’agenouillée à accroupie, penchée, droite… Je passerai la majeure partie du temps assise sur le ballon, le buste soutenu par Futur-papa, qui me tient, me retient, me soutient, la 7e symphonie de Dvorak nous accompagnant… Je n’ai plus guère de répit entre deux « vagues ». Je meurs de soif, j’ai faim, je commence à trembler, je n’ai plus de forces, je… demande la péridurale. Je suis un peu déçue, j’aurais aimé faire sans, mais son éventualité est comme une bouée de secours. Et puis la sage-femme a dit qu’il y en avait encore pour 5 heures au moins. On m’allonge, on fait sortir Futur-papa, on me palpe le dos, l’anesthésiste me parle musique et voyage, j’ai envie de lui dire « shut, j’accouche, là ! Vous ne voyez pas ? », mais je suis trop bien élevée, et je me contente de fermer les yeux et de contempler mes montagnes. Une sensation nouvelle s’empare de moi. Les contractions vont plus loin encore, mais elles sont différentes. Je le dis. Je crois que le bébé veut sortir. On rappelle la sage-femme, on me dit que oui, c’est peut-être le moment, je réponds que non, la sage-femme m’avait dit qu’il y en avait pour encore longtemps, on me répond que oui, mais non, là, c’est la sage-femme elle-même qui me parle. J’entrouvre un œil : c’est vrai, tiens, c’est elle. Je respire à fond. Je sais que j’entre dans la phase d’expulsion, telle qu’elle m’avait été expliquée par Sarah. Je sais ce qui se passe en moi et ce qui va arriver. Je me sens mieux. Je respire. J’ai repris le contrôle. Je vais y arriver. Je me répète une fois de plus cette idée que, dans 24 heures tout au plus, ce sera fini, et qu’un jour est si bref, par rapport au souvenir à venir, qui me fera sembler ce moment si loin pendant si longtemps. J’annonce que je préfèrerais qu’on ne me fasse pas de péridurale finalement, je suis vraiment, vraiment désolée d’avoir dérangé tout ce monde pour rien, mais… Tout le monde quitte la chambre. Futur-papa revient, ouf ! Nous sommes à nouveau dans la pénombre, lui et moi dans mes montagnes, lui et moi dans le calme, lui et moi, et le bébé qui arrive lentement. Nous remettons mon enregistrement d’hypnonaissance en marche, et soudain, je repars. Loin, là où la douleur n’envahit plus de pointes aigues et brûlantes mon corps et ma tête, là où je peux respirer. Futur-papa m’effleure le bras comme Sarah le lui a enseigné. Toujours il garde un contact physique avec moi. Je suis au bout de l’univers, mais pas seule. Le temps n’a plus d’emprise sur moi. Futur-papa me dira plus tard que la sage-femme et son assistante présente échangent des sourires en entendant mon enregistrement (oui, oui, c’est vrai, ça fait marrer, en fait, les «Libérez votre corps pour qu’il se mélange au vert et sentez-vous complètement en harmonie avec la nature » sur fond de musique New-age, vu de l’extérieur…, et j’avais clairement le sentiment d’être l’allumée de service qui arrive avec son projet de naissance et ne veut rien faire comme tout le monde), mais elles me laissent faire. Jusqu’à l’expulsion. Soudain, c’est le moment. Fini Dvorak, adieu hypnonaissance, je suis brusquement envoyée au milieu d’une compétition sportive, probablement d’escalade, au milieu des huées m’enjoignant de dépasser la fameuse limite des dix mètres, celle au-delà de laquelle je commence habituellement à avoir les jambes qui flageolent, à grand renforts de « Allez-y, allez-y, jusqu’au bout ! On respire, et… on y va, allez, sans s’arrêter, jusqu’au bout, jusqu’au bout ! », et de souffler comme des trains en encourageant Futur-papa à faire de même. Je n’ai pas envie ici de m’attarder sur les autres commentaires stressants et semi-menaces (3), ni même sur mes sensations. Physiquement, j’ai atteint depuis longtemps la limite de ce que les mots savent décrire. Mais dans ma tête, toujours le calme absolu, et ni la pression de la sage-femme ni l’effort intense n’y peuvent rien. Je sais ce qui se passe, je sais que cela marche, et je sais que cela s’arrêtera.

