{"id":3500,"date":"2019-03-04T21:36:04","date_gmt":"2019-03-04T20:36:04","guid":{"rendered":"https:\/\/grandissons.org\/?p=3500"},"modified":"2019-03-05T09:54:36","modified_gmt":"2019-03-05T08:54:36","slug":"le-second-enfant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/grandissons.org\/?p=3500","title":{"rendered":"Le second enfant, agrandir la fratrie"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"text-align:center\"><em>Par Lise<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque j\u2019ai \u00e9t\u00e9 enceinte de mon deuxi\u00e8me enfant, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 chercher des livres traitant des fratries. Or, non seulement j\u2019ai d\u00e9couvert tr\u00e8s peu de litt\u00e9rature g\u00e9n\u00e9rale sur le sujet*, mais, surtout, les livres que j\u2019ai trouv\u00e9s traitaient plut\u00f4t des probl\u00e9matiques du quotidien entre fr\u00e8res et s\u0153urs, et de la mani\u00e8re dont les parents pouvaient les accompagner. C\u2019est bien s\u00fbr quelque chose d\u2019int\u00e9ressant, qui m\u2019a sans doute aid\u00e9e dans ma mani\u00e8re d\u2019aborder les choses, mais (ou \u00abdonc\u00bb ?) il n\u2019y a pour le moment, alors que mes enfants ont aujourd\u2019hui 3 et 6 ans, aucun probl\u00e8me de rivalit\u00e9 entre eux, ils sont complices et unis \u00e0 souhait et leurs petites disputes n\u2019entachent nullement notre quotidien. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est de mon c\u00f4t\u00e9 de parent, que je me sens seule et en recherche de partages, d\u2019observations, de conseils. Avoir un deuxi\u00e8me enfant a \u00e9t\u00e9 une entr\u00e9e dans une nouvelle situation, une nouvelle cat\u00e9gorie. De m\u00eame qu\u2019en ayant le premier, on se sent un peu sur une autre longueur d\u2019onde que les couples n\u2019ayant pas encore d\u2019enfant, avec l\u2019arriv\u00e9e du second, on plonge brusquement dans un groupe diff\u00e9rent, avec un mode de vie, des soucis, des doutes et des questionnements diff\u00e9rents. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un a commenc\u00e9 d\u00e8s ma deuxi\u00e8me grossesse : dans quoi m\u2019\u00e9tais-je lanc\u00e9e, quelles seraient les r\u00e9percussions de cette d\u00e9cision de second enfant sur notre \u00e9quilibre familial, sur ma grande fille, sur moi-m\u00eame ? Quels \u00e9chos cela faisait-il r\u00e9sonner en moi par rapport \u00e0 ma propre enfance, par rapport \u00e0 mes craintes, par rapport \u00e0 l\u2019avenir, par rapport \u00e0 ce que je saurais ou non offrir \u00e0 cet autre enfant, moi qui avais donn\u00e9 toute mon \u00e9nergie, mon attention, mon amour, \u00e0 la premi\u00e8re, saurais-je reproduire tout cela ? Serais-je capable de comprendre ce petit deuxi\u00e8me, ayant moi-m\u00eame \u00e9t\u00e9 a\u00een\u00e9e&#8230; ? <\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me a commenc\u00e9 apr\u00e8s la naissance. Car, \u00e0 cet instant o\u00f9 j\u2019\u00e9cris, il me faut d\u00e9voiler que, en effet, tout -presque tout- a \u00e9t\u00e9, au fil des mois et des ann\u00e9es, bien plus difficile que je n\u2019avais voulu l\u2019imaginer. Quelques amis m\u2019avaient mise en garde : \u00abdeux enfants, c\u2019est deux fois plus d\u2019amour, mais c\u2019est aussi deux fois plus de boulot&#8230;\u00bb Je ne les avais pas crus. On m\u2019avait trop de fois, lors de ma premi\u00e8re grossesse, ass\u00e9n\u00e9 des mises en garde sens\u00e9es me pr\u00e9venir que la venue d\u2019un enfant c\u2019\u00e9tait \u00abla fin de la tranquillit\u00e9, de la libert\u00e9, des nuits reposantes, des sorties, de ce qu\u2019on \u00e9tait auparavant&#8230;\u00bb, et&#8230; je n\u2019avais rien ressenti de tout cela. Mon \u00eatre \u00e9tait enti\u00e8rement tourn\u00e9 vers cette petite personne, et tout \u00e9tait ais\u00e9ment surmontable. Il n\u2019y avait alors rien qui ne vaille la peine d\u2019\u00eatre mis de c\u00f4t\u00e9, toutes ces d\u00e9couvertes \u00e9taient merveilleuses, et, somme toute, il me restait assez de temps pour \u00eatre moi-m\u00eame dans les moments o\u00f9 b\u00e9b\u00e9 dormait. Mais l\u2019arriv\u00e9e de ce deuxi\u00e8me enfant a tout chamboul\u00e9. Et l\u00e0, soudain, je me suis surprise \u00e0 penser parfois \u00abmais on ne m\u2019avait pas pr\u00e9venue que ce serait si difficile.