Et en effet, arrive le moment où ELLE est là. Il est 17 heures. Elle est aspirée malgré mes requêtes, et je me tortille pour ne pas la lâcher un instant du regard, « rendez-la-moi… » mais cela ne dure qu’un instant, et elle revient contre moi. Ma toute petite. Les yeux grands ouverts, s’accrochant à mon sein, blottie comme si là toujours avait été sa place, comme si elle avait été moulée au négatif de ma poitrine, tiède, douce, aussi calme et tranquille que moi. Nous nous regardons, tous les trois. Nous avons réussi. Une larme. Le temps ne reprend pas son cours : j’ai déjà l’impression qu’elle est là depuis toujours…

Respectant mon souhait, deux heures plus tard, le personnel me transportera dans ma chambre toujours allongée contre mon bébé, et on me laissera là aussi longtemps que je le souhaiterai. Jusqu’à-ce que son Devenu-papa la prenne à son tour tout contre lui, puis, qu’à regret, nous l’habillions pour la nuit, que nous passerons tous les trois seuls dans notre chambre d’hôpital. Seuls comme une famille toute neuve. Seuls dans notre bulle de bonheur.

Epilogue

Pendant les mois suivants, nous continuâmes à utiliser l’hypnonaissance assez fréquemment. Je continuais à m’endormir en me relaxant en écoutant mon enregistrement, et Bébé-Loutre semblait également apaisée. En ce qui concerne les techniques d’effleurement, d’ancrage et de massage qui avaient été enseignées à Devenu-papa, il les utilisa à bon escient pour me soulager lors de mes débuts douloureux d’allaitement. Pour finir, je ne peux m’empêcher d’être convaincue que toute cette préparation et cette naissance avec l’hypnonaissance ne sont pas tout à fait étrangères à la manière dont notre petite fille est paisible et éveillée… En effet, depuis ses premiers instants, nous l’avons trouvée calme et tranquille, et puis nous l’étions aussi, et je crois que nous nous sommes renvoyés les uns aux autres cette paix rassurante comme un cercle vertueux. (4)

En conclusion, j’ai envie de dire que, plus que tout, il est à mon avis primordial que les femmes, que les couples, soient préparés à la naissance, et cela principalement dans le sens « informés ». Savoir exactement ce qui se passe physiologiquement, ce que cela produit comme sensation, ce qui va suivre. Je pense à quelle panique cela peut causer, que d’aller de surprise en surprise, ne pas savoir si c’est « normal », si « ça va aller », si on va « y arriver », si la douleur va continuer à monter à l’infini sans aucun répit, si… Informés aussi qu’ils peuvent soumettre des projets de naissance, informés que la « voie standard » toujours présentée dans les films et que l’on vous propose d’emblée n’est pas la seule possible, informés qu’ils peuvent demander autre chose, informés que la manière dont on met au monde son enfant est le premier choix que l’on fait pour lui, et pas le moins important… et qu’on devrait avoir le droit de l’effectuer en connaissance de cause.

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1) http://www.haptonomie.org/fr/espace-public/accompagnement-haptonomique-pre-et-postnatal.html

http://www.haptonome.be/haptonomie-grossesse.htm

2) Et en tapant « haptonomie Bruxelles », c’est vrai que l’on tombe sur un nombre de réponses assez important…

3) Je n’avais envie de parler ici que des côtés positifs de cette naissance, mais je ne voudrais pas non plus avoir l’air d’idéaliser tout ce qui s’est passé. J’ai accouché au CHU, peu après notre déménagement dans cette ville que nous ne connaissions pas, loin, donc de la gynécologue et de la sage-femme qui avaient suivi la majeure partie de ma grossesse. Et, puisque nous parlons d’accouchement respecté, force est pourtant de mentionner un extrait de ce que je n’ai pas perçu comme tel (un jour, peut-être, pourrais-je écrire le pendant que j’intitulerais « comment j’ai ressenti mon accouchement comme pas été tout à fait respecté » !). Ainsi, le rendez-vous avec le gynécologue du CHU pour le dernier bilan, alors que je lui parle timidement de projet de naissance : « Autrefois, les parents faisaient des enfants plus jeunes et ne se posaient pas tant de questions. Je ne vois pas pourquoi vous vous compliquez tant que ça la vie. Nous savons faire des accouchements. Et puis, croyez-moi, tout ira bien, les problèmes, vous les aurez pendant les 25 années qui vont suivre. », et, riant : « Ce n’est même pas votre enfant, que vous faîtes naître, mais celui de la société. C’est pour cela qu’il faut d’ores et déjà se plier aux protocoles » (sic !)