\u00bb Mon \u00eatre ne peut pas \u00eatre tourn\u00e9 enti\u00e8rement vers cette petite personne, puisqu\u2019il me faut garder constamment un trou dans ma bulle pour laisser entrer l\u2019autre enfant, f\u00fbt-il absent en cet instant (mais n\u2019a-t-il pas oubli\u00e9 son manteau, n\u2019est-il pas trop fatigu\u00e9, se sent-il bien l\u00e0 o\u00f9 il est&#8230; comme il me manque !), mon attention envers l\u2019un est sans cesse d\u00e9tourn\u00e9e par l\u2019autre, et vice versa, comme si je devais en m\u00eame temps me faire une natte et me gratter sous le pied, je ne retrouve plus jamais cette concentration et cette attention profonde tourn\u00e9e vers un corps unique&#8230; Et la solitude est un mot qui n\u2019a plus de sens en ma vie, les pauses de l\u2019un n\u2019\u00e9tant pas celles de l\u2019autre, et les moments pour moi s\u2019\u00e9tant r\u00e9duits \u00e0 peau de chagrin (traduire : quelques instants aux toilettes !) Mon attention, si sollicit\u00e9e de toute part, n\u2019a plus d\u2019espace pour se tourner vers moi, et sautille entre l\u2019un et l\u2019autre comme un moustique ayant march\u00e9 sur une \u00e9pingle, c\u2019est comme si mon cerveau \u00e9tait grignot\u00e9 par un troupeau de souris affam\u00e9es, et, plus que six bras, il me faudrait deux t\u00eates. <\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait cependant un autre point sur lequel les voix des copains ne s\u2019\u00e9taient pas tromp\u00e9s : deux enfants, c\u2019est deux fois plus d\u2019amour. Alors \u00e7a, c\u2019\u00e9tait pourtant le questionnement qui avait \u00e9t\u00e9 occasionn\u00e9 le plus d\u2019angoisse durant ma grossesse : serais-je capable d\u2019aimer une autre fois un enfant avec une telle puissance, une telle totalit\u00e9, une telle ampleur, une mani\u00e8re aussi inconditionnelle, aussi color\u00e9e, emport\u00e9e, physique et intellectuelle et sensorielle, aussi intense et insens\u00e9e ? Eh bien&#8230; oui, sans aucun doute. Tout cela et d\u2019autres choses encore, d\u2019une intensit\u00e9 \u00e9gale mais d\u2019une tonalit\u00e9 diff\u00e9rente, un amour aussi immense pour une petite personne bien diff\u00e9rente. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/grandissons.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/thumbnail-1-1-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3507\" width=\"262\" height=\"197\" srcset=\"https:\/\/grandissons.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/thumbnail-1-1-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/grandissons.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/thumbnail-1-1-300x225.jpg 300w, https:\/\/grandissons.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/thumbnail-1-1-768x576.jpg 768w, https:\/\/grandissons.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/thumbnail-1-1-133x100.jpg 133w, https:\/\/grandissons.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/thumbnail-1-1.jpg 1080w\" sizes=\"(max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est une \u00e9trange fracture que j\u2019\u00e9prouve depuis que j\u2019ai deux enfants : je boitille sans cesse entre le bonheur de les voir si bien s\u2019entendre et le doute d\u2019\u00f4ter trop \u00e0 l\u2019un pour donner \u00e0 l\u2019autre (et vice versa), j\u2019oscille entre la satisfaction de pouvoir passer des moments diff\u00e9rents et splendides avec deux personnes diff\u00e9rentes et splendides, je balance entre l\u2019\u00e9puisement de devoir penser pour eux deux et le soulagement de les voir prendre soin l\u2019un de l\u2019autre, je chancelle entre l\u2019\u00e9puisement et la joie d\u2019avoir une splendide famille. <\/p>\n\n\n\n<p>Alors&#8230; Qu\u2019aurais-je voulu savoir de plus avant de me lancer dans cette aventure ? Qu\u2019est-ce qui aurait pu m\u2019aider ? En fait, je n\u2019en sais rien. Je ne sais pas si j\u2019aurais aim\u00e9 lire ces lignes, et je doute qu\u2019aucun mot aurait chang\u00e9 quoi que ce soit. Peut-\u00eatre ne les aurais-je pas crus, et dans tous les cas, je n\u2019aurais pas renonc\u00e9. Et j\u2019ai envie de dire heureusement, car je n\u2019ai malgr\u00e9 tout aucun regret. Au fond, on ne peut pas s\u2019entra\u00eener \u00e0 nager en apn\u00e9e sans s\u2019immerger. Et au fond, c\u2019est justement dans les plus vastes fonds que se trouvent les plus belles merveilles&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>* Fr\u00e8res et s\u0153urs sans rivalit\u00e9, de Faber et Mazlich, un excellent ouvrage, qui m\u2019a apport\u00e9 beaucoup de mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur mon v\u00e9cu dans ma propre fratrie durant mon enfance, et m\u2019a rassur\u00e9e en donnant des pistes et des id\u00e9es concr\u00e8tes \u00e0 appliquer au quotidien, qui, en lisant avant m\u00eame d\u2019avoir le deuxi\u00e8me enfant, ont \u00e9t\u00e9 source d\u2019aides pour ne pas causer certains d\u00e9s\u00e9quilibres, ce qui est encore plus confortable que de devoir y rem\u00e9dier apr\u00e8s coup&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e8res et s\u0153urs, une maladie d\u2019amour, de Rufo, que je me propose de lire peut-\u00eatre un jour, mais p s\u00fbr, rebut\u00e9e comme je le suis par l\u2019auteur m\u00eame et tous les profonds d\u00e9saccords que je ressens envers la majorit\u00e9 de ce que j\u2019ai lu de ses paroles. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Lise Lorsque j\u2019ai \u00e9t\u00e9 enceinte de mon deuxi\u00e8me enfant, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 chercher des livres traitant des fratries. 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