En ce qui concerne la salle de naissance, quelques phrases telles que « Votre femme ? elle veut avoir mal, eh ! bien elle a mal ! », ou « Si vous acceptiez l’épisiotomie, votre bébé serait déjà là », « Si vous ne poussez pas plus fort, votre bébé ne va pas bien aller »… n’ont pas été non plus tout à fait dans le sens de ce que j’attends d’un « accouchement respecté ».

Mais l’idée et le souvenir généraux que je veux garder de cette naissance sont tout de même,  grosso modo, ceux d’un beau souvenir paisible. En me laissant partir, c’est d’ailleurs ce qu’a dit la sage-femme : « Vous voyez, j’ai bien respecté votre projet de naissance », et, oui, elle avait fait des efforts, et je suis convaincue que c’est un bon début, dont je veux donner une image globalement positive.

4) Il ne s’agit, une nouvelle fois, pas de tout idéaliser ! Oui, il y a eu des « coliques » provoquant des heures de hurlements le soir, oui, il y a eu des difficultés à mettre l’allaitement en route, oui, des problèmes de santé et une grande fatigue, oui, des tas de questionnements sur que faire et comment le faire… Je veux seulement dire que tout cela n’a pas causé de panique et que, malgré tout, de manière générale, nous avons pu préserver notre « bulle de bonheur » malgré les incidents que nous savions normaux.

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Quelques sources :

http://hypnonaissance.eu/accueil.html

http://www.hypnonaissance.com/

http://douce-naissance.com/philosophie/

Livre : HypnoNaissance, la Méthode Mongan (disponible dans notre bibliothèque) : brève histoire de l’accouchement, préparation, techniques de respiration, techniques de relaxation, descriptions et explications sur l’accouchement. Un livre dont la lecture rassure et donne de bonnes pistes pour un accouchement paisible. A lire avec assez de recul pour ne pas s’arrêter aux affirmations un peu allumées, au ton de supériorité et de critique envers le reste, à la très mauvaise traduction de l’américain…

Livre : Pour une Naissance Heureuse, d’Isabelle Brabant (disponible dans la bibliothèque)

Livre : Préparer son accouchement, aire un projet de naissance, Sophie Gamelin-Lavois (disponible dans l bibliothèque) : une bonne liste d’informations à avoir afin de choisir ce qui nous semble important et d’en informer l’équipe médicale. L’ouvrage ne donne malheureusement pas de conseils de rédaction, mais à venir prochainement ici un article sur le projet de naissance.

 

Se faire opérer du sein en cours d’allaitement ? Oui, c’est possible !

Par Vicky

[Nous sommes très honorées de partager avec vous le témoignage que nous a offert Vicky. C’est un texte très fort et très nécessaire en ce qu’il apporte d’informations, mais aussi de volonté et de persévérance. Un grand merci à elle.]

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Fin avril 2013, alors que j’étais enceinte de 7 mois et demi, je découvre une petite boule sur mon sein gauche. Le cœur battant à toute allure, je file à ma maternité pour voir un gynécologue. Cela n’a pas l’air bien grave mais faites une écho quand même. L’échographie donne quelques indications qui me conduisent à faire une ponction pour effectuer une biopsie. Tumeur phyllode, une tumeur du sein très rare, bénigne à priori, mais qui nécessite une opération dans des délais brefs, car elle a tendance à devenir agressive. Et puis tant qu’on ne l’a pas enlevée et toute biopsiée on ne peut être totalement sûrs que ce n’est pas un cancer.

Tous ces examens se sont passés en dehors de la maternité, c’est une amie gynécologue qui m’a guidée. J’ai transmis les résultats à la maternité et j’ai attendu le verdict. Une médecin m’a appelée. C’était un mercredi. Elle m’a dit : « nous avons discuté de votre cas ce matin et nous vous proposons de vous déclencher la semaine prochaine, on vous opérera un ou deux jours plus tard. Par contre il n’est pas question d’allaiter car si vous avez votre montée de lait, on ne pourra pas opérer. Vous ferez une tétée de bienvenue et après on vous donnera des médicaments pour arrêter la montée de lait. » Je me suis effondrée, je me suis mise à pleurer, au téléphone. « Mais vous savez, allaiter c’est trop important pour moi, ça me tracasse ce que vous me dites ». « Moi ce qui me tracasse c’est votre tumeur madame, vous avez une chance sur trois d’avoir un cancer, on ne peut pas attendre. Prenez un deuxième avis si vous le souhaitez et appelez-nous lundi pour nous donner votre réponse ». Autorité médicale, peut-être la forme d’autorité que je déteste le plus…

Ce n’est pas le moment de pleurer, je prends mon téléphone, je trouve les bons interlocuteurs et j’arrive un choper un rendez-vous pour vendredi avec le super spécialiste du cancer du sein pendant la grossesse à Paris ! Jeudi, la même médecin (à qui l’on n’a pas expliqué que tout n’est pas bon à dire au téléphone) laisse un message sur mon répondeur : « nous avons décidé de vous déclencher lundi finalement parce qu’après on tombera sur le week-end pour votre opération et ce sera plus compliqué. Venez demain matin en discuter avec le chef de service. » Deuxième effondrement.

Le lendemain matin je vais à mon rendez-vous avec mon super spécialiste, avant d’enchaîner avec la maternité. Il est rassurant, il pense que je ne cours aucun danger imminent, que je peux accoucher normalement, quand mon bébé sera prêt, que je pourrai allaiter un mois et refaire une écho. Si la boule a grossi, arrêt de l’allaitement et opération. Sinon je peux prendre encore un petit mois pour allaiter. Et après basta. Je suis heureuse, je pourrai allaiter ! Peut-être un seul mois, ou deux mais c’est mieux que rien, j’en suis ravie. J’explique tout ça à la maternité, pas de problème, on fait comme vous le sentez.

J’accouche, j’ai un beau bébé, un magnifique bébé qui tète très bien, qui grossit comme il faut, même plus. Et la fin prochaine de l’allaitement me travaille, me frustre, ne me laisse pas pleinement en profiter. Ce n’est pas l’opération qui me tracasse, ce n’est pas l’éventualité d’un cancer, c’est la fin de l’allaitement. Je me rends bien compte que ce n’est pas normal mais c’est ainsi que je vivais la chose. Je n’ai pas envie de sevrer mon bébé, du coup je commence à négocier avec mon médecin : « et si je n’arrêtais pas d’allaiter ? » « Ce n’est pas possible, vous ne pourrez pas cicatriser, il y aura du lait qui coulera, vous vous infecterez et on devra vous re-ouvrir. » Oui, mais je n’ai quand même pas envie de m’y plier. En plus je sais que les médecins, aussi compétents soient-ils dans leur domaine, ne s’y connaissent pas bien en lactation et allaitement. Alors je m’adresse aux spécialistes : consultante en lactation, Leche League de ma ville, Docteur Marie Thirion. Oui, vous pouvez sevrer d’un seul sein, c’est possible.

Le premier mois est vite passé, l’heure du verdict est arrivé : la boule a doublé de taille, il faut opérer au plus vite. Je programme l’opération trois semaines plus tard (fin août) pour pouvoir partir en vacances et avoir le temps d’arrêter le lait au sein gauche. Il a eu sa dernière tétée de ce côté-là dans la salle d’attente du cabinet d’échographie.

Ça a été long et un peu compliqué mais ça a marché ! Il y avait toujours un peu de lait qui sortait du sein gauche mais je trouvais que c’était négligeable. Mon chirurgien a été très surpris d’apprendre (juste avant de m’endormir) ce que j’avais mis au point ! Mais il m’a opérée quand même !

Le jour de l’opération j’ai dû tirer mon lait et le jeter pour éliminer les produits anesthésiques. Le soir j’ai allaité mon fils. Il a dix mois aujourd’hui et je l’allaite toujours ! Le chirurgien avait raison sur toute la ligne : du lait a coulé par ma cicatrice pendant deux mois et j’ai eu une infection. Mais elle a été facilement traitée par antibiotiques et, finalement, deux mois et demi plus tard le « petit trou » s’est refermé. Et en plus ce n’était pas un cancer !

Si j’ai souhaité livrer ce témoignage c’est parce que, d’une part, je n’ai réussi à trouver aucune information sur le net pendant la période de mes interrogations sur la possibilité de se faire opérer du sein tout en étant en cours d’allaitement, et, d’autre part, parce que j’ai rencontré énormément de résistance de la part du corps médical et de mon entourage vis-à-vis de mon envie de continuer d’allaiter malgré tout. Les médecins ne voulaient pas prendre de risque et ma famille s’inquiétait. Mais moi j’avais la certitude que c’était possible, il me fallait juste un petit coup d’encouragement par les gens qui sont compétents en allaitement et lactation. Et je l’ai trouvé.

Si je livre ce témoignage c’est pour vous dire : cherchez l’information là où vous pouvez la trouver, ne vous pliez pas à l’autorité médicale, nous avons aujourd’hui énormément de moyens d’information, n’en déplaise aux médecins. Si je les avais écoutés j’aurais allaité un mois au mieux, pas du tout au pire. La question n’est pas « allaiter ou pas », mais disposer de son corps et de sa vie.

Merci beaucoup à Véronique Darmangeat, consultante en lactation dans la région parisienne, à Alice de la Leche League du 92 et au docteur Marie Thirion de m’avoir renseignée, encouragée et soutenue, ainsi qu’à mon fils Aris de m’avoir motivée et confortée dans ce choix.

La Semaine Mondiale de l’Accouchement Respecté (SMAR) en 2014 chez Grandissons

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 Giving birth is empowering!

 

A l’occasion de la 10ème édition de la SMAR qui aura lieu du 19 au 25 mai 2014, nous vous avons préparé plusieurs événements à Nice et à Cagnes-sur-Mer !

 

1) Le jeudi 22 mai de 18h à 20h, une table ronde réunissant parents, futurs parents et quelques professionnels de l’accouchement physiologique : Floriane Zitouni (doula), Alexandra Ballada et Marie Lalanne (sages-femmes) seront présentes. Ce sera l’occasion pour chacune et chacun de s’exprimer sur la question de l’accouchement respecté (Entrée libre).

Lieu : salle des association de la bibliothèque Raoul Mille (ancienne gare des chemins de fer de Provence), arrêt de tram Libération à Nice. Renseignements : par e-mail grandissons at free.fr et sur l’agenda.

 

2) Le vendredi 23 mai à 15h, nous vous proposons la projection de l’excellent film documentaire de Céline Darmayan sur l’accouchement naturel : « Entre leurs mains ». Le film sera suivi d’un débat en présence de sages-femmes. Tarif unique : 5€ (ouverture de la billetterie à 14h30).

Lieu : Cinéma Espace Centre, 5 avenue de Verdun à Cagnes-sur-Mer (10 minutes à pieds depuis la gare SNCF et 12 minutes de trajet Nice-Cagnes en train)

La bande-annonce :

Entre leurs mains – Bande-annonce from cinetik asbl on Vimeo.

Suivre l’événement sur Facebook.

 

3) Le samedi 24 mai, de 10h à midi, un café des parents, « papotons chez Grandissons » pour discuter entre parents et futurs parents sur les questions de naissance et d’accouchement respectés.

Lieu : quartier de la gare à Cagnes-sur-Mer. Plus d’infos ici : http://grandissons.org/?page_id=497 et l’événement sur Facebook.

 

4) Le samedi 24 mai, à partir de 15h, nous serons aux côtés du Collectif de Défense de l’Accouchement à Domicile lors du rassemblement sur la place Masséna à Nice. Nous défendons le droit des futurs parents à avoir le choix pour la naissance de leur enfant et le droit des sages-femmes à pouvoir exercer leur métier dans de bonnes conditions (en particulier sans qu’on exige d’elles/eux une assurance impossible à payer).

TRACT SIMPLE Nice

 

 

5) Et enfin, sur le site http://grandissons.org, pendant la semaine dédiée, vous pourrez lire plusieurs témoignages autour de l’accouchement et d’autres articles sur le thème.

 

On vous attend nombreuses et nombreux à nos rendez-vous de la SMAR !

Diffusez-largement autour de vous !

Nos trois porte-bébés, ou comment se reposer les bras en gardant bébé près de soi

Par Lise

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Je pense que l’achat que j’ai mis le plus de temps à réaliser de ma vie a été celui de la poussette ! Je me suis renseignée sur internet, blogs, forums, consobaby… J’y ai passé des heures. Il fallait qu’elle soit légère, pliable et compacte, réversible pour que je puisse avoir mon bébé face à moi, qu’elle ait des roues un tant soi peu tout-terrain, qu’elle soit associée à une coque auto qui ait de très bons résultats aux crash-tests et à une nacelle… Et je pense que finalement, j’ai passé moins de temps à l’utiliser qu’à la choisir, sans parler du prix ! Bon, c’est vrai qu’entre chez moi et la ville, il y a tellement d’escaliers que ce n’est pas propice à l’utilisation d’une poussette dans tous les cas. Mais, même une fois descendus de notre colline, la moindre volée d’escalier (à la gare par exemple !), les encombrements dans le tram, les crises de larmes de bébé, tout devient compliqué.

Et pourtant, il existe bien un moyen vraiment léger, compact, qui permet de passer partout, de rester en contact avec son bébé et de le consoler ou même faire téter discrètement en tout lieu et qui coûte moins cher… le portage !

J’ai donc envie, aujourd’hui, de vous parler des trois moyens de portage qui nous ont facilité la vie. Mon propos n’est nullement de faire une quelconque publicité, seulement de présenter ceux que j’ai testés.


1) L’écharpe de portage 

La nôtre est une Néobulle (de fabrication française) en sergé croisé (un tissage qui associe confort et soutien). Les immenses avantages qu’elle nous a offerts ont été de nous donner un moyen d’apaiser mini-nourrissonne et de sortir brièvement sans mettre en marche la mise en place de la grosse poussette. J’ai même le souvenir de quelques siestes, où j’étais moi-même allongée, Stella endormie contre moi dans l’écharpe. Et puis le simple fait de savoir que je pouvais utiliser l’écharpe lorsque bébé pleurait trop fort m’a énormément rassurée les premières semaines.

Les inconvénients, dans mon cas, ont été la douleur au dos suite à la grossesse, qui ne m’a pas permis de porter autant que je l’aurais souhaité, et le manque d’aisance avec la mise en place des nœuds (que le manque d’entraînement n’a pas aidé à améliorer !) Il y a aussi eu une période, vers 3 mois, où la demoiselle se tordait en arrière et n’appréciait pas trop d’être ainsi attachée, même si cela n’a pas duré.

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2) Le Manduca

Celui-là, il nous accompagne non-stop depuis que la demoiselle a 5 mois (elle en a aujourd’hui 19, mais on n’est pas prêts de s’arrêter de s’en servir). Je crois que c’est l’objet qu’on a le plus utilisé et aimé. Il a conquis le papa, qui, un peu réticent aux nœuds de l’écharpe, s’est mis à porter sans compter, il a conquis le bébé, et il m’a conquise. J’ai porté devant jusqu’à environ 8 mois, puis en alternance devant ou derrière jusqu’à 13 mois, et à présent (12 kg), je porte presque essentiellement dans le dos. Avec le Manduca, on peut bavarder (même si cela demande une certaine souplesse du dos quand bébé est derrière), on peut téter (en cas de portage devant, bien entendu, la nature étant ce qu’elle est), on peut se faufiler partout, on peut prendre le train et l’avion en voyageant léger… Quand bébé marche, on peut le laisser monter et descendre à volonté en quelques instants, et, tout le temps qu’il est par terre, on a les mains libres. Bon, un seul inconvénient : il faut porter le sac. On peut aussi varier la manière de clipper les bretelles, ainsi que les serrages, de sorte à varier les appuis. Même en randonnée, nous, on aime notre Manduca. Oui, on a un peu chaud, mais c’est bien moins lourd que tout autre moyen.


3) Le Suppori

Il s’agit d’une sorte de filet qui se porte en bandoulière. Il doit peser dans les 300 grammes, ce qui permet de l’emmener vraiment partout, et il est en synthétique, ce qui permet de se baigner avec. Bon, ce n’est qu’un portage d’appoint, mais suffisamment confortable pour aider dans bien des situations. Au départ, nous l’avons utilisé à la piscine et à la mer, quand la Loutre (de 8 à 12 mois) n’était pas très rassurée. Depuis qu’elle marche, il nous accompagne partout, quand on sait qu’il faudra la porter seulement quelques instants. C’est bien plus vite installé que le Manduca (on l’enfile, on glisse bébé dedans, et c’est fait !), et cela fatigue beaucoup moins que juste avec les bras quand bébé est un peu lourd. Pour transporter des objets en portant un mini qui ne veut plus marcher, pour achever une promenade trop fatigante, pour faire un câlin vraiment très long, pour téter debout, pour prendre l’avion (quand bébé marche, c’est ce qu’il y a de plus simple, vu qu’il faut le détacher au contrôle, puis le remettre, puis le re-laisser se dégourdir les pattes, puis le re-remettre, puis le re-détacher pour le mettre sur son siège, tout en portant au moins un bagage…), ou pour tenir dans des bras un grand bébé qui ne marche pas encore mais qui aime bien être transporté dans la maison….

Voilà. Si vous aussi vous avez des coups de cœur portage à nous communiquer ou des commentaires, ou même des questions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous !

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